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28 mars 2012 - 09:35

Contenants consignés au Québec: 20 millions de dollars perdus

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Rivière-du-Loup - Au Québec, chaque année, plus de 400 millions de bouteilles et canettes consignées ne sont pas retournées dans nos systèmes de récupération. Ces contenants aboutissent plutôt dans les ordures. En ne réclamant pas la consigne sur les contenants consignés, les Québécois se privent de quelque 20 millions de dollars annuellement.

« En ne retournant pas ses contenants consignés, on gaspille des ressources précieuses (aluminium et plastique). L'industrie doit produire de nouveaux contenants à partir de matière non recyclée, ce qui est plus coûteux, plus énergivore et plus polluant. Pourtant, rapporter son contenant consigné chez le marchand est simple et la récupération, efficace,» déclare Normand Bisson, directeur des finances et opérations chez BGE.

Grâce au système de consignation et aux efforts des Québécois, BGE et ses partenaires réussissent tout de même à récupérer plus d'un milliard de contenants, soit environ 67 % de l'ensemble de contenants consommés. « Quand on pense que ça prend entre 250 et 500 ans pour qu'une canette ou une bouteille se décompose dans la nature, l'importance de rapporter ses contenants consignés chez le marchand, devient une évidence,» rajoute M. Bisson.

LA CONSIGNE AU QUÉBEC

Le système de consignation québécois existe depuis 1984. CONSIGNaction est un programme environnemental visant à promouvoir et à maximiser la récupération des contenants consignés. Les contenants consignés récupérés sont recyclés à 100 % et 60 jours après que la canette soit déposée dans la gobeuse, elle est de retour, toute neuve, sur la tablette. Plus de 1 milliard de contenants sont récupérés de cette façon annuellement.

Instauré par Boissons Gazeuses Environnement, CONSIGNaction regroupe différents projets destinés à sensibiliser les consommateurs à la récupération des contenants consignés et à leur faciliter l'accès à différentes infrastructures de recyclage, à domicile et hors domicile. Pour savoir si un contenant est consigné, il suffit de regarder sur le contenant sur lequel se trouve l'inscription :    « consigné 5 cents refund ».

RÉCUPÉRATION,  CONSIGNE  ET LE RECYCLAGE

« Il y a beaucoup de confusion entre la récupération, le recyclage et la consigne. Ce sont des activités complémentaires, il suffit de mettre chaque chose à sa place; chaque geste compte » précise monsieur Bisson.

La récupération est l'action qui consiste à recueillir des matériaux usagés (comme des canettes et bouteilles) afin de les traiter pour une nouvelle utilisation. Ainsi, lorsqu'on rapporte un contenant consigné chez le marchand ou qu'on le dépose dans une gobeuse, on fait de la récupération qui mènera à des opérations de recyclage.
La consigne : La consignation, c'est l'application d'un dépôt sur un contenant pour inciter le consommateur à le retourner pour qu'il soit récupéré.

Ainsi, un système de consignation ne représente aucun coût pour la personne qui retourne son contenant.  C'est seulement celle qui choisit de jeter son contenant qui assume un coût financier et environnemental. Comme les différents acteurs impliqués dans le système de consigne ne veulent pas perdre la valeur des dépôts, la consigne a pour but d'assurer que les contenants retournés chez les marchands sont recyclés à 100 %.

Le recyclage est le procédé de traitement des déchets qui permet de réintroduire, dans le cycle de production d'un produit, des matériaux qui composaient un produit similaire arrivé en fin de vie. Les gens ne recyclent donc pas leurs contenants eux-mêmes, ils confient leurs déchets à des entreprises spécialisées qui s'en chargeront.

UN PARCOURS VERT


Les canettes d'aluminium déposées dans la gobeuse, chez le marchand ou dans le bac de récupération CONSIGNaction sont acheminées chez un conditionneur qui les compacte en gros cubes de 500 kg. Ces cubes sont amenés chez un recycleur qui les déchiquète, les décape, les liquéfie dans un four et les coule pour fabriquer des lingots d'aluminium. Chaque lingot servira à produire 1 800 nouvelles canettes et autres objets utiles. La canette se retrouve de nouveau en tablette 60 jours après avoir été retournée chez le marchand.

