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22 décembre 2018 - 06:04 | Mis à jour : 18:58

La boutique de la Distillerie Fils du Roy fermée pour quelques mois

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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Les propriétaires de la Distillerie Fils du Roy sont contraints, par la force des choses, de fermer la porte de leur boutique quelque temps. Une trop haute majoration imposée par la SAQ, combinée à une baisse d’achalandage liée à la saison hivernale, complique la rentabilité du commerce de Saint-Arsène.  

Dans une publication diffusée sur Facebook au cours des derniers jours, les propriétaires Jonathan Roy et Hélène Dumont mentionnent ainsi que le samedi 22 décembre sera la dernière date d’ouverture de la boutique «pour les 3 prochains mois».  

«Étant donné que la SAQ se prend une majoration qui représente 49 % du prix de nos produits, et ce même sur les ventes faites à la distillerie, notre boutique a besoin d’un très grand achalandage pour être rentable. Nous devons donc [la] fermer au cours des trois prochains mois en prévision de la baisse des visites», est-il écrit. La situation a évidemment soulevé plusieurs réactions dans la région.

Il faut savoir qu’au Québec, les titulaires de permis de distillateur peuvent vendre les produits qu’ils fabriquent à la propriété depuis le 12 juin 2018. Une nouvelle qui avait emballé plusieurs micro-distilleurs québécois, dont Jonathan Roy de Saint-Arsène.

Mais la vente à la propriété des spiritueux par les titulaires de permis de distillateur est accompagnée de plusieurs modalités. Les producteurs doivent notamment «faire rapport à la SAQ à chaque trimestre de l’ensemble des ventes réalisées pour chacun de leurs produits vendus à la propriété afin que la SAQ leur facture la majoration.» Selon la SAQ, cette majoration «permet d’assumer les frais de vente et mise en marché, de distribution et d’administration et de dégager un résultat net».

«On nous avait dit à l’époque que la majoration serait ajustée rapidement (…) Pourtant, six mois plus tard, c’est encore 49 % du prix de la bouteille qui est pris et ce même quand la vente est faite à distillerie», déplore Jonathan Roy, qui avait hâte d’ouvrir une boutique pour aller à la rencontre de ses clients et ainsi en connaître plus sur leurs gouts.

Selon les chiffres de l’entrepreneur, il n’y a actuellement que 25 % du prix de vente d’une bouteille qui revient à la distillerie, après la majoration et les différentes taxes imposées par les deux paliers de gouvernement (voir image).

«Lorsqu’on compare le même scénario à d’autres provinces, en Nouvelle-Écosse par exemple, le gouvernement va aller chercher 3 %. Au Nouveau-Brunswick, depuis maintenant un an, il y a 11% de majoration qui est pris, mais le gouvernement pense revenir en arrière et ne plus imposer de majoration pour la vente directement à la distillerie.»

«Ils se rendent compte que les micro-distilleries attirent les touristes et apportent de belles retombées économiques. Nous avons vécu cela nous-même récemment avec un nouveau produit, le gin Rocher Malin qui était vendu uniquement à Saint-Arsène. Lors de la première fin de semaine de vente, les entrepreneurs locaux ont vu une hausse de l’achalandage à leur commerce. Les gens sont venus acheter une bouteille, mais ils se sont aussi arrêtés ailleurs», ajoute-t-il.

SITUATION «TEMPORAIRE»

Selon la SAQ, la situation actuelle est «temporaire», mais il n’est pas possible de connaître un échéancier. Jonathan Roy espère qu’il est ici question de semaines et non de mois ou même d’années. «À l’annonce du gouvernement, on a aussitôt décidé d’investir dans notre distillerie. On a annoncé un beau projet pour accueillir les gens. Quelques mois plus tard, on se rend compte que la bâtisse va être construite, mais qu’on ne pourra pas ouvrir notre commerce si la rentabilité n’est pas au rendez-vous.»

L’homme d’affaires rappelle que les micro-distilleurs sont les seuls producteurs d’alcool au Québec qui ont une majoration sur leurs produits quand ils sont vendus sur le lieu de fabrication. Selon lui, il aura prochainement une soixantaine de micro-distilleries à travers la province.

Notons que la Distillerie Fils du Roy poursuivra tout de même sa production de spiritueux au cours des prochains mois.

 

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5 réactionsCommentaire(s)
  • Pathétique! La SAQ garde 49% sans même manipuler une seule bouteille. Des producteurs qui travaille fort pour faire un produit de haute qualité et se voit mettre des batons dans les roues par nos instances gouvernementales......

    René Lafrance - 2018-12-25 11:39
  • Je l'ai toujours dit tant qu'il y aura des monopoles au Québec, il n'y aura pas de liberté et ça va toujours mettre des bâtons dans les roues des petites entreprise. Mais que voulez vous, je crois que le problème des monopoles au Québec est comme celui du lobbyiste des armes a feu au États-Unis. Se sont des valeurs trop bien ancrés qu'on ne pourra pas changer les choses.

    Phil - 2018-12-23 08:42
  • C'est pas normal que je puisse acheter de la vodka Russe à Cuba pour $6 le litre, et qu'un produit élaboré à 10 km de chez moi me coûte , rien qu'en taxes 5 fois ce montant. Au secours Investissement Québec, faites vivre les productions locales...SVP, donnez leur une chance !

    GB3 - 2018-12-22 16:56
  • C'est révoltant de voir que le gouvernement se prend 49% du prix alors que le local, les employés et les produits sont entièrement payés par vous. Ne lâchez pas ! Vos produits sont excellents et la fierté de notre région. Voilà un dossier à défendre pour le nouveau député.

    Therese Legault - 2018-12-22 16:45
  • On reconnait l’emprise du Gouvernement a vouloir étouffer des jeunes entrepreneurs qui font connaitre nos régions. Pourquoi ou il y a des fonctionnaires il n’y a pas de décisions logiques qui sont prises a court terme. Pourquoi le fonctionnaire qui est supposé fonctionné ne fonctionne jamais.

    Jean-Guy Boucher - 2018-12-22 12:43