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26 septembre 2017 - 11:01

Carrefour maritime : en attendant le gouvernement provincial…

N.D.L.R. La direction se réserve le droit d'abréger certaines lettres. L'opinion exprimée dans cette catégorie n'engage que leur auteur et ne reflète d'aucune façon la position du journal.

Drôle d’annonce que celle du lundi 11 septembre dernier au sujet du projet du Carrefour maritime à la pointe de Rivière-du-Loup. On voulait souligner le coup d’envoi d’un projet, sans préciser son échéancier de réalisation, tout en admettant n’avoir pas bouclé son financement. Un faux départ au sujet duquel on nous invitait à nous réjouir.

Il est évident que l’apport de 5,2 millions $ des deux paliers de gouvernement constitue un pas important dans la bonne direction. Toutefois, le sous-investissement du gouvernement du Québec, qui a amputé sa participation de 2 millions $, a été accueilli comme une amère rebuffade par les partenaires locaux.

Il est inhabituel que, dans un projet tripartite, le gouvernement provincial n’égale pas la mise d’une municipalité. C’est pourtant ce qu’on nous a annoncé le 11 septembre dernier. L’administration du maire Gamache a pris le taureau par les cornes au cours des quatre dernières années pour faire aboutir un projet qui piétine depuis plus de 10 ans. La ville a mis la bagatelle de 4,6 millions $ sur la table. Une somme conséquente qui témoigne de sa volonté de mener le projet à terme, de son assurance dans le bien-fondé de la réalisation du Parc maritime et de sa confiance dans la rentabilité à long terme de son investissement.

Comment expliquer ce demi-échec pour un projet qui cadre parfaitement avec la volonté et les intentions de la politique de la Stratégie maritime, et ce, dans le propre comté du ministre délégué à cette même Stratégie maritime? Pour Jean D’Amour, c’est clairement une contre-performance. On attendait à juste titre beaucoup plus de sa part.

Notre ministre délégué à la Stratégie maritime n’est jamais monté au front pour défendre le Parc maritime. Il s’agit pour lui d’un projet comme les autres, sans plus. En politicien aguerri, qui sait mieux que personne humer l’atmosphère de son comté, il ne s’est pas mouillé plus qu’il faut pour un projet qui ne fait pas nécessairement l’unanimité dans la population. «Trop cher!» a-t-on souvent entendu ici et là. En bon populiste, Jean D’Amour aime mieux naviguer avec le vent dans le dos. La brise adverse qui souffle sur un projet dont on ne semble jamais voir la fin ne l’a probablement pas beaucoup motivé. Il aura de toute évidence l’occasion et l’envie de se rattraper afin de livrer la marchandise d’ici l’échéance électorale de l’automne 2018.

Les 14 millions $ du budget prévu dans le plan d’affaires ne sont pas le fruit d’une lubie mais d’une démarche cohérente pour faire de la pointe de Rivière-du-Loup un pôle de développement nautique et touristique de premier plan sur le Saint-Laurent. 14 millions $, c’est certes beaucoup d’argent, mais je mets au défi quiconque désireux de mener l’affaire à son terme de s’en tirer à meilleur compte. La prochaine administration municipale, qu’elle soit constituée ou non autour de Gaétan Gamache, ne pourra se priver de billetteries pour les croisiéristes, d’une passerelle d’embarquement en eau libre pour la Société Duvetnor, d’une gare maritime pour le Trans Saint-Laurent et d’un bassin de plaisance fonctionnel. Retirer un élément de l’ensemble n’en fera qu’un projet bancal et dysfonctionnel.

Nous devrions connaître dans les prochaines semaines les détails de l’analyse du projet faite par les fonctionnaires provinciaux. J’espère que nous y trouverons suffisamment d’éléments pour répondre à leurs objections et retourner la situation à notre avantage.
Je demeure intimement convaincu que le projet du Parc maritime de la pointe ira de l’avant tel qu’il a été conçu par l’équipe du maire Gamache. Jeter quatre années de travail par-dessus bord pour échafauder une version d’aménagement rétrécie n’est tout simplement pas une option. L’ambition de Rivière-du-Loup de se positionner avantageusement sur la carte du tourisme maritime laurentien en reconstruisant sa façade littorale est pleinement justifiée. Le milieu possède pour cela les outils et les compétences. Il attend seulement qu’on lui en donne enfin les moyens.

Michel Sacco
Éditeur et consultant bénévole pour la Corporation du Carrefour maritime de Rivière-du-Loup

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