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14 août 2016 - 12:41

Atteindre le sommet avec la force de ses bras

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Équipée de son fauteuil roulant, d’un casque de planche à neige et de gants, Isabelle Sauvé détonne dans la côte des Cèdres. Parfois, de bons samaritains s’arrêtent même pour venir lui porter assistance, croyant qu’elle se trouve dans une situation précaire, dangereuse…Bien, que tous se rassurent puisque la réalité est tout autre. 

En fait, l’athlète Isabelle Sauvé est tout à fait en contrôle, et ce dont l'on peut être témoins, quelques fois par semaine en saison estivale, c’est plutôt d’une période d’entrainement. Mme Sauvé accumule actuellement les séances en vue d’un projet qu’elle compte réaliser quelque part l’été prochain.  

« Je veux rassurer les gens et leur dire que tout va bien. Plusieurs personnes s’arrêtent pour me proposer de l’aide et c’est vraiment très gentil, mais je ne suis pas dans le besoin, je suis concentrée », assure-t-elle. « Quand je suis arrêtée perpendiculairement à la rue, c’est que je me repose, je m’hydrate et j’étire mes muscles. »

Pour monter une côte en toute sécurité et efficacité avec son fauteuil, Isabelle Sauvé, 48 ans, le fait à reculons, c’est-à-dire le dos qui pointe vers le sommet. Une technique qui peut parfois porter à confusion pour certains automobilistes, mais qui est nécessaire. 

« De cette façon, mon dos est appuyé, je suis stable, et ce sont uniquement mes bras qui travaillent. Cette position facilite aussi la respiration et me prévient de chuter vers l’arrière », explique celle qui souffre d’une paralysie légère et de troubles neurologiques depuis sa naissance.

CÔTE ST-PIERRE 

Bien qu’Isabelle Sauvé est active depuis toujours et aime faire du sport, ces séances d’entrainement ne sont pas qu’une façon de garder la forme. Elles sont réalisées en préparation d’un projet peu commun qu’elle mijote depuis déjà quelques années : une ascension de la côte St-Pierre en fauteuil roulant. Une idée qui lui est venue directement du Défi Everest qu’elle trouve très intéressant. 

« Je me suis dit que je voulais faire une montée, moi aussi. C’est un projet qui peut sembler fou, mais c’est une façon d’aller confronter mes limites (…) Une date n’est pas arrêtée, je compte le réaliser lorsque je me sentirai prête », a ajouté Mme Sauvé, qui s’entraine aussi, autrement, pendant la saison froide.  

Un défi pareil ne peut naturellement pas se réaliser sans préparation. Tous les détails sont pensés et étudiés. L’ascension elle-même se ferait entre autres par intervalles avec des arrêts dans les cours des résidents. Un ami retiendrait également le fauteuil à l’arrière, en cas de besoin, à l’aide d’une sangle.

NATATION 

La relation entre Isabelle Sauvé et les défis sportifs ne datent pas d’hier. Par le passé, elle a participé à plusieurs compétitions de natation, dont les Championnats canadiens des maîtres-nageurs où elle a terminé en première place au 100 mètres libre en 2003. La même année, elle a remporté la médaille du courage pour sa participation au Défi amateur de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.

En 2011, Isabelle Sauvé lançait également sa propre biographie intitulée « Un fauteuil sur le quai », écrite avec la collaboration de l’auteure Sonia Pelletier. 

 

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