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11 mars 2016 - 15:46

De la musique classique et des étoiles… sans fausse note

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

Twitter Francois Drouin

Rivière-du-Loup – Le vendredi 4 mars dernier, l’ensemble à cordes «collectif9» a pris d’assaut les planches du Centre culturel Berger. Bien sûr, il y a eu Béla Bartok et ses danses roumaines, l’époustouflant Prokofiev… mais surtout, des étoiles.

Des étoiles, car si les neuf musiciens ont brillé, il faut le souligner, il fallait voir ces étincelles briller dans les yeux des douze élèves de 5e et 6e années de l’école Joly qui les ont rejoints pour interpréter avec eux le Petit concerto pour Carignan d’André Gagnon. Une finale empreinte de magie, pour petits et grands.

Après une Danse des chevaliers de Prokofiev enlevante «en quelque sorte le heavy métal de la musique classique», comme l’a déclaré le violoniste Yubin Kim, le collectif a surpris en interprétant un deuxième mouvement de Volksmobiles en pizzicato, c’est-à-dire sans archet, en pinçant les cordes et en frappant et transformant violons, violoncelles et la contrebasse en instruments percussifs au rythme endiablé.

C’est au moment du rappel que les élèves de La voie musicale de l’école primaire Joly de Rivière-du-Loup dirigée par l’enseignante Sophie Jalbert ont investi la scène. Douze jeunes de 5e et 6e années, munis de leur guitare ont fusionné avec Collectif9 l’espace d’une pièce où le temps a suspendu son cours pour ces jeunes musiciens.

WOW

Il fallait entendre leurs rires, voir leurs sourires radieux, et leurs yeux étincelants de fierté pour comprendre la richesse du moment, une expérience inoubliable pour eux et leur famille. Le violoncelliste Jérémie Cloutier n’a pas ménagé ses encouragements : «Vous êtes incroyables, continuez de pratiquer!», leur a-t-il lancé.

Pour Léa Dubé, le plaisir de jouer sur scène a été riche en émotion. «J’ai beaucoup aimé jouer sur scène. Je me sentais bien. Je voyais un peu les gens, mais j’étais aveuglée par les lumières.»

Pour Marianne Drouin, c’était une rencontre, une fusion avec la musique. «Dès que tu fais la première note, tu te sens tout de suite dans la musique. C’était vraiment le fun. Au début tu es un peu stressé, mais ça s’en va. J’aimerais ça le refaire !»

De son côté, Charlie Pinet n’a pas caché que le stress était bien présent, mais que le plaisir d’être sur scène l’a emporté. «J’avais fait un peu de guitare avant, mais je veux continuer. C’était stressant, je voyais les premières rangées, mais ça donne le gout de recommencer.»

Quant à Roxanne Bouchard, si la nervosité en coulisse était palpable l’excitation était à son paroxysme sur scène. «Derrière les rideaux, j’étais vraiment stressée, mais une fois sur scène, c’est parti. C’était juste vraiment amusant.»

LA VOIX MUSICALE

C’est Sophie Jalbert qui pilote La voie musicale.  Ainsi, les élèves de 5e et 6e années de l’école Joly participant au projet éducatif de musique enrichi disposent de deux périodes de musique supplémentaires par semaine où ils ont l’opportunité de jouer en groupe.

Pour cette première année, les jeunes de La voie musicale se sont donné le nom de Guit 72, Guit pour guitare, leur instrument, mais aussi pour Guitaristes Ultra Intelligents et Talentueux alors que 72, est pour le 72, rue Joly, l’adresse de l’école.

«Le but, à la base, outre l’enseignement de la musique, c’était le plaisir de jouer ensemble, et pourquoi pas de permettre aux élèves de rencontrer le groupe collectif9 et d’assister à leur spectacle», raconte l’enseignante.

Mais collectif9, un groupe de musique classique, avait d’autres visées et sa proposition n’a pas déplu, bien au contraire. «Ils nous ont offert de se joindre à eux à la fin du spectacle, pour la dernière pièce, wow ! Ils sont même venus passer une demi-journée avec nous en atelier. » Une expérience exceptionnelle pour ces jeunes musiciens amateurs.

La voie musicale sera de retour l’an prochain à l’école Joly. Mais ne comptez pas sur Sophie Jalbert pour s’assoir sur ses lauriers. «Il y aura des ajouts. Nous avons fait des essais, mais nous allons voir comment le refaire et provoquer le même engouement, sinon plus !»

 

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