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8 juillet 2017 - 06:02

Le Portageois Danny Berthiaume à quelques jours d’un rêve

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Du 18 au 30 juillet, à Samsun en Turquie, Danny Berthiaume portera fièrement les couleurs du Canada lors de la plus grande compétition internationale de sport pour sourds et malentendants, les Sourdlympiques. Ce sera la réalisation d’un rêve, oui, mais aussi la récompense de beaucoup de sacrifices, d’efforts et de travail acharné.

La dernière année aura décidément été marquante pour l’athlète de 39 ans de Notre-Dame-du-Portage. Non seulement a-t-il pris connaissance de l’existence des Jeux olympiques pour sourds et malentendants, il a fait mis tous les efforts nécessaires pour y être, sur le tatami, cet été.

«Ç’a été un gros boom de découvertes. J’ai lu sur les Sourdlypiques par un heureux hasard et j’y ai vu une opportunité, un projet fou. J’avais moins d’un an pour me préparer, mais c’était très emballant», raconte le père de famille, devant un café.

Il y a 9 neufs mois, en septembre, Danny Berthiaume n’avait aucune idée des exigences et des démarches à suivre afin de se rendre en Turquie. Avec un peu de chance, tout s’est mis en place parfaitement. En respectant les normes demandées au sujet de son audition et en faisant le poids pour sa catégorie, il a officiellement joint les rangs de l’équipe canadienne de judo en janvier.

«J’avais déjà entamé des habitudes d’entrainements plus intensives depuis quelques mois, mais à ce moment-là, j’ai écrasé la pédale au plancher. Il fallait tout donner pour être fin prêt. Je réalisais que je m’étais vraiment lancé dans quelque chose d’important.»

Le judoka pratique son sport depuis ses 33 ans. Il s’exerce à Rivière-du-Loup, grâce à une collaboration indispensable du Cégep de Rivière-du-Loup, mais aussi avec le club Judo-La Pocatière. Normalement dans la catégorie des moins de 73 kg, l’athlète a perdu près de 40 livres afin de pouvoir combattre dans la catégorie des moins de 66 kg qui lui convient mieux.

PROBLÈMES AUDITIFS

Danny Berthiaume vit avec une acuité auditive diminuée depuis l’âge de 8 ans. Sa condition s’est développée à la suite de cholestéomes dans les oreilles et de nombreuses opérations. Si cela lui a mis des bâtons dans les roues par le passé, il a toujours persévéré et trouvé le moyen de s’épanouir. Aujourd’hui, porter la feuille d’érable canadienne sur son judogi est l’accomplissement d’un rêve nourri depuis son adolescence.

«Quand j’avais 16 ans, je voulais être militaire ou membre de la GRC. Je voulais représenter le Canada, mais ça ne m’était pas possible. À l’époque, cela avait été une claque au visage», partage-t-il. «Aujourd’hui, le judo m’offre l’opportunité de réaliser un rêve que je croyais inaccessible.»

L’athlète savourera chaque seconde de cette expérience en Turquie , mais il espère que son histoire saura inspirer d’autres malentendants et surtout leurs parents. «Avoir des problèmes auditifs n’est pas une fatalité. Aujourd’hui, on peut s’intégrer et faire du sport. Si ça leur plait, il faut les encourager à persévérer. Qui sait ce qu’ils pourront accomplir», a-t-il partagé. 

SOURDLYMPIQUES

Danny fait partie d’une cohorte de 27 athlètes représentant le pays dans 7 disciplines : le badminton, les quilles, la natation le tennis, le volleyball, le vélo de montagne. Avec le judoka Stéphane Gignac, il forme l’équipe canadienne en judo. «Ce sera une expérience bien spéciale», confirme-t-il.

Avec des entrainements intensifs en gymnase et au dojo chaque semaine, en plus de visites aux deux semaines au Centre national d’entrainement à Montréal, Danny se sent prêt à la tâche qui l’attend.

«Mon judo a énormément évolué au cours des derniers mois. C’est énorme (…) Toute cette expérience a été fantastique. Maintenant il ne me reste qu’à rapporter une médaille dans mes bagages», a-t-il lancé avec le sourire.  

Mais sans dire qu’il n’a aucune importance, peu importe vraiment le résultat final. Danny Berthiaume est déjà un champion. De ses propres mots, chaque étape franchie au cours de la dernière année a été une petite victoire. «Quand j’ai été accepté sur l’équipe canadienne, quand j’ai rencontré Nicolas Gill et Antoine Valois-Fortier, quand j’ai renversé un athlète professionnel pour la première fois…tout cela, ce sont des médailles. Je suis déjà gagnant.»

Fier du chemin parcouru, le Portagois quittera pour la Turquie le 13 juillet, gonflé à bloc. Son premier combat est cependant prévu le 19. Notez qu’il est toujours possible de l’encourager financièrement au www.gofundme.com/dbsourdlympiques2017

 

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