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Le blogue de Richard Levesque

2 février 2017 - 04:52

Le tit oiseau...

15 Commentaire(s)

Note de Richard :  Voici un conte pour enfants... ou pour les adultes qui ont gardé un cœur d'enfant. Mais au fait non, ce n'est pas un conte, mais un fait vécu, raconté par mon amie Gisèle Moreau. En notre époque de catastrophes, de guerres, de calamités, ce récit est comme un rayon de lumière. En notre siècle de massacres, de méfiance, d'intolérance, le tit oiseau de Gisèle nous donne une magistrale leçon de confiance et de foi. Car, je le répète, c'est une histoire incroyable, mais vraie...

J’adore les oiseaux, plus particulièrement les petits oiseaux. Enfant, j’en rêvais la nuit... Depuis toujours, je les nourris en toute saison. L’oiseau dont je vais parler est un bruant à gorge blanche. La famille du bruant contient une trentaine d’espèces d’oiseaux, ils ont tous un plumage rayé. Le bruant à gorge blanche, c’est sur la tête qu’il est rayé. Pour moi, c’est le plus beau!

En fin de journée, voulant nourrir les oiseaux, j’avais tendu le bras pour ouvrir le réceptacle de la mangeoire lorsque j’entendis un bruit d’ailes inhabituel. (Je veux préciser ici que je portais un chandail d’un rouge éclatant, mais je ne suis pas certaine que les oiseaux distinguent les couleurs...) Toujours est-il que, après ce bruit d’ailes, me voilà avec un bruant perché sur mon bras droit, à six pouces à peine de mon nez.

— Que fais-tu ici petit oiseau, lui dis-je? 

Je n’en croyais pas mes yeux! Il restait là, confiant. En le regardant de plus près, j’aperçus une petite épine qui s’était logée dans le coin gauche de son bec, lequel restait entrouvert. Non, je ne pouvais pas rester insensible au malheur de cet oiseau!

Comme je passe mon temps à regarder «Fous des oiseaux», animé par Pierre Verville, je sais comment saisir un oiseau sans lui faire de mal ou l’effrayer. Je l’enfermai avec ma main et le déposai doucement sur la branche d’une épinette qui se trouvait tout près.

— Bouge pas petit oiseau, lui dis-je.   

Mon idée était d’aller chercher une petite pince dans la maison pour enlever cette malheureuse épine...en pensant bien que l’oiseau se serait envolé lorsque je reviendrais. À ma grande surprise, il était toujours là lorsque je suis revenue. Je le pris délicatement dans ma main à l’aide d’un chiffon que j’avais apporté en même temps que la petite pince, je dégageai son bec et retirai l’épine qui retenait son bec mi-ouvert. Je le déposai ensuite au même endroit sur la branche de l’épinette. Il ne bougea pas d’une plume!

Je le surveillai de près pendant presque une heure. Il était là immobile...comme abasourdi. Puis je le vis perché, tout ébouriffé, se remplissant le ventre de graines de chardon !

Ce soir là, je m’endormis le cœur léger.

— Ça valait vraiment la peine de vivre aussi longtemps pour connaître cet émoi, me disais-je.

 En me réveillant le lendemain, je me dis : «Ce n’est pas vrai..., je dois avoir rêvé tout ça! » Mais en descendant l’escalier derrière la maison, j’aperçus sur la rampe la petite pince qui avait servi à délivrer le bruant de son épine...

Chaque jour de septembre, jusqu’à sa migration vers le sud, ce petit bruant est venu s’empiffrer à ma mangeoire. J’avais envie parfois de m’habiller en rouge et de tendre le bras pour qu’il vienne s’y percher !


NOTE DE RICHARD :
Il y a toujours deux de mes défis de la semaine dernière qui n'ont pas été relevés.  Je vous les rappelle ici; voyons si vous pourrez résoudre ces deux énigmes d'ici jeudi prochain...

PREMIER DÉFI  :
Je peux servir à manger mieux. Je peux être l’endroit où l’on mange. Je peux servir à ranger mieux, aussi, tant les pipes que les fusils!  Que suis-je donc?

TROISIÈME DÉFI  :
Mon premier est le début d’un corps mort.
Mon deuxième n’a rien de la rigidité cadavérique.
Mon troisième, quand il est mort, est tout à fait ennuyeux.
Mon quatrième est une danse qui n’a rien de macabre.
Mon tout est beau, joyeux, fertile et bien vivant!

 

