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22 mars 2020 - 06:59

Carole-Anne Roussel devance son retour au pays

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

La chanteuse classique soprano Carole-Anne Roussel a dû devancer son retour de la Chapelle musicale Reine Elisabeth en Belgique en raison de la pandémie du coronavirus. Elle a quitté le Québec le 28 janvier pour ses études en Europe et devait revenir le 7 avril, sans se douter que la situation évoluerait aussi rapidement. Elle est de retour à Rivière-du-Loup en isolation depuis le 16 mars.

«Pendant mes études, j’habite dans un lieu reculé dans la forêt, avec quelques musiciens de toutes les origines, Corée, Turquie, Serbie et Italie. Personne ne présentait de symptômes. Au fil du temps, les concerts organisés à la Chapelle se mettaient tranquillement à être annulés les uns après les autres et nos formateurs aussi annulaient leur présence, si bien que je n’avais plus rien à faire là-bas. Je me suis dit que c’était le moment de revenir», raconte Mme Roussel. Elle a tenté de s’acheter un billet vendredi dernier, avec comme date de départ ce lundi. Les compagnies aériennes commençaient déjà à augmenter leurs prix. Carole-Anne Roussel a réussi à éviter certains frais en utilisant des points de fidélité. «J’ai été chanceuse, parce que j’ai acheté au début de la grande vague de gens qui voulaient revenir», constate-t--elle.

 Un de ses vols a d’ailleurs été annulé en cours de route. Lorsqu’elle est arrivée à Montréal, elle a vu à l’aéroport des gens qui portaient des masques, et un contingent de médias qui prenaient des images des voyageurs de retour au pays. «D’un côté, ce qui me fait peur, c’est la discrimination de la population par rapport à ça. Ce n’est pas facile pour les gens qui viennent des pays où il y a plus de cas. J’ai eu aussi tellement de messages support de mes amis qui me demandaient des nouvelles, alors que normalement quand je prends l’avion, ce n’est pas le cas. Je constate une mobilisation, mais aussi une distanciation des gens face à la situation des autres», ajoute-t-elle.

 Carole-Anne Roussel, de retour chez ses parents à Rivière-du-Loup, respectera scrupuleusement la période d’isolement de 14 jours. «J’ai compris que quand tu sors de l’avion, tu ne sais jamais si tu portes ce virus sur toi. Des gens asymptomatiques sont malades quand même. Je n’ai aucun moyen de savoir si je suis dangereuse pour les gens que j’aime, même si je n’ai aucun symptôme. Ça se propage comme un arbre. Si je suis en contact avec ma grand-mère et que je lui transmets, elle va ensuite voir son cercle d’amis qui sont plus fragiles, c’est à ce moment que ça peut devenir dangereux et mortel. J’invite tout le monde à respecter la période d'isolement et à être respectueux des gens autour d’eux. Il faut que tout le monde y mette du sien.»

La majorité des amis et connaissances de Carole-Anne, des musiciens professionnels, se trouvent présentement dans une situation précaire, puisque les concerts ont été annulés. Certains commencent leur carrière et après avoir décroché leurs premiers rôles, tous les spectacles sont mis sur pause. «La musique et la culture sont particulièrement importantes dans les moments comme ceux-là, pour faire du bien aux gens. Ça donne une réelle mission à ce qu’on fait», conclut Carole-Anne Roussel.

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