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14 juin 2019 - 14:03

Un guide de repérage de situations de maltraitance envers les personnes ainées

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes ainées (15 juin), la Concertation régionale à cet effet a lancé le Guide de repérage de situations de maltraitance envers les personnes ainées, destiné aux organismes communautaires.

Quelque 4 000 copies papier seront distribuées au Bas-Saint-Laurent et une version numérique sera également disponible. Les personnes ainées représentent de 24 % à 33 % de la population selon les territoires locaux au Bas-Saint-Laurent. À l’échelle canadienne, on estime que 7 % des personnes de 65 ans et plus vivent une forme de maltraitance. Il y a une multitude de freins à la dénonciation, la région se veut donc proactive pour diminuer la maltraitance envers les personnes ainées.

«Lors des tournées de consultations auprès des personnes impliquées dans les comités locaux travaillant à la prévention de la maltraitance, beaucoup me confiaient hésiter à repérer les situations de maltraitance dont elles étaient témoins, ne sachant pas à qui référer la situation par la suite. On me disait ne pas se sentir outillées pour accompagner les personnes ainées vivant des situations de maltraitance. Les gens ne savaient pas comment faire et jusqu’où aller dans leur accompagnement», a expliqué Linda Bérubé, coordonnatrice régionale spécialisée en matière de maltraitance avec les personnes ainées.

Manon Gariépy, commissaire adjointe aux plaintes et à la qualité des services au CISSS du Bas-Saint-Laurent, a mentionné que son organisme avait comptabilisé une cinquantaine de signalements au cours de la dernière année. Même si Mme Gariépy a observé plus de signalements au cours des dernières années, nous pouvons malheureusement constater qu’un grand nombre d’abus auprès d’ainés ne sont pas signalés.

«L’abus financier, la violence verbale et celle organisationnelle sont les plus fréquemment répertoriées. Il y a eu aussi quelques cas d’abus sexuel», a noté Mme Gariépy. Pour la moitié des signalements, c’est le milieu familial qui est en cause, l’autre 50 % est de type organisationnel. «Il nous arrive parfois de constater que le plaignant devient la personne maltraitante après l’analyse de la plainte», a souligné la commissaire adjointe pour illustrer la complexité de certains dossiers.

Le Guide permettra aux intervenants communautaires de mieux reconnaitre les situations problématiques. «En identifiant les raisons pour lesquelles les personnes ainées hésitent à dévoiler les situations de maltraitance qu’elles vivent et en leur permettant de nommer leurs préoccupations, nous souhaitons mieux les soutenir, les sécuriser et répondre adéquatement à leurs besoins», a-t-on noté.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent ainsi que l’ensemble des 14 Caisses Desjardins du Bas-Saint-Laurent ont emboité le pas dans cette démarche en soutenant financièrement la production du Guide. «Les Caisses Desjardins sont très heureuses d’être associées à cette grande concertation», a commenté Roberto Dionne, directeur général de la Caisse Desjardins des Basques.

Soulignons qu’une vingtaine d’ateliers de formation au repérage de situations de maltraitance seront offerts aux organisations communautaires sur l’ensemble du territoire bas-laurentien dès l’automne prochain. Enfin, si vous avez besoin d’aide, vous pouvez appeler la ligne téléphonique Aide Abus Ainés au 1-888-489-2287.

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Mondieu cest vraiment super 4000 copie c’est beaucoup mieux que du monde dans les maisons pour personnes âgées. Je suis vraiment rassuré 😂😂😂 Mersi au gen implique j’espère que les personnes âgées maltraitées et e manque de soins vont lire ce magnifique documentaire.

    Realiste - 2019-06-14 22:56
  • Je ne comprends pas pourquoi on finance des dizaines d'organismes qui en fin de compte font les mêmes choses à répétition. Il y a 6 ou 7 ans l'AQDR de Rivière du loup a produit un guide sur la maltraitance et a formé plus de 600 vigiles pour détecter les cas de maltraitance. Or voilà qu'on nous annonce quelque chose de nouveau qui fait absolument la même chose. Pourquoi tous ces dédoublement de travail qui finalement revient toujours au même point. Allons-nous un jour réunir tous ces organismes qui font la même chose en une seule structure et en un seul point de service. Un centre de services communautaire aurait tellement sa place dans une église désafecté par exemple ou autre site. Mais voilà, chaque organisme travaille en silo et se croit génial lorsqu'il fait une découverte qui a déja été faite 10 ans et plus auparavant. Unissons-nous que diable. L'union ne fait-elle pas la force? C'est connu depuis la nuit des temps.

    G Blachon - 2019-06-14 17:53