Publicité
20 février 2020 - 11:02 | Mis à jour : 21 février 2020 - 08:02

Assurance-emploi

L'opposition se range derrière la motion du Bloc québécois

François Drouin

Par François Drouin, journaliste

Twitter François Drouin
Toutes les réactions 2
Le mercredi 19 février, le Bloc québécois a réussi a faire consensus auprès des autres partis de l'opposition à la Chambre des communes à Ottawa qui ont fait front commun afin de forcer la main au gouvernement Trudeau à rehausser à 50 semaines les prestations d'assurance-emploi pour les personnes atteintes d'une maladie grave. La limite actuelle est fixée à 15 semaines.
 
Un vote qui n'a pas manqué de réjouir le député de Rimouski - Neigette - Témiscouata - Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas qui en avait fait l'une de ses priorités.
 
«Le gouvernement n'a pas le choix, il a l'obligation morale d'emboiter le pas et changer les dispositions à la loi. Ensuite le gouvernement doit présenter un projet de loi en bonne et due forme pour modifier le nombre de semaine», souligne le député.
 
 

Depuis 1971, une personne atteinte d'une maladie grave comme le cancer n'a droit qu'à un maximum de 15 semaine de prestations de l'assurance-emploi. La motion propose de relever cette période de 35 semaines pour la porter à un total admissible de 50 semaines. Lors des dernières élections, le Parti libéral du Canada proposait plutôt timidement d'augmenter le nombre de semaines accessibles à 26, trop peu selon l'opposition.

Le vote des députés conservateurs n'était pas acquis. Rappelons que sous Stephen Harper le  gouvernement avait refusé de modifier la loi. «Même la veille, mardi, c'était assez ardu et nous avons eu de bons débats avec eux, puis finalement, lors du vote en Chambre, nous avons eu la surprise de les voir se lever et appuyer la motion», souligne Maxime Blanchette-Joncas.

Les députés du NPD et du Parti vert ont aussi appuyé l'initiative du Bloc. La motion a donc été adoptée par la Chambre des communes avec 169 voix combinées des élus conservateurs, bloquistes et néodémocrates, verts et d’une indépendante, alors que 149 députés libéraux ont voté contre.

Depuis 2009, le prolongement des prestations au-delà de ces 15 semaines a fait l’objet de sept différents projets de loi dont certains se sont rendus jusqu’en deuxième lecture, mais jamais plus loin.

De son côté, le député conservateur de Montmagny - L'Islet - Kamouraska - Rivière-du-Loup a rappelé par voie de communiqué qu'il  avait présenté en mai 2018 une résolution au Conseil général de son parti à Saint-Hyacinthe invitant les militants conservateurs à appuyer l’idée de prolonger les prestations de chômage en cas de maladie et qu'il a continué de faire progresser l’enjeu au sein de son caucus à Ottawa.

«Je pense profondément que la maladie peut frapper à tout moment, et qu’il est impératif que toutes les personnes touchées puissent compter sur un programme qui limitera les dommages à tout le moins financiers, qui leur permettra de prendre du mieux en s’investissant d’abord en leur santé» a souligné M. Généreux.

COMBAT

Déjà en 2009 Marie-Hélène Dubé, originaire de Rivière-du-Loup, avant lancé une pétition canadienne pour augmenter le nombre de semaines de prestation fixé à 15 semaines.  Forte des plus de 700 000 signatures obtenues, dont 500 000 ont été présentées à la Chambre des communes dans le passé, elle a lancé en 2018 sa nouvelle stratégie de réforme de l’assurance-emploi : «15 semaines, ce n’est pas assez !».

ASSURANCE-EMPLOI

Actuellement, les patients atteints d’un cancer reçoivent des prestations d’assurance-emploi pour les 15 premières semaines, une disposition qui rappelons le remonte à 1971. Le régime public n’est plus représentatif de la réalité, soutiennent les partisans d'une réforme. «Ça ne correspond plus à 2018 et sur plusieurs facettes. La société n’est plus la même, y compris en termes de survie aux cancers», nous avait précisé Mme Dubé en entrevue.

L’Agence de la santé publique du Canada lui donne raison. Le taux de survie au cancer après cinq ans a augmenté, passant de 25 % dans les années 1940 à 60 % aujourd’hui.

Le député Blanchette-Joncas abonde dans le même sens. «Actuellement, selon les données mises à notre disposition, seulement une personne sur quatre atteinte d'un cancer est en mesure de reprendre le travail après seulement 15 semaines. La pression économique sur les autres est énorme. On les pousse vers la pauvreté dans un moment où elles ont besoin d'un support.»

Le gouvernement de Justin Trudeau qui s'était autrefois montré favorable au prolongement des prestations a invité l'opposition à se joindre à un comité, une proposition rejetée par les autres partis. Selon le député bloquiste, le PLC n'a plus le choix et doit augmenter les prestations à 50 semaines.

 

 

Publicité


Publicité

Commentez cet article

Toutes vos réactions

2 réactionsCommentaire(s)
  • J'appuie totalement la résolution d'augmenter à 50 semaines pour les personnes gravement malades.

    Jacques Dumouchel - 2020-02-21 11:06
  • Il faut absolument permettre à tous les travailleurs autonomes dont tous les chauffeurs de taxi sans exception de profiter de cette mesure Il y a 2 ans j'ai subi un préjudice en ne pouvant pas me qualifier

    Pierre Farley - 2020-02-21 07:32