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24 juin 2020 - 07:00

duBreton : le syndicat demande le maintien de la «prime COVID»

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs Viandes du Breton dit être «outré» par la décision de l’entreprise de mettre fin au versement de la «prime COVID». Faisant front commun avec sept autres syndicats du Québec, tous affiliés à la CSN, il revendique le maintien de celle-ci jusqu’à la fin de la pandémie. 

Le 22 juin, des dizaines de travailleurs de l’entreprise duBreton ont signé une pétition officielle demandant à l’employeur de garder la prime salariale active. Des manifestations étaient coordonnées au même moment ailleurs au Québec, notamment aux usines d’Olymel, où les primes ont également été levées. Les syndicats impliqués représentent quelque 4000 travailleurs (450 à Rivière-du-Loup).

«Nos membres sont en colère, lance Pauline Bélanger, présidente par intérim du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL-CSN). La prime devrait continuer d’être versée tant et aussi longtemps que le risque est présent. Nous n’en démordrons pas.»

Chez duBreton, la «prime COVID», qui correspondait notamment à une hausse salariale de 50 $ par semaine, a été instaurée dès le 30 mars. L’entreprise explique que c’était une «prime d’exposition», alors que les mesures de protection étaient instaurées pour les travailleurs.  

«Depuis, il y a eu beaucoup d'ajustements pour faciliter le travail et rendre les mesures de protection plus efficientes. Maintenant nous pouvons dire que les mesures en place protègent nos travailleurs», explique la conseillère aux communications, Julie Lamontagne. 

L’entreprise estime que l’ensemble des mesures de protection déployées actuellement changent la donne. Parmi celles-ci, on compte la pose de plexiglas, le port du masque obligatoire, le port des visières, le lavage des mains plus fréquent et la prise de température tous les matins. Les pauses et diners ont aussi été décalés et allongés pour permettre la distanciation physique, et des mesures ont également été prises dans les transports en commun.  

«Les gouvernements relancent l'économie en rouvrant les commerces, les écoles, les cinémas, etc. pour que la population retrouve une vie "normale" […] Nos gens sont en sécurité dans leur milieu de travail, autant que quand ils vont à l’épicerie ou qu’ils sont entre amis», ajoute Mme Lamontagne, soulignant que la distribution d’une boite de produits duBreton d’une valeur de 50 $, effectuée toutes les semaines entre le 27 mars jusqu’au 28 mai, se poursuivra aux deux fois par mois. 

LE SYNDICAT 

Ces explications ne calment pas le syndicat qui martèle que les versements de la prime devraient se poursuivent, puisque la pandémie n’est simplement pas terminée.

«Au Bas-Saint-Laurent, on a été quand même épargnés. Mais, le danger est toujours présent. Les travailleurs risquent encore leur santé et travaillent encore avec des mesures sanitaires et de l’équipement de protection qui rendent leur travail encore plus laborieux», estime Pauline Bélanger. 

«Les travailleurs veulent bien respecter les consignes, mais la prime venait leur dire : ‘’Oui, votre travail est important et on comprend ce que ça implique’’. Dans les usines, ce serait le fun que les employeurs continuent de reconnaître le travail qui est effectué.»

Chez duBreton, des signatures étaient aussi récoltées dans la journée de mardi. Le syndicat s’attend à pouvoir recueillir plus de 400 signatures. 

La journée de manifestations coordonnées n’était que la première étape d’une longue série de moyens de pression qui seront mis en œuvre au cours des prochaines semaines, à Rivière-du-Loup et partout à travers le Québec, assure la CCBSL-CSN.

 

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