Publicité
4 janvier 2018 - 06:00

450 emplois s’envolent en fumée à Notre-Dame-du-Lac

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

*En 2017, votre journal Info Dimanche a célébré ses 25 ans de publication. En cette année particulière, nous vous offrons un retour sur certains des faits ayant marqué notre région en compagnie de ceux qui les ont animés.

Le 14 mai 2002, une catastrophe économique a marqué l’histoire du Témiscouata. Un incendie a complètement ravagé l’usine d’abattage et de transformation de porc de Viandes du Breton à Notre-Dame-du-Lac, causant la perte de 450 emplois.

Et malgré de nombreux efforts des gens de la communauté et du gouvernement du Québec pour convaincre Lucien Breton et sa famille de rester au Témiscouata, leur décision annoncée trois mois et demi plus tard de reconstruire à Rivière-du-Loup a soulevé la colère des citoyens de Notre-Dame-du-Lac et de toute la communauté témiscouataine.

«C’est un coup très dur, puisque beaucoup de jeunes y travaillent. Cela n’aidera pas au phénomène de l’exode que nous déplorons déjà», avait indiqué le maire de Notre-Dame-du-Lac à l’époque, Réal Voisine. «Les dix ans qui ont suivi n’ont pas été faciles», se rappelle Colomba Lebel, alors directrice générale de la Ville. Outre les 450 emplois directs, des travailleurs provenant des 20 municipalités de la MRC de Témiscouata, les installations de Viandes du Breton rapportaient à la Ville de Notre-Dame-du-Lac 329 000 $ en taxes, représentant 10 % du budget municipal.

UNE NUIT D’ENFER

Il n’y avait pas que la catastrophe économique, cet évènement a mis à rude épreuve les intervenants du milieu qui ont eu à gérer une importante crise : incendie majeur, présence d’ammoniac, évacuation de 1 700 personnes et routes barrées. «J’ai fini de travailler à 16 h 30 et c’est après que j’ai reçu l’appel du directeur d’incendie. Je savais qu’il y avait de l’ammoniac à l’usine. Comme j’étais coordonnatrice des mesures d’urgence, je m’attendais à une évacuation», raconte Mme Lebel. 

«Au départ, l’évacuation touchait 500 personnes et on ramassait l’hôpital. Ça n’a pas trainé, maximum trois quarts d’heure, il a fallu évacuer tout le monde», mentionne la coordonnatrice des mesures d’urgence. En tout, 1 700 citoyens ont été évacués, plusieurs d’entre eux se sont réfugiés chez des membres de leurs familles ou des amis, les autres ont trouvé un abri dans les écoles polyvalentes de Cabano et Dégelis. Quant aux 65 patients de l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac, ils ont été déplacés vers les centres hospitaliers de Rivière-du-Loup, Rimouski et Edmundston. Cette évacuation a duré près de 24 heures.

«Outre la perte des emplois qui nous a donné un dur coup, je considère que dans ce malheur nous avons été chanceux, il n’y a pas eu de mort. Le Témiscouata s’est relevé, d’autres entreprises ont démarré dans les municipalités. Le gouvernement nous a donné un bon coup de main par l’entremise de ses programmes, on était probablement plus écouté. Pour ma part, je retiens particulièrement l’expérience que j’ai vécue comme coordonnatrice des mesures d’urgence. C’est avec l’aide des gens que nous avons réussi, ils ont bien répondu. Nous avons eu beaucoup de bénévoles et je leur dis encore merci aujourd’hui», conclut Colomba Lebel.

 

Publicité

Commentez cet article