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5 mars 2018 - 06:59

L’Alzheimer, ses contraintes et ses petits bonheurs

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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Claude Lizotte de Rivière-du-Loup a 74 ans, sa conjointe Francine Ouellet en a 73. Confrontés à la maladie d’Alzheimer, ils ont fait un choix difficile, tous les deux ensemble pendant qu’ils le pouvaient encore. Mme Ouellet habite depuis un an et demi dans une résidence pour ainés, tous les deux ont retrouvé le sourire.

«Nous avons fait une réflexion, Francine et moi, afin de trouver une solution basée sur de la recherche d’informations et sur ce qu’on voulait, nous», a expliqué M. Lizotte. «Nous avions deux objectifs. D’abord celui de la sécurité de Francine et la mienne (stress et fatigue). J’avais peur d’être malade, qui va s’occuper de Francine? Le deuxième objectif est de continuer à vivre et de retrouver le sourire. C’est ça qu’on oublie, on se renferme avec notre personne malade chez-nous», a témoigné l’homme.

LA MALADIE

Mme Ouellet et M. Lizotte ont donc convenu de faire cette démarche avant que d’autres personnes s’en chargent pour eux. Ç’a pris quatre ans et demi avant d’avoir un diagnostic d’Alzheimer. «Je ne reconnaissais plus ma femme, qu’est-ce qui se passe? Elle me chantait des bêtises, on ne s’était jamais chicané. Elle rentrait dans une espèce de bulle et elle était assise à côté de moi sans dire un mot pendant trois heures. Elle n’était plus capable de faire des messages. Elle mettait des affaires partout, on pouvait trouver des choses dans des garde-robes. Elle était soupçonneuse de tout. Elle a payé trois fois le même compte dans la même journée. Elle faisait la cuisine et elle a commencé à laisser bruler les choses qu’elle mettait par la suite dans la poubelle. De plus en plus, je n’étais pas capable de sortir, j’allais faire le marché le ventre à terre», se rappelle Claude Lizotte.

RETROUVER LE SOURIRE

Ce couple est marié depuis 51 ans. «C’est pas honteux cette maladie dégénérative, tu n’attends pas pour savoir ce que tu vas faire, tu en parle avec la personne malade. Je sais qu’elle est bien et de voir la complicité de Francine avec les gens qui sont là me réjouit. Elle est arrivée là les yeux éteints, elle s’est impliquée et elle a commencé à aider. Dans l’espace de deux mois j’ai retrouvé ma femme, ça l’a revivifié, lui a redonné la vie. Son médecin n’en revenait pas. On va encore voir nos amis, on est allé en Caroline du Sud l’été dernier» a expliqué Claude Lizotte.

Notez que malgré les changements dus à sa maladie, Francine Ouellet reconnait toujours son mari. M. Lizotte parle de petits bonheurs, dont celui de l’amener faire une balade en auto, ce qu’elle aimait beaucoup, et de manger à la Pointe. «J’ai la force pour le faire et j’apporte ma bonne humeur. Je me garde en forme pour elle et je vais la voir souvent», a-t-il mentionné.

TÉMOIGNAGE INSPIRANT

Ce témoignage inspirant, Claude Lizotte accepte de le partager avec les gens. Ce conjoint impliqué livrera d’ailleurs les grandes lignes de leur parcours dans la maladie d’Alzheimer le mercredi 14 mars à compter de 13 h 15 à la résidence Les Doux Souvenirs, 29, rue Plourde, Rivière-du-Loup. «Je veux être clair, je ne veux pas favoriser une résidence. Je souhaite simplement dire ce que j’ai vécu. Et c’est gratuit», a précisé l’homme.

Comprendre et accepter le changement, gérer le quotidien différemment, mieux vivre avec la maladie, reprendre le contrôle de la situation, l’amour ce précieux allié, des souvenirs qui demeurent doux, voilà quelques éléments de discussions que Claude Lizotte entend aborder.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Bravo Claude pour votre bonne décision. Je vous souhaite que du bonheur et longue vie à vous deux.
    Amitié Colette

    Colette Tremblay - 2018-03-05 11:03