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1 novembre 2016 - 16:55 | Mis à jour : 18:49

Roger Lévesque coupable

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

Twitter Francois Drouin

Roger Lévesque est maintenant fixé sur son sort alors que les 12 membres du jury l’ont trouvé coupable aux deux chefs d'accusation à caractère sexuel auxquels il faisait face. Le verdict a été prononcé le mardi 1er novembre vers 17 h, par le juré numéro 8, quelques heures à peine après le début des délibérations.

Lévesque, âgé de 64 ans, était accusé d’attouchements et d’agression sexuelle sur un enfant de moins de 16 ans. Ce dernier a pris le chemin du centre de détention en attendant la suite des procédures, notamment le prononcé de la sentence. Il encourt une peine minimale d'un an.

RÉACTIONS

«C’est la décision que le jury vient de prendre, le verdict est tombé rapidement, à l’image du procès. Je pense que le jury a fait un travail remarquable. Ils ont bien analysé la preuve et évidemment, nous en sommes satisfaits», a commenté la procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreault.

Cette dernière s’est dite satisfaite du procès. «Nous sommes allés à l’essentiel et les résultats montrent que nous avons fait notre travail adéquatement.»

De son côté, Me Vargas a souligné qu’à ce stade-ci des procédures, «on embarque dans l’inconnu. Plus la journée avançait, plus on se disait que ça irait au lendemain. Alors à cinq minutes, oui on est surpris qu’une décision soit rendue.»

Il n’a pas caché que son client est déçu. «Il respecte la décision, mais ce n’est pas celle qu’il attendait.» Quant à l’incarcération immédiate de son client, il n’a pas caché sa déception.

Questionné par Info Dimanche sur les tentatives de la Couronne de miner la crédibilité de Roger Lévesque, Me Vargas a convenu que l’effet recherché avait été obtenu. «Le dossier est devenu une question de crédibilité, c’est entré en ligne de compte, sur et certain.»

DÉLIBÉRATIONS

C’est à partir de 10 h 30, ce mardi, que les membres du jury ont été séquestrés après avoir reçu les directives du juge Simon Ruel.

Selon ce qu’a rapporté Ici Radio-Canada Bas-Saint-Laurent, les jurés ont eu une requête laissant présumer de la rapidité des délibérations, alors qu’ils ont demandé au juge «si la longueur des délibérations pourrait avoir un impact sur d'éventuels appels sur leur décision», a rapporté Patrick Bergeron de la SRC.

PLAIDOIRIES

Les plaidoiries des avocats de la défense et de la Couronne se sont terminées le 27 octobre. L’avocat de la défense, Me Bruno Gabriel Vargas, avait demandé aux jurés d’évaluer la preuve qui leur était présentée dans son ensemble.

L’accusé, lors de son témoignage, avait nié en bloc tout geste à caractère sexuel envers la victime de moins de 16 ans. Les faits reprochés se seraient déroulés dans le lit de Roger Lévesque, alors que la victime s’y trouvait également. Me Vargas demandait un acquittement de son client.

De son côté, la Couronne a tenté de miner la crédibilité du témoignage de l’accusé, en suggérant que ce dernier tordait la vérité. «Pourquoi n’a-t-il jamais dit à la police qu’il n’avait pas touché à cet enfant lors de son interrogatoire? On se questionne», avait souligné Me Manon Gaudreault.

Me Gaudreault s’est appuyée également sur les antécédents de fraude de l’accusé, dans les années 1990 pour miner sa crédibilité. En s’adressant au jury, la procureure avait clairement exposé la position de la Couronne. «Le fait qu’il ait tenté encore une fois de tordre la vérité, devant vous, a pour nous confirmé sa culpabilité. La victime a quant à nous livré un témoignage évolutif mais sincère», a-t-elle conclu.

Collaboration : Andréanne Lebel

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