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24 août 2020 - 15:49 | Mis à jour : 16:06

Erin O'Toole chef du Parti conservateur: Bernard Généreux s'est rapidement rallié

François Drouin

Par François Drouin, journaliste

Twitter François Drouin

S'il a perdu son pari à l'investiture du nouveau chef du Parti conservateur du Canada qui a vu Erin O'Toole l'emporter, le député conservateur dans Montmagny - L'Islet - Kamouraska - Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, s'est rapidement rallié à son nouveau chef. Le député avait publiquement donné son appui à Peter MacKay.

«J'ai perdu mes élections et je les ai gagnées en même temps, lance-t-il en riant. Les membres conservateurs ont choisi et M. O'Toole est déjà présent à la Chambre des communes à Ottawa, c'est un avantage certain. On sera déjà prêt à la reprise le 23 septembre prochain pour le discours du trône», souligne M. Généreux.

Ce dernier rappelle que le nouveau chef du PCC s'est déjà illustré par sa combattivité à la Chambre des communes. Le député a aussi souligné que son nouveau chef présentait déjà une bonne maitrise du français, ce qui a pu jouer dans le résultat du vote puisque les membres québécois du parti ont aussi voté majoritairement en faveur de M. O'Toole.

Quant à ses responsabilités, croit-il que son support à Peter MacKay, un candidat perçu comme de l'aile modérée du parti, pourrait lui nuire ? Bernard Généreux joue l'équipe. «J'avais choisi Peter MacKay, car je le connaissais depuis longtemps, j'ai siégé avec lui. Avec Erin aussi, mais je le connais moins. Mais c'est la prérogative du chef et je vais accepter les décisions qu'il prendra.»

Ce dernier s'attend à un «brassage de cartes», mais s'estime outillé pour bien représenter les Québécois et leur intérêt. «Au Québec, certains d'entre nous vont se retrouver avec de nouvelles tâches c'est certain, parfois des tâches additionnelles, parfois en moins, mais ça fait partie de la "game" et je suis très à l'aise. Je suis toujours prêt à servir mon parti comme la population en général.»

Quant aux questions sociales, dont celle de l’avortement, M. Généreux assure qu’elles sont maintenant derrière la campagne à l’investiture et que le nouveau chef n’a pas l’intention de les rouvrir. Son plus gros défi sera de regagner la confiance des provinces plus à l’est du pays, de l’Ontario au Maritimes.

Avec l’arrivée d’Erin O’Toole, Bernard Généreux trace aussi un parallèle entre le PCC et la Coalition avenir Québec (CAQ). «Nous couvrons plusieurs spectres politiques, de l'environnement aux questions sociales et économiques. Le parti est une grande tente politique qui regroupe plusieurs gens de différents horizons.»

Erin O'Toole avait terminé en troisième position en 2017 à la succession de Stephen Harper derrière Andrew Scheer et Maxime Bernier qui ont été départagés au 13e tour. Cette fois, il a remporté l’investiture au 3e tour.

WE CHARITY (UNIS)

Quant au scandale entourant WE Charity (UNIS en français), Bernard Généreux n’entend pas lâcher le morceau et se montre particulièrement critique face à la prorogation du parlement. «Justin Trudeau fait passer ses intérêts avant ceux de la nation dans une tentative peu reluisante de camoufler ses magouilles.»

Il reproche au premier ministre d’avoir favorisé des amis avec organisme pratiquement unilingue anglais et absent du Québec. «Un dossier de plus de 5 000 pages a été déposé au Comité permanent des finances de la Chambre des communes, mais tellement caviardé, qu’on ne peut pratiquement rien apprendre… on va rouvrir le comité dès le retour à la Chambre.»

Pour le député, le choix de WE Charity démontre une façon de faire typique du parti libéral du Canada. «WE Charity c’est pire que le scandale des commandites. Il y a des données qui nous démontrent que plusieurs autres ministres ont été impliqués dont la nouvelle ministre des Finances (Christina Freeland) c'est l'illustration parfaite des problèmes éthiques de libéraux incrustés dans leur façon de faire.»

Et si des élections devaient être déclenchées cet automne, il estime le printemps plus probable, il y va de cet avertissement : «Nos coffres sont pleins, nous avons un nouveau chef combatif, sympathique, qui s’exprime bien en français, nous sommes le parti qui compte le plus de membres au Canada, plus de 270 000, si c’est pour cet automne, nous sommes déjà prêts ! Nous avons le momentum.»

PCU

Quant à la Prestation canadienne d’urgence du Canada, Bernard Généreux, s’il reconnait qu’une aide devait être apportée, il souligne que la pénurie de travailleurs dans plusieurs secteurs nuit à aux entrepreneurs et à la reprise économique.

«Les gens qui auront accumulé suffisamment d’heures, qui auront eu la PCU pourront avoir un autre six mois de chômage. Parlez-en aux entrepreneurs de Rivière-du-Loup, ils manquent de travailleurs ! Payer des jeunes à rester chez eux est une très mauvaise idée.»

 

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