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22 août 2018 - 06:52

Raccord d’eau à Témiscouata-sur-le-Lac : ventilation des chiffres

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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À quelques mois des travaux visant à offrir à la ville une nouvelle infrastructure d’eau potable, Témiscouata-sur-le-Lac persiste et signe : un raccord entre les réseaux d’aqueduc des deux quartiers sera plus économique, à long terme, que la construction d’une nouvelle usine. Selon la directrice générale, Chantal-Karen Caron, ce seront plus que des économies d’échelle qui seront réalisées. 

Présenté en long et en large à un bon nombre de citoyens en juin dernier, ce dossier, qui comprend le raccord et des travaux à l’usine actuelle de Cabano, est toujours à l’origine de certains questionnements parmi la communauté témiscouataine. Mais la Ville, confiante de son choix, regarde vers l’avant. Les travaux de la 1re phase sont anticipés à la fin de l’automne. 

Évalué à 12,9 M$, ce projet bénéficie d’une aide financière à la hauteur de 7,7 M$ par le Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU). La municipalité financera la somme restante (5 193 000 $) grâce à des emprunts sur 20 et 40 ans. 

«On va se concentrer sur une seule usine et on va s’arranger pour la faire bien fonctionner (…) Il faut mentionner qu’on a aussi les réservoirs. Ceux des deux quartiers sont réutilisés, alors à Notre-Dame-du-Lac, si l’usine arrête demain matin, les citoyens ne le sentiront pas. On a une autonomie qui est intéressante», explique la directrice générale de la Ville, Chantal-Karen Caron. 

Au-delà des conduites elles-mêmes, qui seront déployées sur une dizaine de kilomètres pour près de 7,7 M$, des améliorations considérables seront apportées à l’usine de traitement des eaux. Ceux-ci sont évalués à 5,2 M$ et offriront une meilleure efficacité au niveau des opérations.

«Présentement il y a deux systèmes de traitement, alors on va en ajouter un troisième aussi sophistiqué. C’est certain qu’il faut grossir un peu plus l’usine et ajouter une nouvelle partie de filtration», détaille-t-elle. Témiscouata-sur-le-Lac fait donc le pari de miser sur une usine améliorée pour un réseau plus long … à un meilleur cout. 

DEUXIÈME USINE? 

Tout au long de ce processus, la Ville n’a jamais caché qu’une deuxième option a été évaluée dans ce dossier par le conseil municipal : construire une 2e usine pour le quartier de Notre-Dame-du-Lac. Sa réalisation, à 9,2 M$, dont 7,6 M$ étaient subventionnés, aurait même nécessité un investissement moins élevé que celui du raccord, mais c’est sans compter les couts d’opération qu’elle aurait aussi demandé pour les années à venir. 

Selon l’administration municipale, l’avenue du raccord a été préférée, puisque c’était «la meilleure formule sur le plan financier». Elle estime qu’une usine additionnelle représente des coûts de fonctionnement supplémentaires de 160 000 $ par année, ce qui inclut les salaires, l’électricité et la maintenance, notamment. Ce montant, que la Ville considère «conservateur», augmenterait naturellement année après année en raison de l’inflation. 

Toujours selon la Ville, la solution du raccord devient plus économique que celle d’une 2e usine à la 9e année de remboursement. Concrètement, à l’an 1, l’usine couterait environ 275 000 $ (dette et frais d’opération) contre près de 330 000 $ (dette) pour le raccord, mais les coûts annuels seraient égaux dès l’an 9 et l’usine couterait beaucoup plus cher par la suite. L’écart est d’ailleurs très marqué à la fin du remboursement du prêt de 20 ans (améliorations au bâtiment actuel).  

«En prenant en compte l’inflation et l’augmentation des couts, nous estimons qu’après 40 ans, la 2e usine aura couté 17,5 M$ à la Ville contre 8,8 M$ pour le raccord. C’est une économie d’environ 8,6 M$ pour les citoyens (…) En analysant ces chiffres, comment ne pas privilégier cette solution?», se questionne Mme Caron. 

La directrice générale ajoute que le projet de raccord est celui qui fait le plus de sens pour Témiscouata-sur-le-Lac, considérant également l’aspect du développement durable et l’effort qui doit être fait pour ne pas dupliquer inutilement les installations. Elle mentionne aussi que les conduites utilisées pour le raccord ont une durée de vie de plus de 90 ans, selon les ingénieurs, ce qui est beaucoup plus important qu’une usine. 

ÉCHÉANCIER

La 1re phase des travaux devrait être entamée en novembre. Les conduites passeront par la rue Commerciale Nord, la piste cyclable par forage (donc aucun bris) et la desserte. La phase 2 qui permettra de rejoindre Notre-Dame-du-Lac sera complétée au printemps 2019.

 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Ma première question est simple : laquelle des deux options est la plus favorable pour réussir à desservir les non desservis dans le futur? Car après tout, même s'ils seront sans service d'eau, on leur exige tout de même une petite participation financière annuelle au projet de raccord.

    André - 2018-08-22 10:11
  • Ça semble intéressent et bien songé, à moins que quelques choses ne m’échappe. Ce serait intéressant d'entendre ceux qui sont pour deux usines, leurs pensées, leurs calculs.

    Toujours sans censure.

    Jules - 2018-08-22 08:07