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12 février 2018 - 14:30 | Mis à jour : 15:28

Francis Leclerc laisse entrer des centaines de cinéphiles dans son imaginaire

C’est avec la tête remplie de poésie et de comédie, d’action et de réflexion que le comité organisateur du festival Vues dans la tête de… a fait défiler hier le générique de sa 6e présentation. Pendant tout le weekend, les cinéphiles se sont laissés promener d’un genre à l’autre, voire d’un extrême à l’autre, d’une dystopie délirante à un récit familial tendre, plaçant une confiance aveugle dans la tête d’affiche, Francis Leclerc.

Le sixième parrain de l’évènement aura marqué les spectateurs par son humour et son authenticité. « J’ai rencontré Rivière-du-Loup. J’ai rencontré une région, ses gens, une culture très vivante. Quand je vous vois, je vous trouve sains. Une population saine, ça passe par les échanges, la culture, les rencontres», a témoigné le réalisateur lors de la cérémonie de clôture qui s’est tenue à la Maison de la culture.

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La projection de son plus récent long métrage, «Pieds nus dans l’aube», inspiré du roman de son père Félix, figure parmi les moments forts de ces quatre jours de vues. La salle principale du cinéma Princesse était pleine jusqu’au dernier de ses 230 sièges, samedi soir, pour la présentation de cette chronique d’enfance. Les spectateurs qui ont malheureusement été refoulés à l’entrée pourront se reprendre cette semaine, puisque le film restera à l’affiche du cinéma centenaire.

Les projections de Turbo Kid et de Prank, en présence notamment de la comédienne Laurence Leboeuf, ont attiré des centaines de cinéphiles dans la salle sombre. Attiré par ces films de genre, un public plus jeune s’est d’ailleurs présenté aux activités.

Les mordus de cinéma ont en outre été gâtés par la classe de maitre sur la scénarisation, donnée vendredi par Francis Leclerc et son actuel partenaire de plume, Éric K. Boulianne, qui y ont livré quelques-uns de leurs secrets. La table ronde, portant sur la diversité des plates-formes de diffusion, aura permis aux six invités de faire leur profession de foi envers le cinéma, en dépit de la montée fulgurante des nouveaux médias. Les étudiants de l’École secondaire de Rivière-du-Loup ne sont certainement pas près d’oublier le passage du réalisateur des Beaux malaises dans leurs classes, jeudi. Francis Leclerc a dirigé les élèves en arts de la scène dans le tournage de quelques extraits de Pieds nus dans l’aube.

Les deux concours du festival ont aussi vu leur public augmenter cette année. Neuf films étaient présentés dans le cadre du Concours de courts métrages vendredi soir. «Palissade», une fiction d’Alexis Fortier Gauthier, a été primée par le jury composé de Francis Leclerc, de la productrice Évelyne Lafleur Guy et des réalisateurs Karine Bélanger et Édouard Tremblay. En collaboration avec Lemieux Vaillancourt Opto Réseau, une bourse de 500 $ a été remise au réalisateur gagnant. Le court métrage «Retour de qualité», réalisé par Daniel Abraham et Pierre-Alexandre Girard, a quant à lui obtenu la faveur des spectateurs. Le Prix du public, accompagné d’une bourse de 250 $, a été offert aux créateurs par la Caisse populaire Desjardins de Rivière-du-Loup.

Pour la troisième édition du volet local « Ville et villages en images », les municipalités de Cacouna, de Saint-Antonin, de Saint-Cyprien et de Saint-Modeste ont pu voir leur territoire sur écran géant samedi matin, grâce à la participation de leurs citoyens. C’est un divertissant hybride entre le documentaire et la fiction sur le Centre-jeunes de Cacouna, inspiré par la série américaine «Stranger Things», qui a été récompensé par le public. Le Cinéma Princesse a ainsi remis son Prix pop-corn à l’équipe de vidéastes chapeautée par Geneviève Dunn.

Au cours du weekend, la direction du festival s’est par ailleurs engagée à exercer des pressions auprès des responsables du projet Éléphant et de la direction de la Cinémathèque québécoise pour assurer la restauration et la numérisation de films récents. Lors de la présentation de la rétrospective de son œuvre, jeudi soir, Francis Leclerc avait pointé les difficultés que rencontrent les créateurs pour obtenir des copies de leurs œuvres réalisées après 1998, mais juste avant le passage des salles de cinéma au numérique.

« On veut que le cinéma qui s’est fait dans ces années-là puisse aussi disposer d’une vitrine, être disponible sur les multiples plates-formes. J’en fais la promesse », soutient André Gobeil, président du conseil d’administration de l’organisme. En plus d’avoir obtenu l’engagement de la direction du festival international du court métrage REGARD, dont les représentantes étaient à Rivière-du-Loup ce weekend, des contacts seront établis afin que les autres évènements de cinéma du Québec fassent front commun dans ce dossier crucial.

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