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27 mars 2018 - 16:45 | Mis à jour : 28 mars 2018 - 14:04

Nouveau plan stratégique au SSIRDL

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

Twitter Francois Drouin

«Notre famille au service de la vôtre!» C'est avec ce nouveau slogan que le Service de sécurité incendie de Rivière-du-Loup (SSIRDL) a dévoilé le mardi 27 mars son Plan stratégique triennal 2018-2021. Le document s'articule autour d’une stratégie et de cinq grandes priorités réunies sur deux grands axes: la population et le pompier.

Quatre indicateurs de performance ont été ciblés: la productivité qui se veut liée à l'évaluation en continu des processus, la conformité notamment au schéma de couverture de risques, aux lois, aux normes et aux règlements, et finalement la sécurité du personnel et le climat de travail.

Les gestionnaires incendie d’aujourd’hui doivent tenir compte d’une société en constante évolution, dont les défis sont notamment l’évolution technologique, la pénurie de main-d’œuvre, le vieillissement de la population, le nombre croissant d’interventions, la santé et sécurité au travail (prévention du cancer) et finalement la conciliation travail-famille.

«Je suis arrivé ici comme pompier en 2005, chef de division en 2008, puis en 2010 à titre de directeur. Notre mission-valeur était adaptée à une autre époque et ne correspondait plus à notre réalité. Le temps était venu de se doter d'une vision commune sur la mission du SSIRDL, de centrer nos actions sur une ligne commune», souligne son directeur actuel, Éric Bérubé.

De façon concrète, un plan d’action a donc été élaboré et se décline en cinq priorités : exercer un fort leadership en matière de santé et sécurité au travail; œuvrer pour et avec le citoyen; relever les défis technologiques et environnementaux; le développement du personnel; une gestion rigoureuse et proactive.

LA CRAINTE DE «DÉRANGER»

C'est donc la base même du Service incendie qui a été revue. L'étincelle, sans mauvais jeu de mots, a été provoquée par l'incendie mortel du 16 janvier de la rue Delage. En plus de 10 ans de carrière à Rivière-du-Loup, c'était la première fois qu'Éric Bérubé était en fonction lors d'un décès lié à un feu. Il a voulu analyser et comprendre les facteurs qui ont mené au triste dénouement.

«La population est vieillissante. Chez les gens âgés, il y a ce désir de ne pas déranger. Autant les jeunes sont prompts à composer le 911, autant les ainés attendent... beaucoup trop longtemps. Ils sont entourés de technologies, mais ils ne savent pas toujours les utiliser adéquatement. Ils sont seuls et ils ont peur de déranger», explique le directeur.

La prévention ne se limitera donc plus aux écoles et aux plus jeunes. Un réseau comme celui de la FADOQ pourrait être mis à contribution. «Même les matériaux d’aujourd’hui brulent plus rapidement, on doit pouvoir les rejoindre et les informer.»

ÉVOLUTION

Éric Bérubé rappelle que la société évolue, que la conciliation travail-famille est une réalité avec laquelle le SSIRDL doit composer. «Et c’est normal, souligne le directeur. Nous voulons créer un sentiment d’appartenance, nous voulons conserver notre expertise et développer nos talents. C’est ainsi que nous plaçons l’humain au cœur de notre réussite. Nous allons mettre en place des mesures en ce sens. Former un nouveau pompier représente des frais de près de 15 000 $.»

Quant à la sécurité des pompiers, à l’heure où les nombreux cas de cancer et de surmortalité chez les pompiers inquiètent, la nouvelle caserne intègrera un SAS de décontamination à pression négative et une aire de repos protégée des «bunkers» (habillement de combat des pompiers) contaminés.

«C’est terminé la fierté du pompier tout sali, aujourd’hui on comprend mieux les risques. Le héros qu’on veut, ce n’est pas le pompier qui en meurt ou qui décède au combat, mais c’est le pompier qui rentre à la maison le soir après son intervention», lance M. Bérubé.

 

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