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10 juin 2016 - 11:14 | Mis à jour : 11:55

Voies de fait graves sur un bambin : un père écope de 41 mois de prison

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Un père de 40 ans de Pohénégamook a été condamné à une peine globale de 41 mois de prison pour avoir commis des voies de fait sur deux enfants, dont un bambin, et du harcèlement sur une ex-conjointe le 10 juin au palais de justice de Rivière-du-Loup. 

En raison de la détention provisoire de 12 mois comptant pour 18, il lui reste un total de 23 mois à purger au pénitencier. Sur le seul chef d'accusation de voies de fait graves à l'endroit d'un bambin, l'homme a écopé d'une peine de 36 mois de prison. Il avait plaidé coupable le 13 janvier 2016.

Le juge a souligné le caractère impulsif et agressif de l'accusé, qui n'exclut pas une possibilité de récidive. Le rapport présentenciel affirmait que cet individu possédait des traits de caractère jaloux, possessif et impulsif, en plus de souffrir d’anxiété.

La conjointe actuelle de l'accusé demeure toutefois attachée à ce dernier. Elle rejette, selon le juge Martin Gagnon, les pronostics des médecins spécialistes qui affirment que l'enfant subira des séquelles lors de son développement. «Ses sentiments amoureux teintent sa perception», a-t-il affirmé.

Le délinquant devra également se soumettre à une probation de trois ans, avec suivi pendant les deux premières années. La défense, représentée par Me Marie Boucher, s’est dite satisfaite de la peine imposée à son client. «Le juge a porté attention à notre demande incarcération à Rimouski, puisque monsieur bénéficie du soutien de sa famille. Je peux vous dire que mon client éprouve des remords sincères», a-t-elle soutenu.

De son côté, la Couronne demandait une peine de 5 à 6 ans d’emprisonnement pour les voies de fait à l’endroit de trois victimes et le harcèlement.

FAITS

Les faits seraient survenus à la fin du mois de mai 2015. Selon ses propres explications, l'accusé serait tombé en voulant répondre à un appel téléphonique à la suite d’un bain donné au bambin. L'homme a soutenu avoir chuté, entrainant le bébé avec lui. Confronté par le personnel médical lors de l’examen de l’enfant à l'hôpital, l’homme a maintenu sa version.

Ce n’est que quelques jours plus tard, au terme d’un interrogatoire de plusieurs heures, qu’il a admis avoir empoigné le bambin et l’avoir secoué à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il perde conscience. 

Le médecin en neurodiagnostique pédiatrique du Centre hospitalier universitaire de Sainte-Justine, Jean-Claude Décarie, a souligné que le cerveau n’a pas la capacité de se regénérer comme certains autres organes du corps humain. «Des dommages irréversibles ont été causés à l’hémisphère cérébral gauche. Le bambin a bien des chances de développer des problèmes visuels. On est dans un tremblement de terre majeur», avait-il expliqué, en janvier 2016. L’hémisphère gauche est la partie du cerveau regroupant le langage, la logique, les mathématiques, et contrôle la vision du côté droit.

L’ordonnance de non-publication interdisant la divulgation de tout renseignement permettant l’identification de la victime, ce qui inclut l’identité de l’accusé, a été maintenue.

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