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8 mars 2018 - 06:58 | Mis à jour : 08:37

Journée internationale des femmes

8 mars : une place à prendre pour les femmes

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le 8 mars souligne partout dans le monde la Journée internationale des femmes. Cette année, l’évènement se déroule sous le thème «Féministe, tant qu’il le faudra». Certains pourraient être refroidis par ce terme, mais Annie Michaud, agente sociopolitique pour le Centre-Femmes du Grand-Portage, croit que la lutte contre les barrières qui limitent l’accès à l’égalité doit encore se poursuivre.

«Être féministe en 2018, ça veut dire qu’on est pour l’égalité de tous et qu’on souhaite vivre dans une société plus juste. Le terme fait parfois peur à certaines personnes, cela n’aide pas que les femmes. Par exemple, la demande des congés parentaux, ce sont les deux conjoints qui en bénéficient», ajoute Mme Michaud.

FEMMES ET POLITIQUE

Le milieu de la politique et des postes décisionnels est encore en grande partie occupé par des hommes au Bas-Saint-Laurent. Selon les données compilées par Lucie Brault, agente de développement à la Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent, 17 mairesses sont aux commandes de leur municipalité située au Bas-Saint-Laurent, soit 14,9%, dont 4 dans la MRC de Rivière-du-Loup.

Sur les 114 municipalités du Bas-Saint-Laurent, 38 ont élu un conseil paritaire, soit le tiers des municipalités, et 13 d’entre elles n’ont élu aucune femme, soit 11,4%. La mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vignet, est une de ces femmes élues aux dernières élections municipales. Elle siège par ailleurs sur le comité Femmes et gouvernances de l’Union des municipalités du Québec. «Il y a des possibilités pour les femmes en politique, et elles doivent se présenter. Je n’ai pas été capable d’en avoir sur mon conseil municipal et les femmes forment 50% de la population. C’est important qu’elles réalisent qu’elles ont une place à prendre (…) Je suis personnellement convaincue que je peux amener une réflexion différente concernant les familles, le milieu communautaire, les ainés. Il faut mettre ces réalités sur la table et les défendre», explique Mme Vignet. Elle souhaite par ailleurs trouver des moyens d’amener les femmes à s’impliquer en politique pendant son mandat.

D’AUTRES BARRIÈRES

Bien qu’adoptée en novembre 1996 par l’Assemblée nationale du Québec, l’application de la Loi sur l’équité salariale connait encore quelques lacunes, estime l’agente sociopolitique du Centre-Femmes du Grand-Portage, Annie Michaud. Cette loi exige que les entreprises d’au moins 10 salariés offrent un salaire égal pour un travail différent, mais équivalent.

Une étude publiée en avril 2017 par la chercheure de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, Marie-Pier Roberge, révélait par ailleurs que le salaire horaire des femmes se chiffre en moyenne à 22,74$ de l’heure, tandis que les hommes reçoivent en moyenne 25,67$.

«Même s’il est vrai qu’elles font des choix différenciés de ceux des hommes, les écarts salariaux entre les hommes et les femmes ayant fait les mêmes choix prouvent l’existence d’une discrimination systémique qui persiste sur le marché du travail québécois. Pour les femmes racisées, cette double discrimination entraine des salaires encore plus faibles», peut-on lire dans cette publication intitulée «Salaires inégaux, à qui la faute?». Cette différence s’explique aussi par la prise en charge par les femmes des responsabilités familiales et leur quantité de travail non rémunéré qui les oblige parfois à accepter des emplois à temps partiel leur permettant une plus grande flexibilité pour pouvoir concilier travail et vie de famille.

Les formes de violence comme le harcèlement, les agressions sexuelles ou les violences conjugales sont aussi des barrières qui limitent l’accès à l’égalité selon Annie Michaud, agente sociopolitique au Centre-Femmes du Grand-Portage.  «On ne peut pas dire que l’égalité est atteinte encore, c’est une idée fausse», conclut-elle.

Des activités variées sont par ailleurs organisées partout sur le territoire à l’occasion de la Journée des femmes du 8 mars par les Centres-Femmes du Grand-Portage et du Témiscouata. Plus d’informations sont d’ailleurs disponibles auprès de ces organismes.

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