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7 février 2018 - 15:42

Le suicide chez les policiers : l'importance de briser les tabous

À l'occasion de la Semaine nationale de prévention du suicide, le Bureau du coroner ajoute sa voix à celles des partenaires œuvrant en prévention du suicide afin de rappeler l'importance d'ouvrir le dialogue sur ce sujet. Plus particulièrement, le Bureau du coroner tient à présenter les observations et les recommandations de deux coroners ayant investigué sur le suicide de policiers.   

Le coroner Dr Paul G. Dionne s'est penché sur la question lorsque, le 16 août 2017, une policière au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a mis fin à ses jours. Il souligne dans son rapport que la profession de policier implique de projeter une image « forte et en contrôle ». Les policiers qui vivent de la détresse psychologique peuvent avoir de la difficulté à demander de l'aide et à se montrer vulnérables de peur d'être stigmatisés. La lutte contre cette stigmatisation est essentielle afin de prévenir le suicide des policiers.

Au SPVM, le réseau de sentinelles veillant à dépister la détresse et à encourager le recours aux services d'aide est un outil de prévention fort utile. Le travail du SPVM en cette matière est « intéressant, dynamique et efficace », selon le Dr Dionne. C'est pour cette raison qu'il recommande à la Ville de Montréal d'élargir l'offre de formation aux policières et aux policiers qui souhaiteraient faire partie de ce réseau de sentinelles.

Il recommande aussi au ministère de la Sécurité publique de former un comité qui verrait à établir un plan national de prévention du suicide pour les policiers. Ce comité permettrait de mettre en commun les différentes expertises des corps policiers dans la gestion du risque suicidaire. Il estime enfin que les efforts de prévention et de sensibilisation du corps de police devraient être poursuivis et bonifiés.

Le coroner Dr Gilles Sainton a quant à lui enquêté sur le décès d'un policier de la Sûreté du Québec (SQ) survenu le 1er mai 2017. Dans son rapport, il rappelle que, comme pour le reste de la population, c'est souvent le cumul de différents problèmes et le vécu de certains événements qui amènent les policiers à poser un tel geste.

Dr Sainton constate qu'en plus des outils d'aide aux employés déjà disponibles, la SQ a mis sur pied un comité de travail sur la prévention du suicide en vue de l'élaboration d'un programme de prévention. Il souligne également la collaboration entre la SQ, l'Association québécoise de prévention du suicide et l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec.

Dans les deux situations, les coroners reconnaissent les efforts de prévention des corps policiers et les encouragent à poursuivre sur cette voie.

LE ROLE DES CORONERS EN CAS DE SUICIDE

Au Québec, tout décès survenant dans des circonstances violentes fait l'objet d'une investigation du coroner, qui a pour mandat d'éclaircir les causes probables et les circonstances du décès. Des centaines de Québécois décèdent par suicide chaque année, ce qui donne lieu à autant d'investigations des coroners.

Le suicide demeure un phénomène de mortalité complexe pour lequel de nombreux efforts de sensibilisation et de prévention sont déployés. Les coroners contribuent directement à la prévention des décès évitables en documentant les causes et les circonstances des décès et en rendant accessibles à divers intervenants leur banque de données et leurs archives. Par la formulation de recommandations visant une meilleure protection de la vie humaine, les coroners offrent aussi des pistes de solution aux enjeux qu'ils découvrent lors de leurs investigations.

Les personnes en détresse psychologique ainsi que leurs proches peuvent obtenir de l'aide en tout temps en composant le 1 866 APPELLE (277-3553).

Rappelons que les rapports des coroners sont des documents publics accessibles à quiconque en fait la demande auprès du Service des communications du Bureau du coroner à l'adresse communications@coroner.gouv.qc.ca.

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