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19 février 2018 - 15:07

Usine Bombardier : le Kamouraska demande d’avoir l’heure juste

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Alors qu’on appréhende la mise à pied de 300 personnes d’ici novembre à l’usine Bombardier de La Pocatière lorsque le contrat des voitures AZUR de métro de Montréal prendra fin, les acteurs du milieu veulent une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard pour qu’il précise ses propos tenus récemment. Ce dernier avait affirmé qu’il allait trouver du travail pour les travailleurs de l’usine de La Pocatière.

Tous craignent une vague de mises à pied et ainsi une fuite irréparable de cette main-d’œuvre spécialisée et formée directement chez Bombardier.

« La vague de mises à pied doit être évitée. Ç’a n’a pas d’allure, on veut une rencontre avec le premier ministre», a dit le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon.

Ils souhaitent que Philippe Couillard, qui a dit qu’il y aurait d’autres projets pour La Pocatière, précise sa pensée.

Au nom du premier ministre, le député-ministre Jean D’Amour, présent lors de la sortie concertée tenue lundi matin à l’Hôtel-de-ville de La Pocatière, a affirmé que Philippe Couillard avait rencontré la direction de Bombardier à ce sujet. « On sait que ç’a des impacts de Montmagny à Rivière-du-Loup. On est là pour les employés. Il faut analyser l’ensemble de la problématique et élaborer les moyens pour que notre monde puisse continuer de gagner leur vie », a indiqué Jean D’Amour.

GROGNE

La grogne et l’inquiétude étaient toutefois palpables. 300 personnes seront mises à pied cet automne quand le contrat du métro de Montréal sera terminé, à moins que l’on poursuive avec la ligne bleue, dans le même contrat de gré à gré.

« Comme le premier ministre sous-entend encore la mauvaise qualité de gestion des entrepreneurs d’ici pour qu’on puisse compétitionner au niveau mondial, nous nous permettons à notre tour de douter de ses capacités à gérer le Québec. » – Bruno Morin

À long terme, c’est plus d’exigence de contenu local qui est demandée. « On peut concurrencer si on est à armes égales », a rappelé Bruno Morin, président de Graphie 222, au nom de certaines entreprises sous-traitantes de Bombardier. Dans l’ensemble du Québec, 300 emplois dans ces entreprises seraient aussi perdus si Bombardier n’a pas de gros contrat après l’automne.

Bruno Morin est aussi revenu sur la sortie concertée faite en juin demandant du contenu canadien dans la fabrication du matériel roulant du REM. Philippe Couillard avait alors demandé aux entreprises québécoises d’exceller sur les marchés mondiaux, pour ainsi participer au REM. « Comme le premier ministre sous-entend encore la mauvaise qualité de gestion des entrepreneurs d’ici pour qu’on puisse compétitionner au niveau mondial, nous nous permettons à notre tour de douter de ses capacités à gérer le Québec », a dit Bruno Morin.

URGENCE

Le représentant des travailleurs de Bombardier, Mario Guignard, a comparé l’urgence d’agir à celle d’il y a plusieurs années lorsque Bombardier voulait le contrat de renouvellement des voitures du métro de Montréal et où les gens étaient sortis marcher dans les rues. Il a toutefois ajouté qu’à l’époque, le regretté Claude Béchard était celui qui représentait la région à l’Assemblée nationale, ce qui n’a pas manqué de piquer l’actuel député de Côte-du-Sud, Norbert Morin. « On (Norbert Morin) a de la bonne volonté dans la défense des dossiers, mais on sent qu’il y a moins d’agressivité », a tenu à rajouter Mario Guignard, au sujet de ses propos.

Collaboration spéciale : Stéphanie Gendron, leplacoteux.com

 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • De ce que j 'ai notamment entendu à la " tivi " récemment j'ai l'impression que le temps des pressions politiques va se heurter de plus en plus à la règle de la concurrence fondamentale qui va devenir la seule règle.

    Je vis dans la région de Québec, je ne connais pas votre député et j'émets un commentaire qui se veut apolitique.

    Si je voulais adopter un langage plus simple je dirais que la " game " commerciale va selon moi se jouer de plus en plus sur le terrain de la réalité du payeur tant privé que public; c'est plate à dire mais on est maintenant dans une économie globale avec tout ce que cela implique tant négativement que politiquement et je ne crois pas que cela va s'arrêter.

    P.S. Bien que septuagénaire et simple citoyen, il me semble qu'il y a là matière à réflexion.

    Retraité - 2018-02-21 11:00