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6 septembre 2013 - 06:04

L’intimidation: pas juste à l’école

Cathy Gagnon

Par Cathy Gagnon, journaliste

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Rivière-du-Loup – Pour les travailleurs de rue de la MRC de Rivière-du-Loup, Dale Martin et Josée Ouellet, l’intimidation est un des sujets qui ressort régulièrement dans leurs rencontres avec les organismes et les autres travailleurs de rue. Les deux intervenants observent que la rentrée scolaire est une période propice au retour de certains comportements.

« Nous sommes toujours bien occupés lors du retour en classe. C’est effectivement un sujet à prendre au sérieux. Non, on ne s’en fait pas trop avec ça », précise Dale.

LE CÔTÉ NOIR DE LA TECHNOLOGIE

« Ce n’est pas vraiment différent des autres époques. Ce qui a changé, c’est la technologie qui permet de multiplier et de dépersonnaliser les actes », constate Josée. Selon son expérience, elle soutient que l’utilisation des médias sociaux, entre autres, permet aux intimidateurs de s’infiltrer dans la maison et les loisirs de leurs cibles, ce qui laisse peu de temps de répit et met beaucoup de pression sur l’intimidé.

Bien cachés derrière l’anonymat de leur clavier, certains expriment des commentaires qu’ils n’auraient pas l’audace de dire directement. « Il faut arrêter de valoriser le comportement des intimidateurs, qui paraissent forts aux yeux de leurs amis. Par exemple, sur Facebook, lorsque des personnes cliquent « J’aime » sur un commentaire à caractère intimidant, celles-ci participent également aux gestes d’intimidation au même titre que l’auteur du message, même si c’est de façon détournée, puisqu’elles l’approuvent », complète Dale.

RÉPERCUSSIONS

« L’intimidation est souvent le point de départ d’autres problèmes tels que la toxicomanie, les fugues, l’automutilation et le suicide, énonce Josée. L’adolescence est la période où l’on se définit et l’intimidation nuit au développement de l’estime de soi, se répercutant jusqu’à l’âge adulte. » Cette dernière indique qu’il n’est pas rare de voir un intimidé devenir lui-même intimidateur.

« Il n’y a pas que les amis ou l’école à prendre en ligne de compte dans ce genre de problématique. Il y a également l’entourage, la famille, l’éducation et le milieu social qui joue un rôle. Dans certaines municipalités où les liens sont tissés plus serrés, je vois que le cercle de l’intimidation est étouffé par les jeunes eux-mêmes qui s’interposent auprès de leurs amis », raconte la travailleuse de rue, qui souligne l’importance de ne pas devenir soi-même intimidateur lorsque l’on souhaite intervenir dans une telle situation.

INTERVENTION

Avec le projet TRIP, Travail de Rue avec Intervention Préventive, Dale et Josée sillonne 11 des municipalités de la MRC de Rivière-du-Loup. Ils sont devenus des visages familiers auprès de centaines de jeunes des communautés qui connaissent leurs méthodes d’intervention.

« Nous adaptons nos interventions selon la situation, indique Josée. Nous sommes surtout à l’écoute des jeunes. Nous outillons l’intimidé mais nous le laissons prendre ses propres décisions. Nous l’accompagnons si c’est nécessaire. Pour les intimidateurs, nous essayons plutôt de les prendre sur le fait. »

Toujours selon les travailleurs du projet TRIP, les problèmes rencontrés sur le territoire ne sont pas différents de ceux des milieux plus urbains. « Nous vivons les mêmes problématiques qu’en ville, mais à plus petite échelle », conclut Dale.
 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Merci à ces deux jeunes travailleurs de la rue à aider nos jeunes qui vive des difficultés.

    Amélie - 2013-09-07 17:36