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19 février 2018 - 15:49

Déclaration d’Aline Boucher, présidente démissionnaire du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent affilié à la FIQ, Aline Boucher, a récemment pris la décision de démissionner de son poste. Elle quitte avec «une grande fatigue et le sentiment du devoir non accompli». Voici sa déclaration publique qui s’adresse à la fois à ses collègues et à la population.

«Chers membres, collègues et amis,

Plusieurs d’entre vous ont été étonnées et m’ont questionnée à la suite de ma démission en tant que présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas Saint-Laurent.

Les derniers mois ont été éprouvants et extrêmement difficiles sur les plans personnel et professionnel. Suite à l’obtention de l’accréditation FIQ Bas-Saint-Laurent, représentant 2 200 membres, j’ai assumé le rôle de la vice-présidence du secteur ouest (Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata) et durant la période estivale je me suis vue attribuer le secteur est (Matane, Mont-Joli et la Matapédia) en plus du rôle de la présidence par intérim.

Le 22 novembre dernier, à la suite de la reprise de l’élection, des actes de diffamation, de harcèlement et d’intimidation ont été proférés à mon égard dans l’objectif de me discréditer et me faire baisser les bras. Heureusement, cela n’a pas été suffisant pour me décourager. Ça m’a plutôt gonflée à bloc! Vous m’avez élue une seconde fois et je vous en suis reconnaissante.

Je ne vous cacherai pas que la charge de travail était énorme, mais j’en étais consciente et déterminée à relever ce défi. Notre CISSS est souffrant et nos installations crient au secours. Je suis venue à votre rencontre membres et collègues. J’ai observé, écouté ce que vous aviez à partager et j’ai noté chaque détail, chaque réalité afin de les adresser dans mon plan d’actions. Parmi ces nombreuses observations, j’ai rapidement constaté que chaque région est unique et présente ses propres enjeux et besoins.

Le Kamouraska est tellement en surcharge de travail que les absences maladie se succèdent et sont en forte augmentation. Le Témiscouata, ce grand territoire, travaille d'arrachepied pour empêcher l’exode de ses infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes vers les grands centres et le Nouveau-Brunswick. Rivière-du-Loup demande de la stabilité, des horaires de travail garanti acceptables, la possibilité de se prévaloir de leurs congés annuels et fériés en période appropriée ainsi qu’une meilleure conciliation famille travail.

La région des Basques, en plus d’être composée d’équipes restreintes et en surcharge constante, ne dispose d’aucune équipe de remplacement pour prendre la relève. À Rimouski, notamment en CHSLD, les membres demandent des postes à temps complet et des ratios patient/soignante sécuritaire, afin de réduire la charge de travail et améliorer la stabilité des soins.

À Mont-Joli, 42 postes sont toujours en attente d’être affichés depuis plus de 2 ans et sont remplacés par des équipes volantes, ce qui affecte la continuité des soins et la stabilité des équipes. À Matane, le recrutement est difficile vu son éloignement géographique, les postes restent vacants, ce qui résulte en temps supplémentaire et en temps supplémentaire obligatoire. Les membres de la Matapédia, qu’ils proviennent de l’hôpital, du CHSLD ou du CLSC, sont en grande détresse en raison eux aussi, du temps supplémentaire récurrent et du temps supplémentaire obligatoire, en plus de la garde sur les centres d’activité 24/7. Cela n’est en rien réglé par la présence des agences privées, qui combinée au manque d’écoute de la part des chefs de service, est un non-respect envers les salariées.

La FIQ est consciente des besoins. Elle écoute, comprend et défend les intérêts des professionnelles en soins du Bas Saint-Laurent. J’aimerais vous remercier, conseillers de la FIQ, pour votre aide, le coaching que vous m’avez apporté durant les derniers mois et pour vos conseils judicieux. Merci au comité intermédiaire et aux agentes syndicales pour votre dévouement et votre implication. Vous êtes essentiels pour la défense des membres. Je souhaite une bonne continuité au comité exécutif, qu’il soit fidèle aux attentes et aux convictions des membres, qu’il reste disponible, qu’il agisse à titre de grand rassembleur et surtout, qu’il maintienne l’intégration des nouveaux membres en partageant les valeurs de la FIQ. Merci également à nos députés du Parti Québécois, M. Harold Lebel et M. Pascal Bérubé, qui ont contribué à faire résonner nos messages à l’Assemblée nationale.

Pour moi, ces 13 années de vie syndicale représentent une expérience politique incomparable, mais surtout des rencontres humaines inoubliables. Représenter les membres en parcourant notre belle région a été une fierté et un honneur. Je quitte toutefois avec une grande fatigue et le sentiment du devoir non accompli, avec un pincement au cœur de ne pas avoir mené à terme notre grand projet collectif. Les dernières semaines ont été très mouvementées et ponctuées de divergences d’opinions au sein du comité exécutif. Il est temps pour moi de prendre soin de ma famille et de mes amis que j’ai négligés depuis les dernières années.

Je nous souhaite de meilleures conditions de travail, des postes à temps complet pour toutes et des ratios patients/soignantes sécuritaires dans le respect et la dignité humaine.

Merci de m’avoir confié ce mandat extraordinaire.

Aline Boucher, fière d’être infirmière auxiliaire»

 

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