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6 octobre 2019 - 10:30

Les priorités électorales du Conseil régional de l'environnement

Dans le cadre de la campagne électorale fédérale, le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) a ciblé deux enjeux environnementaux prioritaires : l’urgence climatique et la création d’une aire marine protégée dans l’estuaire.

Le CREBSL demande aux candidats de s’exprimer et de s’engager publiquement sur ces deux enjeux.  Une étude scientifique récente qui sera utilisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat fait état d’une possible élévation de la température de 7 °C d’ici 2100. Selon l’Accord de Paris, 195 pays se sont entendus pour limiter cette augmentation à 2 °C, voire à 1,5 °C pour éviter les scénarios les plus catastrophiques pour la planète et l’humanité. La déclaration d’urgence climatique est donc loin d’une exagération, selon le CREBSL.

Les rapports récents démontrent que le Canada n’atteindra pas ses cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES). L’industrie gazière et pétrolière compte pour environ le tiers de ces émissions, un secteur qui cherche à prendre de l’expansion avec le soutien du gouvernement canadien. Pourtant, les experts du climat estiment que les cibles de réduction des GES du Canada ne sont pas réalisables sans l’abandon des énergies fossiles, particulièrement celles issues des sables bitumineux. Quels engagements concrets et probants les candidats acceptent-ils de prendre pour respecter l’Accord de Paris, atteindre les cibles de réduction de GES et préparer la sortie des énergies fossiles ?

La montée du niveau des océans et l’érosion du littoral iront en augmentant avec les changements climatiques et ils peuvent perturber sévèrement le réseau routier, les habitats fauniques, les propriétés et les infrastructures riveraines, tout en posant des défis de gestion énormes et très couteux. Quelles mesures proposent les candidats en termes de prévention, d’aménagement et d’éducation pour favoriser l’adaptation des milieux côtiers aux changements climatiques ?

Le Canada a pris des engagements visant à protéger 10 % des zones marines d’ici 2020 suivant les recommandations internationales de la Convention sur la diversité biologique. Selon les données actuelles, les aires marines protégées (AMP) couvrent à peine 1,3 % de la superficie marine québécoise. Le CREBSL demande la création d’une vaste AMP dans l’estuaire pour préserver sa biodiversité, spécialement ses populations de bélugas et de mammifères marins. Un projet d’ampleur réclamé depuis 20 ans est celui d’une zone de 6000 kilomètres carrés s’étendant d’une rive à l’autre depuis l’amont jusqu’à l’aval de l’estuaire correspondant à l’aire de répartition saisonnière du béluga du Saint-Laurent.

Comment les candidats s’y prendront-ils pour mettre en place une ou plusieurs AMP dans l’estuaire afin d’atteindre la cible de 10 % d’ici la fin 2020 ?

Le CREBSL espère que les cris d’alarme de plus en plus préoccupants lancés cette année par différents experts mondiaux sur le climat et sur la biodiversité convaincront enfin les futurs élus qu’il y a une véritable urgence d’agir.

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