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27 octobre 2016 - 11:57 | Mis à jour : 21:22

Fin des plaidoiries au procès de Roger Lévesque

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Les plaidoiries des avocats de la défense et de la Couronne dans le dossier de Roger Lévesque, accusé d’attouchements et d’agression sexuelle se sont terminées le 27 octobre.

Les membres du jury recevront les directives du juge mardi prochain et seront par la suite séquestrés afin de rendre leur décision. Ils auront la tâche de déterminer si Roger Lévesque est coupable, hors de tout doute raisonnable, des deux infractions de nature sexuelle qui lui sont reprochées.

L’avocat de la défense, Me Bruno Gabriel Vargas, a demandé aux jurés d’évaluer la preuve qui leur est présentée dans son ensemble. L’accusé, lors de son témoignage, a nié en bloc tout geste à caractère sexuel envers la victime de moins de 16 ans. Les faits reprochés se seraient déroulés dans le lit de Roger Lévesque, alors que la présumée victime s’y trouvait également.

«La dynamique de dormir avec un enfant, ou d’autres personnes n’est pas illégale et peut exister dans certaines réalités», a-t-il plaidé. De plus, le procureur a souligné que la petite-fille de l’accusé demeurait dans la maison où se seraient déroulés les faits, sans remarquer quoi que ce soit. La seule personne a qui la victime aurait dévoilé les faits serait à l’enquêteur de la Sûreté du Québec lors d’un interrogatoire, ce qu’il questionne.  Me Vargas demande un acquittement de son client.

De son côté, la Couronne a tenté de miner la crédibilité du témoignage de l’accusé, en suggérant que ce dernier aurait tenté de tordre la vérité. «Pourquoi n’a-t-il jamais dit à la police qu’il n’avait pas touché à cet enfant lors de son interrogatoire? On se questionne», a souligné Me Manon Gaudreault. L’accusé a également mentionné aux policiers vouloir «suivre une thérapie», pour prouver qu’il était à «0 risque», en aout 2015. Or, aucune démarche n’a été faite en ce sens, et ce, jusqu’au mois d’octobre 2016.

Me Gaudreault s’est appuyée également sur les antécédents de fraude de l’accusé, dans les années 1990 pour miner sa crédibilité. En s’adressant au jury, La procureure a clairement exposé la position de la Couronne. «Le fait qu’il ait tenté encore une fois de tordre la vérité, devant vous, a pour nous confirmé sa culpabilité. La victime a quant à nous livré un témoignage évolutif mais sincère», a-t-elle conclu.

Le procès reprendra le mardi 1er novembre, avec les délibérations du jury. Elles ont été reportées de 4 jours afin de permettre aux familles des jurés et des procureurs de fêter l'Halloween. Les jurés doivent demeurer séquestrés pendant toutes leurs délibérations. Tel que rapporté sur le site web du ministère de la Justice, «la séquestration peut causer une pression indue sur les jurés qui pourraient souhaiter en finir pour éviter de passer une autre soirée loin de leurs proches». Ce point a été soulevé dans une vaste étude sur le procès par jury par la New Zealand Law Commission. Le procès était initialement prévu pour une durée de deux semaines, les délais sont donc respectés.

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