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26 mars 2012 - 10:11

Érablière du Domaine de Beaufor: des rendements qui s’appuient sur des technologies de pointe

Hugues Albert

Par Hugues Albert, Journaliste

Biencourt - L’Érablière du Domaine de Beaufor est la division acéricole et le côté féminin d’Aménagement forestier Beaufor inc. L’entreprise entreprend sa 17e année d’opération.

Désignée Érablière des Pins Rouges jusqu’à l’an dernier, elle jouit d’une grande notoriété en raison de l’ingéniosité démontrée par ses fondateurs, Jeannot Beaulieu et Marjolaine Jeffrey. En 2011, leur fils Yvan est devenu partenaire dans l’entreprise.

En janvier dernier, on a procédé à l’installation d’un nouvel évaporateur de 16 pieds par 6 pieds fonctionnant aux granules de bois, lequel peut recevoir entre 425 à 450 gallons de sève à l’heure et qui permet de faire des économies de 40 % à 50 % par rapport au prix de l’huile qu’on utilisait auparavant.

Les rendements annuels observés en production de sirop d’érable y sont très élevés avec un ratio de 4,2 livres à l’entaille en 2011, presque quatre en 2010 malgré une saison écourtée par le temps doux et plus de 4,8 en 2009, ce qui est très au-dessus de la moyenne provinciale qui est d’environ 2,5 lbs / entaille.

Une érablière bien aménagée et bien entaillée empêche toute contamination, explique Jeannot Beaulieu. « En 2010, c’est l’étanchéité de notre entaillage et des chalumeaux installés qui a fait toute la différence. »


Ce silo à grains peut contenir 60 tonnes de granules de bois qui sont acheminés au nouvel évaporateur.
Photo : Hugues Albert

Le rendement d’une érablière comporte d’autres facteurs importants, poursuit-il. À la base, son aménagement doit comporter des précautions telles que de permettre à l’arbre de se cicatriser le plus possible l’année suivant l’entaillage qui doit être fait en des endroits complètement différents. « L’entaillage est l’opération la plus importante au printemps car c’est elle qui détermine le volume de sève qui va couler durant la saison. Un mauvais entaillage peut tout bousiller. L’endroit de l’entaillage est capital. La qualité du chalumeau importe à un niveau identique dans sa forme, sa texture et le matériau qui le compose. Il faut viser une étanchéité maximale sinon totale et chaque arbre ne doit pas par subir plus de deux entailles. »

Qui mieux que cet acériculteur averti pour parler de l’évolution technologique depuis son arrivée dans le domaine. Le diamètre de l’entaillage est passé de perforations de 7/16" à 19/64" dans l’arbre, la blessure ayant été réduite de presque une fois et demie.
La construction de l’érablière remonte à 1995 avec l’érection d’un bâtiment de 80 pieds par 30 où est installée toute la quincaillerie : évaporateur, système à osmose inversée, équipement de transformation, etc.

En 1996, on a fait la première récolte de sève. Aujourd’hui, l’érablière compte 30 000 entailles sur un peuplement estimé à 25 000 érables. Il est possible d’y pratiquer 10 000 entailles supplémentaires. Mais on se donne un horizon de cinq ans avant d’y procéder. Tout dépendra du quota disponible, indique Jeannot Beaulieu. Le droit de produire permis par la FPAQ est de 132 600 livres de sirop. L’entreprise est certifiée biologique depuis 2001 et les grades de sirop qu’on y produit vont de AA (extra-clair) à D (foncé). La teneur du sucre dans la sève influence cette classification. Plus il y aura de sucre dans la sève et plus le sirop sera clair ou pâle. Tout le système, de la cueillette de la sève à sa transformation, est entièrement automatisé et contrôlé par ordinateur.


L’Érablière du Domaine de Beaufor, un modèle en acériculture au Québec.
Photo : Hugues Albert


L’enfouissement de la grande majorité du système de tubulure est un des aspects qui permet à cette érablière de se démarquer autant. Cette opération fut entreprise en 1998 et ce concept comporte de nombreux avantages comme celui de permettre de garder une sève toujours fraîche tout en réduisant considérablement l’entretien des tuyaux extérieurs qui peuvent être soumis à des fluctuations de température ou à des possibilités de bris provenant de diverses sources : animaux, intempéries, etc.

Jeannot Beaulieu souligne qu’un tel système peut passer sous un chemin sans encombre et son entretien se fait à l’aide d’injections de tube (pompons) de mousse (éponge) sans produits de lavage répondant aux normes strictes du cahier de charge Bio. Une sève fraîche favorise évidemment la production d’un sirop de meilleure qualité.
Les lots où on a implanté l’érablière ont été soumis à des traitements forestiers en 1979 (éclaircie commerciale), en 1989 (coupe d’amélioration d’érablière) et en 2003 (début d’un troisième traitement pour l’amélioration de l’érablière).

En 2004, on a conçu un plan d’aménagement acéricoforestier prévoyant l’amélioration de l’érablière, le changement du système de tubulure sur cinq à 10 hectares par année. Ce système comprend 14 relais et trois stations de pompage qui sont autant de points de jonction par lesquels l’eau d’érable est acheminée au site de transformation.




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