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20 mai 2022 - 07:00

CISSS du Bas-Saint-Laurent : un équilibre précaire

Lydia Barnabé-Roy

Par Lydia Barnabé-Roy, Journaliste

L’équilibre du CISSS du Bas-Saint-Laurent entre ses dépenses et le maintien de ses services est précaire. Isabelle Malo, présidente-directrice générale ne cache pas l’importance de garder l’offre aux usagers, mais qu’à la fois, il faudrait réduire l’utilisation de la main-d’œuvre indépendante représentant des coûts considérables. Malgré tout, une somme de supplémentaire 10,4 M $ a été ajoutée au nouveau budget global de 879 236 928 $ pour absorber les coûts en la matière.

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La PDG du CISSS du Bas-Saint-Laurent explique cette hausse par le manque de ressources humaines. Afin de pourvoir des postes vacants, le recours à des agences permet la continuité des services. Ce type de main-d’œuvre coûte excessivement cher, selon Mme Malo. «Elle nous coûte plus cher que notre main-d’œuvre régulière et même plus que le taux du temps supplémentaire.» S’ajoutent aussi les frais de déplacements, de séjour, de repas. 

Elle mentionne que ces fonds débloqués pour couvrir les frais de main-d’œuvre indépendante ne sont pas des provisions additionnelles, mais découlent d’une analyse qui a été faite par rapport à l’année 2021-2022 concernant la main-d’œuvre indépendante. «Il est de notre devoir de faire un budget des plus représentatifs des dépenses réelles et qu’on estime pour la prochaine année. Donc pour cette raison-là, dans notre planification budgétaire, on a prévu des dépenses de plus que ce que l’on avait anticipé l’année dernière, mais pas davantage que notre réel 2021-2022. Au contraire, on souhaite réduire nos coûts d’utilisation de la main-d’œuvre indépendante», assure-t-elle.

Bien que l’organisation estime faire des efforts pour diminuer le taux élevé du recours à des agences privées pour avoir du personnel, il est difficile de le baisser drastiquement sans fragiliser l’équilibre d’accessibilité aux soins et services dans l’ensemble du territoire. En ce moment, le CISSS travaille à pied d’œuvre pour assurer des soins continus au courant de l’été sans qu’il n’y ait de bris de services causés par les vacances du personnel.

L’organisation sonde actuellement les travailleurs qui seraient intéressés à effectuer du temps supplémentaire régulier. Au cours de la saison estivale, certaines activités risquent d’être ajustées ou réduites, dont les programmes de chirurgie. Mme Malo affirme que l’intérêt du CISSS est de maintenir les services, et que, s’il le faut, des vacances pourraient être annulées ou des soins pourraient être fragilisés.

«C’est un budget qui ne sera pas facile, mais qui va nécessiter des suivis rigoureux, des mesures d’optimisation, peut-être, en cours d’année», a confié Camille Leblanc, président du comité de vérification. Pour redresser son budget, le CISSS fera, notamment, de la rétribution dans les ressources intermédiaires, dans les achats de services avec les entreprises d’économie locales, puis dans l’assurance salaire. Il justifie aussi la précarité du budget par la COVID-19, qui a augmenté l’achalandage hospitalier dans les dernières années.

La présidente-directrice générale ajoute que l’organisation se penchera à réduire les frais de déplacements, le matériel de bureau, l’énergie, la main-d’œuvre indépendante, des baux, etc. Elle témoigne que ce sera une série de petites mesures qui aidera à optimiser le budget de 600 000 $, demande qui a été faite par le gouvernement.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent estime un déficit de 11 355 899 $ majoritairement à cause des médicaments onéreux. Ces derniers se chiffrent à 9 152 409 $, mais sont absorbés par le gouvernement. Les deux millions restants seront couverts par les avoirs propres de l’organisation. «Le gouvernement nous demande qu’on isole la dépense pour les médicaments onéreux parce qu’on sait que leur indexation, notamment dans le secteur de l’oncologie, a connu une inflation extrêmement importante au cours des dernières années.»
 

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