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Toutes vos réactions

15 réaction(s)
  • Quelle belle histoire! Merci, Gisèle, de l'avoir partagée avec nous.
    Andrée - 2017-02-03 08:38
  • C’est bien vrai que c’est une très jolie histoire, émouvante… Un beau moment pour chacun d’eux. Et j’ai vraiment adoré la fin. En plus, de savoir que tout ça est vraiment arrivé…
    Mais savez-vous? Moi aussi être un tit oiseau, je me sentirais très en confiance auprès de Gisèle ;o))
    Et pour votre premier défi, il y aurait bien un truc que j’aurais osé essayer (la troisième étant beaucoup trop difficile), faut dire que je trouve que ça se tiendrait un peu quand même ( un tit peu) mais j’ai déjà beaucoup trop pris de place avec les fameux défis du Père Fouettard ;o)
    M. Thériault - 2017-02-03 10:28
  • C'est beau ce que la dame a fait. Elle est bien chanceuse que le petit oiseau soit resté tranquille. Elle doit être bien calme...
    Annie - 2017-02-03 12:44
  • Merci Richard d'avoir partagé la belle histoire vraie de Gisèle. J'ai bien reconnu la générosité et l'empathie de cette grande amoureuse des oiseaux qu'est mon amie Gisèle. On a beau dire que les cervelles d'oiseaux sont petites, celui-là en a eu suffisamment deviner que cette gentille dame ne lui voulait que du bien. Bravo Gisèle pour ton joli texte.
    Madeleine D. - 2017-02-03 18:47
  • Voilà un récit magique!
    Val TD - 2017-02-03 22:14
  • @M. Thériault: ose essayer, pour mon premier défi. Tu sais, j'aime que mes énigmes soient résolues, c'est pour ça que je les fais faciles... Hum!

    Pour le troisième défi, je vous donne un indice (une tite chance, disons...): ça remonte à 1674!
    Richard - 2017-02-04 08:07

  • Je peux servir à manger mieux. Je peux être l’endroit où l’on mange. Je peux servir à ranger mieux, aussi, tant les pipes que les fusils! Que suis-je donc?
    Je suis loin d’en être certaine là, mais ça me tentait ben gros de tenter le coup avec une table.
    Je peux servir à manger mieux. Moi, je n’ai pas pensé santé. Je me suis dit qu’on mange pas mal mieux sur une table que sur le pouce.
    Je peux être l’endroit où l’on mange. On mange « à table ». Et on peut aller sur une table à pique-nique.
    Je peux servir à ranger mieux, tant les pipes que les fusils! Je reste dans la cuisine. Le fusil, je continue de penser que c’est l’affiloir à couteaux et la pipe le contenant pour l’huile et le vin. Donc, avec une petite table, ce n’est pas à la débandade, c’est beaucoup mieux qu’à la traîne et ça se range mieux, car plusieurs ont des compartiments. Que ce soit ça ou pas, je trouve que ça a quand même du sens, non?
    M. Thériault - 2017-02-04 12:52
  • À M. Thériault: tes explications sont très brillantes, mais... Non, ce n'est pas une table.
    Tiens: je vous donne la réponse, mais je vous laisse le soin de trouver les explications. La réponse: râtelier. À vous!
    Richard - 2017-02-04 15:49
  • Du bonbon!!!
    le ptit Marcel - 2017-02-04 21:18
  • Une chance qu’elles étaient faciles! Je me demande ce que ça aurait été si elles avaient été un tantinet difficiles. ;o) Mais c’est bien certain que j’ai cherché l’explication.
    Je peux servir à manger mieux. Un râtelier, ce peut-être un dentier... Héhé. C’est bien certain que pour gruger des épis de maïs, ça aide en grand et c’est pas mal mieux que pas de dents pantoute.
    Je peux être l’endroit où l’on mange. Manger à tous les râteliers : tirer profit de tous les aspects d’une situation. Et le rat mange dans son râtelier.
    Et pour le rangement (des vrais fusils et vraies pipes), c’est une étagère où les soldats ou chasseurs placent leurs fusils et où l’on accroche les pipes.
    Mais celle du dentier, je me dis que vous deviez la trouver bien drôle et je comprends pourquoi vous vouliez qu’on la trouve nous-mêmes!!! Non mais… c'est un peu sadique ça ;o)
    Alors bravo à vous et pétez-vous-les vos saudites bretelles!! ;o)) quoique vous m’avez fait bien rire ce matin…
    M. Thériault - 2017-02-05 10:26
  • Bon, la première est bien expliquée. Un autre indice maintenant, pour le troisième défi? Disons... Anne Hébert?
    Richard - 2017-02-05 14:35
  • Pour le 3e défi, j'irais avec KAMOURASKA.

    Mon premier est le début d’un corps mort: un corps mort est un cadavre donc CA ou KA
    Mon deuxième n’a rien de la rigidité cadavérique: c'est donc MOU
    Mon troisième, quand il est mort, est tout à fait ennuyeux: là je donne ma langue au chat pour l'explication de RAT.
    Mon quatrième est une danse qui n’a rien de macabre: "Manon vient danser le ska".. SKA
    Mon tout est beau, joyeux, fertile et bien vivant!
    Annie - 2017-02-05 16:13
  • Bravo Annie! Tu as trouvé et bien expliqué "Kamouraska"... Sauf pour la troisième syllabe. Elle vient de l'expression, que tu connais sans doute, "s'ennuyer comme un rat mort"...
    Bon, je m'avoue vaincu... Au moins à moitié!
    Richard - 2017-02-05 19:05
  • @M. Levesque: Non, je ne connaissais pas cette expression.

    Avec l'indice que vous aviez donné, ça a été facile mais avant, ouf! Je n'avais vraiment aucune idée. Je ne considère même pas que vous avez été vaincu à moitié. Vous êtes trop fort pour moi!!
    Annie - 2017-02-06 06:19
  • Demain nous parlerons d'empires et d'empereurs...
    Richard - 2017-02-08 17:34