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14 avril 2016 - 06:02

Un témoignage émouvant sur la perte d’un enfant

Daniel Goulet

Par Daniel Goulet, Journaliste

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Edmundston – L’auteure Sylvie Veilleux-Deschênes lancera son premier livre «Ma fille, mon ange, mon étoile filante» lors du Salon du livre d’Edmundston du 21 au 24 avril. L’histoire raconte le combat de sa fille contre la maladie et les conséquences sur la vie de sa famille.

Il s’agit d’un vibrant hommage de Mme Veilleux-Deschênes à sa fille, Marie-Pier Deschênes, décédée beaucoup trop tôt d’une tumeur cancéreuse à l’âge tendre de seulement 14 ans. L’auteure nous transporte par ses écrits dans une traversée que tout parent ne voudrait jamais vivre. C’est pourquoi le poignant témoignage de Sylvie a le potentiel d’arracher une larme, et souvent beaucoup plus. Il s’agit d’un partage d’une histoire cauchemardesque et déchirante sur un difficile combat s’étendant sur une période de dix mois pour une jeune femme qui ne voulait que vivre.

L'ÉCRITURE, UNE THÉRAPIE

«Marie-Pier s’est éteinte le 17 mars 2009, le jour de son 14e anniversaire. Elle a lâché son dernier souffle dans mes bras, à la maison. Elle a laissé dans le deuil son père Robert et sa sœur Alexandra, alors âgé de 15 ans. Suivant son décès, j’avais besoin de mettre mes sentiments, mes angoisses, mon vécu sur papier. Je voulais écrire mon histoire, mes expériences. Pour moi, ce fut un processus très thérapeutique qui m’a soutenu après cette terrifiante épreuve même si je devais revivre cette difficile période avec mes écrits», a confié l’auteure lors de l’entrevue.

DES MOMENTS DIFFICILES POUR LA FAMILLE

Le cauchemar a débuté par une douce journée de printemps, en mai 2008. Mme Veilleux-Deschênes a remarqué que sa fille avait de la difficulté à marcher avec sa jambe droite, qu’elle boitait. Au fil de seulement deux à trois semaines, elle avait perdu aussi beaucoup de dextérité avec son bras droit. Inquiète, Sylvie décide de rencontrer un chiropraticien pour faire examiner sa fille.

«Tout s’est déroulé si rapidement, c’était presque qu’irréel. Le chiropraticien a fait plusieurs tests neurologiques et m’a dit d’aller rencontrer un médecin immédiatement, il soupçonnait une masse au cerveau. À l’hôpital, Marie-Pier a été prise en charge et ils l’ont préparé pour subir d’autres tests plus approfondis. Par la suite, nous avons rencontré un pédiatre un dimanche, imaginez-vous. Le lendemain, après un IRM, nous avons appris le diagnostique, une tumeur au cerveau, plus précisément au thalamus du coté gauche qui contrôle les muscles à la droite du corps. Ce fut un choc incroyable. Il nous a recommandé un neurologue de Montréal pour de futurs tests et traitements», a-t-elle raconté.

Dans les dix mois suivants, dont trois hospitalisations à Montréal pour des traitements de radiothérapie, de chimiothérapie et plusieurs suivis par la suite, la famille a eu à traverser plusieurs moments difficiles avec l’état de santé de Marie-Pier qui s’aggravait de plus en plus sans possibilité d’extraire la tumeur, malheureusement inatteignable pour les médecins. Probablement, à travers toutes les épreuves, les mots les plus durs que la famille a entendu ont été : «le traitement ne fait pas son œuvre, il faut cesser. Nous ne pouvons plus rien faire, elle ne guérira pas, elle ne s’en sortira pas.»

VIVRE SON DEUIL

«Nous vivons tous notre deuil différemment. Ma fille s’ennuie de sa sœur. Elle graduera bientôt de l’université et Marie-Pier ne sera pas là. C’est difficile pour elle. Mon mari, Robert, a eu de la difficulté et a encore de la difficulté à accepter la maladie de sa fille et de son destin.

Personnellement, il y a encore quelques moments pluvieux, mais grâce à mon ouverture spirituelle, cela vient mettre un baume, une certaine compréhension et une sérénité. Nous étions une famille unie et cette tragédie nous a unis encore plus. Dans une épreuve funeste comme celle-ci, des liens incroyables se créent non-seulement dans la famille, mais aussi avec nos amis et les gens qui ont pris soin de Marie-Pier. Ma fille, par sa mort, a changé plusieurs vies et a laissé une empreinte profonde dans nos cœurs. Elle s’est battue avec courage et détermination. Elle était une guerrière.

Pour son dernier jour, Marie-Pier nous a quitté avec sa peluche préférée, Hippopo, que ses amies de l’école lui ont donnée quand ils ont appris la nouvelle de sa maladie. Cette peluche ne l’a jamais quitté pendant cette épreuve. Qu’ils reposent en paix, amis et ensemble pour l’éternité», s’est exprimé cette mère, souriante, mais qui ressent toujours une certaine douleur que le temps ne pourra jamais complétement guérir.   

Le livre de Sylvie Veilleux-Deschênes est édité par la maison d’édition Le Dauphin Blanc. Le lancement officiel est prévu le vendredi 22 avril à 17 h sur la scène principale du Salon du livre d'Edmundston. L’auteur sera disponible pour les séances de signature au stand du Dauphin Blanc jeudi de 18 h à 19 h 30, vendredi de 19 h 30 à 21 h, le samedi de 11 h 30 à 13 h et 14 h 30 à 16 h et dimanche de 11 h à midi et de 14 h à 16 h. Une table ronde aura aussi lieu ce même dimanche à 12 h 15 sous le thème «Guérir par les livres.

 

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