Publicité
28 avril 2016 - 06:53

Marina de Cabano

Une porte d’entrée payante pour protéger le lac Témiscouata

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

Toutes les réactions 9

La Ville de Témiscouata-sur-le-Lac et le Club de Yacht de Cabano mettront en place pour la prochaine saison estivale une porte d’entrée payante avec une station de lavage pour les embarcations nautiques.

«Ce n’est pas pour restreindre l’accès mais pour protéger le lac Témiscouata. Les gens qui arrivent de l’extérieur peuvent représenter une menace pour le plan d’eau et les aqueducs municipaux», a mentionné le maire Gilles Garon. Il fait ainsi référence à la moule zébrée qui s’accroche aux bateaux pour voyager d’un plan d’eau à un autre. «Nous ne voulons pas repousser les plaisanciers et contrôler le nombre de bateaux sur le lac, c’est une action qui vise la prévention et la sensibilisation», a-t-il ajouté.

La Ville de Témiscouata-sur-le-Lac pose le premier geste à la marina du quartier Cabano. Elle entend également surveiller de près la mise à l’eau des bateaux à celle du quartier Notre-Dame-du-Lac et demander aux visiteurs de se rendre à Cabano pour laver leur embarcation. M. Garon souhaite que cette action préventive pour protéger le lac Témiscouata ait un effet d’entrainement chez les gestionnaires d’autres marinas situées à Dégelis, Saint-Juste-du-Lac, Saint-Cyprien (tête du lac) et celle privée Pomerleau sur la rue de l’Anse à Cabano. «Ça va devenir un dossier régional», a-t-il souligné.

CLUB DE YACHT

C’est le Club de Yacht de Cabano qui aura la gestion de la station de lavage et le contrôle sur une partie du stationnement. Une clôture sera d’ailleurs installée. Il n’y aura aucun frais pour les membres qui auront une carte électronique pour passer la barrière. «Une station de lavage est déjà en place, mais il n’y a jamais eu de contrôle», a précisé Jacques Asselin, commodore du Club.

«Pour les autres personnes qui voudront mettre leur embarcation à l’eau, le passage à la station de lavage devrait couter aux alentours de 10 $», a ajouté M. Asselin. La mise en place de la barrière représente un investissement de 10 000 $. Pour la station de lavage, il faut changer la pompe. «Je ne sais pas comment cela va couter?», a indiqué le commodore.

ASSOCIATION CHASSE ET PÊCHE

Un autre organisme témiscouatain, dont les membres seront directement touchés par ces changements, est l’Association chasse et pêche du Témiscouata qui est contre le projet. L’Association n’est pas contre le contrôle de la venue de la moule zébrée et d’autres espèces envahissantes, mais dans un projet commun lorsque toutes les municipalités et entrées publiques emboiteront le pas.

«Il n’y a pas de moule zébrée au sud de la ville de Québec. La moule zébrée peut arriver dans un plan d’eau de différentes façons : les oiseaux, les remorques, les véhicules, les embarcations de toutes sortes (bateaux de plaisance, embarcation de pêcheur, pédalo, canot, kayak), les rejets de vivier, la tuyauterie, etc. et par ses bassins versants», a mentionné le conseil d’administration dans une lettre. Il existe plusieurs sites de mise à l’eau publics et privés autour du lac Témiscouata, effectuer un contrôle seulement à la marina de Cabano semble pour l’organisme un plan utopique.

LA MOULE ZÉBRÉE

Sur le site de Forêts, Faune et Parcs Québec, on y mentionne que la moule zébrée est une espèce exotique envahissante redoutable et très prolifique qui entraîne de nombreuses répercussions écologiques, économiques et sociales. Par sa capacité à se fixer à une multitude de surfaces submergées, elle peut obstruer différents types de systèmes hydrauliques, notamment les prises d’eau potable, et engendrer des problèmes d’approvisionnement en eau. Elle peut blesser les baigneurs à cause de ses coquilles coupantes qui s’accumulent sur les plages.

Étant donné que chaque moule zébrée peut filtrer jusqu’à un litre d’eau par jour pour se nourrir, cette espèce réduit ainsi la quantité de phytoplancton et de zooplancton disponible pour certains jeunes poissons, les moules indigènes et les autres invertébrés aquatiques. Une fois qu’elle est implantée dans un milieu, la moule zébrée est pratiquement indélogeable.

 

 

 

 

Publicité