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21 mai 2022 - 06:54

Vigilance et sensibilisation à la noyade à l’approche de l’été 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Les Québécois seront plus nombreux cet été à passer du temps près de l’eau dans un chalet loué ou appartenant à la famille ou des amis, révèle un récent sondage mené pour la firme Allstate Canada. Une donnée qui inquiète la Société de sauvetage du Québec qui appelle à la vigilance à l’approche de la saison estivale.

Selon cette enquête réalisée par Léger, 57 % des Canadiens, dont 67 % de Québécois, ont l’intention de profiter de l’eau cet été. Environ 31 % d’entre eux affirment même prévoir le faire à proximité d’un chalet où les rassemblements seront nombreux après deux ans de pandémie. 

«C’est inquiétant, puisque les données sont claires : 67 % des noyades au Canada en 2020 ont eu lieu dans des plans d'eau naturels. Ces chiffres soulignent la nécessité d'éduquer et de sensibiliser davantage le public à la sécurité aquatique, en particulier cet été où de nombreuses familles ont l'intention claire de passer du temps près de l'eau», souligne Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage du Québec. 

Une propriété au bord de l'eau comporte des risques importants, surtout si c'est encore «tout nouveau» pour les propriétaires ou les locataires, ajoute-t-il. «Le printemps, et particulièrement la longue fin de semaine de mai, où de nombreuses personnes rouvrent leur chalet pour la saison, est un moment critique pour les noyades. Les dangers et les risques associés à l'eau sont toujours présents, il est donc essentiel d'établir des règles claires que tout le monde doit suivre. En somme, la sécurité aquatique nécessite une rééducation constante.»

Devant la hausse envisagée de la location de chalets, la Société de sauvetage du Québec soutient également que les locateurs et locataires ont tous les deux des responsabilités en matière de sécurité aquatique. Pourtant, peu d’entre eux sont familiers avec leur protection d’assurance responsabilité civile et le devoir de sensibilisation qu’elles ont. 

«Les locateurs doivent prendre le temps de conscientiser sur les règles de sécurité, rappeler l’importance de porter la veste de flottaison… Ils doivent aussi poser les bonnes questions, demander si les locataires potentiels connaissent le plan d’eau et s’ils ont les aptitudes nécessaires à la vie près d’un plan d’eau», note-t-il. «Les usagers ont aussi un devoir de suivre les règles et de s’assurer d’avoir les capacités nécessaires.»

BONNES PRATIQUES 

À l’approche de l'été, lorsque l’envie est forte d’aller profiter de nombreux cours d’eau ou de piscines privées, Raynald Hawkins appelle à la prudence. Il recommande de ne jamais rester seul près, sur ou dans l’eau, ainsi que de ne jamais mélanger boissons alcoolisées et activités nautiques. Évidemment, porter un dispositif de flottaison en tout temps, «même quand on ne compte pas se baigner», est aussi essentiel pour éviter une tragédie. 

«Quand vous êtes seul, il n’y a personne pour vous extirper de l’eau, pour déclencher les mesures d’urgence, dit-il. Au Québec, l’année dernière, 50 % des noyades, donc environ 40 décès, auraient pu être évités, puisqu’elles sont survenues quand la personne était seule.» «Quand on ajoute le port d’une veste de flottaison, c’est 20 autres personnes qui pourraient avoir la vie sauve […] Les coroners le disent, la majorité des noyades sont évitables», complète-t-il. 

L’histoire d’un résident de Saint-Marc-du-Lac-Long, sauvé in extremis par deux hommes la semaine dernière, devrait inciter les baigneurs, pêcheurs et plaisanciers de la région à suivre ces simples consignes, estime Raynald Hawkins. 

«L’eau est encore plus froide qu’on le pense dans plusieurs plans d’eau de la province et quand une personne y tombe de façon involontaire, dans un lac par exemple, le choc thermique est tellement grand qu'il va déclencher une hyperventilation non contrôlée. La personne compte ensuite une minute pour reprendre le contrôle, puis environ 10 minutes de force musculaire pour rembarquer dans une embarcation, s’accrocher ou tenter de gagner la rive. Le risque de noyade est très élevé», explique l’expert, soulignant que l’hypothermie peut aussi entrer en ligne de compte, éventuellement.  

«Parfois, on assume que ça ne nous arrivera jamais, mais un accident peut arriver à tout le monde», assure-t-il. 

M. Hawkins, qui effectue de la sensibilisation à la noyade depuis une trentaine d’années, déplore que la pandémie a eu un impact négatif sur le temps consacré à l'apprentissage et au perfectionnement des techniques de sécurité aquatique. C’est pourquoi il faut réviser les règles de sécurité avec les enfants, mais aussi les adultes, de son entourage. Que ce soit à la maison près de la piscine, au chalet près d’un lac ou sur une rivière. 

Le Québec a enregistré 81 noyades en 2021. Selon les décomptes non officiels de la Société, une dizaine de personnes se sont noyées depuis le début de l’année. 

 

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