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15 février 2018 - 06:02 | Mis à jour : 13:36

Trois-Pistoles retient son souffle pour Charlie Bilodeau

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Les discussions allaient bon train dans la chaleureuse Forge à Bérubé de Trois-Pistoles, entre les membres de la famille et les amis du patineur artistique Charlie Bilodeau. Ce rassemblement a complètement éclipsé la Saint-Valentin, puisque tous avaient les yeux rivés sur un grand écran pour visionner la prestation en direct du petit farceur pistolois devenu athlète olympique aux Jeux de PyeongChang.

Un présentoir rempli à craquer de médailles et trophées de toutes sortes, de photos de ses exploits alors qu’il était enfant et de bibelots de chats ornait l’entrée de la Forge, lieu de rassemblement symbolique à Trois-Pistoles. La majorité des invités portaient même un chandail à l’effigie de Charlie, une confection spéciale de sa sœur aux talents artistiques multiples, Marilie Bilodeau.

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À la suite d’un programme long sans erreur de la part du duo de Charlie Bilodeau et Julianne Séguin, certains ont même versé des larmes, émus à la fois par leur prestation et par le caractère familial de l’évènement.

Un des amis de Charlie, Jean-Michel Clermont-Goulet, a fait le chemin de Montréal à Trois-Pistoles, plus de 400 kilomètres, pour l’encourager dans sa ville natale. «Je n’ai pas toujours eu la chance de le voir performer. J’ai eu un très bon avant-gout de son talent à Vancouver le 13 janvier dernier. Ici, on est entre amis et on vit un beau moment. J’avais vu cette performance à Vancouver et j’avais pleuré. Je l’ai revue maintenant, j’ai encore versé des larmes, j’ai eu des frissons. J’étais surpris de voir à quel point je pouvais faire des bruits aigus avec ma gorge pendant la prestation», a-t-il raconté.

La foule de la Forge s’est levée spontanément lorsque Charlie Bilodeau et Julianne Séguin ont fait leur entrée sur la glace pour leur échauffement. Lorsque le duo a patiné, la Forge à Bérubé était littéralement électrisée par la tension, à chaque saut, tous retenaient leur souffle.

«Moi, c’est ma mère qui a pleuré ! (…) Tout le monde parle de Charlie présentement à Trois-Pistoles, c’est partout à l’épicerie, au poste à gaz, dans les bars. Ce sont plein de réseaux différents qui parlent de lui. Ç’a permis de rassembler les gens à Trois-Pistoles, de voir Charlie aux Olympiques», raconte son ami de Trois-Pistoles, Louis Saint-Laurent.

Marilie Bilodeau, la sœur ainée de Charlie est derrière l’organisation de ce rassemblement à la Forge à Bérubé, un lieu d’importance pour culture pistoloise. «Je savais que ça allait être une occasion pour Trois-Pistoles de se faire voir à l’échelle nationale. J’avais envie que ce soit à son image et que les gens voient Trois-Pistoles à travers les yeux de Charlie (…) Il est très hermétique entre sa vie et le patinage, il ne mélange pas les deux. Ça peut être un peu déstabilisant. Ce n’est pas le même Charlie qu’on connait sur la glace, mais en même temps, ça marche aussi. C’est impressionnant!», image-t-elle.

Si Marilie Bilodeau, accompagnée de sa petite fille assise sur ses genoux, s’est réjouie à chacune des figures du duo, elle a été particulièrement émue à la toute fin de sa prestation. «Cela me fait pleurer à chaque fois. Après son programme, surtout quand ça va bien, il remercie mon père en envoyant un bec dans les airs. C’est d’autant plus émotif que mon père est décédé depuis bientôt quatre ans. Ça aurait été le fun qu’il voit Charlie rendu aux Olympiques aussi. J’explose à chaque fois», explique-t-elle.

Les spectateurs ont patiemment attendu la fin de toutes les prestations à la Forge à Bérubé afin de connaitre le sort de ces deux patineurs canadiens. Charlie et Julianne ont terminé les Olympiques comme ils le voulaient, dans le top 10 avec leurs deux meilleures performances de la saison. Même s’ils ont pris le 9e rang aux Jeux olympiques de PyeongChang, ils possèderont certainement une aura de champions à Trois-Pistoles, au Bas-Saint-Laurent et partout au Québec.

 

 

 

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