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24 février 2022 - 15:56 | Mis à jour : 17:40

Traverse de Rivière-du-Loup : la Ville partage ses inquiétudes

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le maire de Rivière-du-Loup Mario Bastille a fait part de ses inquiétudes au ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, dans le cadre d’une première rencontre virtuelle tenue cet après-midi. Il a répété l’importance de maintenir les deux sites actuels : Rivière-du-Loup pour le volet récréotouristique dont la traverse, et Cacouna pour les projets commerciaux et industriels.

Le dépôt final de l’étude d’opportunité concernant le lien fluvial entre le Bas-Saint-Laurent et Charlevoix a été reporté au printemps 2023, à la suite de quoi les travaux nécessaires pourraient durer cinq ans. «On a senti beaucoup d’écoute de la part du ministre Bonnardel. On a fait valoir nos inquiétudes. On voulait montrer qu’il y a deux côtés à la médaille», a expliqué M. Bastille, qui se dit satisfait de la rencontre. Il se dit rassuré concernant l’impartialité et la transparence du processus.

Il est hors de question pour Mario Bastille que le site de la Pointe de Rivière-du-Loup soit laissé dans l’état actuel pendant les six prochaines années. Il a demandé que des améliorations soient apportées par la Société des traversiers du Québec pour accueillir les touristes dans ce secteur. M. Bastille a ajouté que la Ville offrirait sa collaboration pour l’entretien.

«Ça va prendre quelque chose, des toilettes au moins. Présentement, quand les utilisateurs sont dans la file d’attente et que le bateau n’est pas à quai, ils n’ont pas de moyen d’aller à la toilette, à part dans les restaurants du coin», a commenté le maire de la Ville de Rivière-du-Loup. Il a dit avoir senti une ouverture de la part du ministre François Bonnardel pour que des modifications soient apportées en vue de la prochaine saison touristique. La Ville de Rivière-du-loup enverra prochainement ses demandes au chef de cabinet du ministre des Transports.  

MOBILISATION À VENIR

En attendant le printemps 2023, Mario Bastille veut que la Ville devra passer à l’action pour défendre ses idées. «Je sens qu’il y a un mouvement, que les gens d’affaires commencent à sentir qu’il est minuit moins une et qu’il faut faire quelque chose. On manifeste pour la liberté, pourquoi pas pour ça ? […] Tous ceux qui se sentent interpelés par le fait que la traverse peut changer de place devront se manifester», a-t-il soulevé.

Il a aussi lancé l’idée de planifier une soirée d’information pour permettre aux citoyens d’échanger à ce sujet. Selon le maire, la vision régionale à long terme doit passer par deux volets complémentaires à Rivière-du-Loup et à Cacouna. Il veut éviter un déménagement de la traverse au port de Gros-Cacouna. Il craint qu'à long terme, les usages industriels et la traverse entrent en conflit par manque d'espace si Cacouna obtient la traverse.

«Au fur et à mesure que le temps va avancer et que les études vont se faire, peut-être que le plan A étant Rivière-du-Loup va devenir le plan B. Je suis conscient de ça, c’est l’avenir qui va nous le dire», a constaté Mario Bastille. Si la balance penche plutôt en faveur de Cacouna, il ajoute que les frais reliés au nettoyage et au démantèlement du site de la traverse à Rivière-du-Loup devront aussi être pris en compte dans le calcul des couts de l’étude d’opportunité. Il déplore que deux municipalités situées à 10 kilomètres de distances soient ainsi mises en opposition. 

Le maire y est également allé d’un plaidoyer concernant l’aspect émotionnel de la traverse à Rivière-du-Loup pour les citoyens, qui ne sera pas nécessairement pris en compte dans l’étude d’opportunité. «J’ai 54 ans, ça fait 54 ans que la traverse de Rivière-du-Loup est dans ma vie et dans la vie d’un paquet d’autre monde, que ce soit mes parents ou mes grands-parents […] Pour moi, la traverse a un côté vivant. Oui, ça amène de l’économie, mais il y a tout le côté émotionnel de ça. Qui laisserait partir quelque chose que ça fait 112 ans que tu as dans ta ville ? Je considère que ça appartient à Rivière-du-Loup.»

» À lire aussi : Avenir de la traverse : Rivière-du-Loup serait le «plan A» de la STQ

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