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27 mars 2018 - 08:00 | Mis à jour : 30 mars 2018 - 11:09

Deux glaces artificielles à Témiscouata-sur-le-Lac : un projet absurde sur toute la ligne

N.D.L.R. La direction se réserve le droit d'abréger certaines lettres. L'opinion exprimée dans cette catégorie n'engage que leur auteur et ne reflète d'aucune façon la position du journal.

Dieu seul sait ce qui se passe dans la tête du maire Garon et de sa garde rapprochée. Mais chose certaine, sa prescription de verres correcteurs est assurément expirée, car on est en présence d’un sérieux manque de vision.

D’abord, il faut bien se comprendre : on parle ici de deux glaces artificielles déficitaires (déficit d’opération de 300 000 $ projeté) pour une ville qui compte désormais moins de 5 000 résidents (1 glace / 2 500 résidents). Est-ce un choix responsable quand on sait que les municipalités de taille comparable au Bas-Saint-Laurent (La Pocatière, Amqui, Mont Joli) ont jugé bon d’opérer un seul aréna ou encore un bâtiment à vocations multiples ? Même Matane, avec 15 000 résidents, opère un seul aréna et complémente son offre avec des patinoires extérieures, une piscine municipale, etc. Bref, mettre ses œufs dans le même panier, c’est ignorer les besoins réels et diversifiés des résidents. Les activités sur glace ne sont pas à la portée de tous (physiquement et financièrement).

Par ailleurs, inutile de faire une analyse sophistiquée pour réaliser que la pression sur les finances municipales ira en grandissant au fil du temps. Or, la ville joue carrément à l’autruche. L’augmentation inévitable des coûts de maintenance avec deux glaces artificielles (au lieu d’une seule comme avant) et des frais d’entretien de ces bâtiments qui vieilliront aussi, combinée à des revenus qui diminueront avec le vieillissement et la décroissance de la population, rend irréelle toute espérance de rentabilité à long terme. Alors pourquoi fragiliser les finances municipales et prendre la population en otage dans une région où le revenu disponible par habitant est parmi les plus faibles au Canada?

Aucun investisseur ne s’engagerait dans un projet générant des flux monétaires négatifs à long terme. La Ville de Témiscouata-sur-le-Lac, oui, et de façon effrontée avec l’argent de ses citoyens. Et elle en rajoute en précisant dans son «montage» financier, qui ne tient même pas compte de l’inflation, qu’elle réaffectera 38 % des revenus du parc éolien pour payer les frais de financement de ces gouffres financiers qu’elle devra assumer sur 20 ans. Une vraie farce. Les citoyens doivent réaliser qu’il s’agit d’un coût de renonciation énorme : cela signifie que la Ville ne pourra pas utiliser ces revenus récurrents pour le développement régional. C’est plus qu’une simple question de taxes municipales.

La population doit réclamer que la Ville mandate des gens compétents et impartiaux pour faire une évaluation sérieuse de la rentabilité, appuyée par une étude de marché, de divers scénarios d’investissement pertinents pour la population. On sait, basé sur l’expérience de la Ville de Mont-Joli, que repartir à neuf serait plus économique. Comment expliquer alors l’imposition d’un projet de mises aux normes et que la coalition soit forcée de négocier pour des miettes sans même pouvoir questionner la légitimité du projet du centre sportif Jacques Dubé?

Les subventions ne disparaitront pas si la Ville décide de redéployer les ressources vers un projet plus rentable, pertinent, mieux localisé et intégrateur, au contraire. Le secteur Cabano est un centre éducatif et sportif alors que le secteur Notre-Dame-du-Lac semble se positionner comme un carrefour culturel et de villégiature. Que la logique s’impose avant qu’il ne soit trop tard, car on a un sérieux problème d’exécution actuellement. Que la Ville fasse son devoir de diligence raisonnable, en toute transparence. On peut se tromper, mais persister dans l’erreur c’est refuser d’avancer. Les citoyens doivent se mobiliser.

 

Jean-Marc Dionne JR, natif de Témiscouata-sur-le-Lac

NDLR : Jean-Marc Dionne JR demeure maintenant à Gatineau, étant membre des Forces armées canadiennes. Il vient au Témiscouata régulièrement voir sa famille.

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