Les bouteilles de plastique mises dans la gobeuse, chez le marchand ou dans le bac de récupération CONSIGNaction sont acheminées chez un conditionneur qui les trie, les broie et les lave. Ces matières plastiques sont transformées en paillettes (copeaux) qui sont ensuite extrudées (procédé mécanique au cours duquel le plastique est refondu et passé dans une filière qui lui donnera une forme prédéfinie). Le produit de l'extrusion, de forme oblongue, est découpé en morceaux afin d'obtenir des granules. Ces granules intègrent ainsi le processus de production de diverses fabriques en tant que matières premières secondaires qui peuvent être utilisées pour produire de nouvelles bouteilles, des bancs de parc, des polars, des tentes, des sacs à dos, etc.

Les bouteilles de verre rapportées chez le marchand sont triées et broyées pour obtenir du « calcin », c'est-à-dire des débris de verre qui, ajoutés à du sable, de la soude et de la chaux, serviront à fabriquer de nouveaux contenants. Chauffé à plus de 1500 °C, le calcin peut prendre toutes les formes souhaitées et redevenir une bouteille. Ne reste plus qu'à remplir les nouvelles bouteilles dans un centre d'embouteillage et de les remettre dans le circuit de distribution. Tout comme l'aluminium, le verre est un matériau qui se recycle à l'infini.

Quelques faits et chiffres

    •    Chaque année, environ 1,5 milliard de contenants consignés à remplissage unique se retrouvent en circulation au Québec, cela revient à plus de 1 million par jour.
    •    Grâce au système de consignation, BGE et ses partenaires réussissent à en récupérer près d'un milliard, soit environ 67 %. Il y a également 5 % de ces contenants qui se retrouvent dans la collecte sélective sans être retournés pour la consigne.
    •    Il reste environ quatre cents millions (400 000 000) qui ne sont ni rapportés chez le détaillant ni mis au recyclage.
    •    Quand on compte tous les 5 ¢ qui ne sont pas remboursés, cela représente 20 millions de dollars de consignes non réclamées annuellement.
    •    Une bouteille de plastique peut prendre jusqu'à 500 années pour se décomposer. Il faut également compter de 250 à 500 années pour la décomposition d'une canette d'aluminium et des milliers d'années pour une bouteille de verre.
    •    Chaque tonne de bouteilles de plastique recyclée permet d'épargner 3,8 barils de pétrole.
    •    100 % des contenants qui sont rapportés chez les détaillants sont recyclés.
    •    Il faut 25 bouteilles de plastique de 2 litres pour fabriquer un sac à dos.
    •    90 bouteilles de 2 litres peuvent servir à fabriquer une tente à deux places.
    •    Une canette d'aluminium peut être recyclée à l'infini sans ne jamais perdre ses propriétés.
    •    Fabriquer une canette à partir de contenants d'aluminium consignés consomme 95 % de moins d'énergie que si elle était fabriquée à partir de la matière première.
    •    60 jours après la récupération de l'aluminium des canettes consignées, de nouvelles canettes faites d'aluminium recyclé se retrouvent sur les tablettes d'épicerie.
    •    Chaque année au Québec, on récupère 21 260 tonnes métriques de contenants consignées, soit l'équivalent de 52 Boeings 747.
À propos de BGE

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Et dire qu'il y a tant de gens qui trouve la vie chère ou que les augmentations de salaire ne suivent pas le coût de la vie! Peut-on prétendre à la gratuité dans les services et foutre ses canettes et bouteilles à la poubelle? Un petit voyage en pays sous-développé avec ça?

    Le fureteur - 2012-03-28 23:07
  • Une planète verte, ne s'obtient pas sans effort. Recycler, c'est respecter le cycle de la vie.

    andré - 2012-03-28 22:13