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17 avril 2018 - 08:00 | Mis à jour : 2 mai 2018 - 16:09

Fermetures des points de service des Caisses populaires Desjardins

N.D.L.R. La direction se réserve le droit d'abréger certaines lettres. L'opinion exprimée dans cette catégorie n'engage que leur auteur et ne reflète d'aucune façon la position du journal.

Dans l’attente de la convocation de Desjardins devant la Commission parlementaire de l’aménagement du territoire et pour qu’entre temps cet important sujet ne sombre pas dans le trou noir des actualités éphémères, je poursuis ma démarche.

Quelle démonstration espère faire Desjardins en offrant du transport vers d’autres points de services, de la formation sur les services en ligne et en prenant des ententes avec des commerçants locaux pour permettre des retraits sur achats ? Faire passer, avec gentillesse, la pilule des fermetures ? Convaincre ses membres que leur point de service n’est plus «rentable» simplement parce que les chiffres parlent d’eux-mêmes ?

Je préfère donner la parole aux humains avant de la laisser aux chiffres. En ce moment, le bon sens populaire veut que la pérennité de Desjardins reste indissociable de la primauté de l’intérêt de ses membres. Les sociétaires de ce mouvement coopératif québécois plus que centenaire, disent eux, qu’il doit continuer de se distinguer en demeurant le plus facilement accessible partout au Québec.

La situation commande de se rappeler ce que le fondateur, monsieur Alphonse Desjardins écrivait en 1912 : «La Caisse populaire est une organisation purement paroissiale, elle naît, elle grandit, elle se développe et prospère au milieu de la famille paroissiale.»

Certes Desjardins a bien évolué depuis, mais ses valeurs humanistes sont demeurées intactes.

À ce propos, le président de Desjardins de 2000 à 2008, monsieur Alban D’Amours s’exprimait ainsi en septembre 2012 :«Travailler pour les gens, appuyer leurs efforts, épouser leurs projets, leurs ambitions, leurs préoccupations pour les aider à progresser, à façonner l’avenir dont ils rêvent, voilà la finalité même de la coopération.»

Est-ce que fermer des points de services est actuellement le projet, l’ambition ou le rêve des membres de Desjardins?

Enfin, avec l’actuel Président de Desjardins, monsieur Guy Cormier, je souhaite, en tout respect, échanger sur ceci:

Monsieur Cormier, vous avez accepté la présidence d’honneur de la Semaine des Régions 2018. Cette implication qui vous honore avait pour objectif de faire connaître aux jeunes diplômés de grands centres, le dynamisme, la richesse des occasions d’emploi et le caractère spécifique des milieux de vie ruraux. Vos nombreuses fermetures s’inscrivent-elles dans le prolongement de ce noble objectif et favorisent-elles une croissance démographique et économique des régions?

Les gens me dise, non pas que votre désir de progrès est mauvais…mais que toutes ces fermetures sont, pour le moins, prématurées. Ils tiennent encore à leurs points de service car leurs activités régulières offertes à vitesse humaine ont, pour eux et pour la vie économique de leur petit village, plus d’importance actuellement qu’un libre-service rapide en ligne et sans âme.

Je pense qu’investir un peu de votre temps, afin d’entendre les citoyens, s’inscrit très bien dans le concept de responsabilité sociale de toute institution financière qui vise une vie meilleure…pour toutes et pour tous.

 

Serge Guérette

Rivière-du-Loup

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