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29 janvier 2018 - 06:59

Redonner le pouvoir à la région après lui avoir enlevé?

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, voit d’un bon œil la «Stratégie gouvernementale pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires 2018-2022», annoncée jeudi dernier à Rimouski, par les ministres Martin Coiteux et Jean D’Amour. Dans les circonstances, il ne peut cependant s’empêcher de questionner de nouveau la dissolution de la CRÉ du Bas-St-Laurent en 2015. 

Fruit d'une vaste consultation qui a permis à toutes les régions de déterminer leurs priorités, la nouvelle structure présentée par Québec n’est pas sans rappeler les défuntes Conférences régionales des élus (CRÉ). «Avec la nouvelle stratégie, ce sont les régions qui seront aux commandes!», a d’ailleurs lancé Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire.

Évidemment, le retour d’un certain pouvoir dans les régions ne peut que réjouir les différents acteurs de développement. «C’est positif, c’est certain. On le demande depuis longtemps que les fonctionnaires sortent de leur tour à Québec. C’est ce qu’on dénonce depuis quelques années déjà», déclare Michel Lagacé, qui était présent à Rimouski en marge de l’annonce.  

Dans les derniers mois, un comité directeur, formé de nombreux intervenants régionaux, s’est vu confier le mandat de déterminer ces fameuses priorités régionales avec lesquelles le gouvernement alignera ses actions futures. Parmi celles-ci, on souhaite entre autres des gestes pour l’attractivité de la région, pour un environnement sain et une vie de qualité, pour un entrepreneuriat et une main-d’œuvre dynamiques et diversifiés et pour la vitalité des communautés rurales. 

«Les six priorités sont intéressantes et pertinentes, mais à quelques différences près, ce sont les mêmes que celles ciblées par la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent en 2014. Ça veut dire qu’on faisait un bon travail, on avait bien campé les attentes.» 

Avec ces mots, Michel Lagacé est clair, la nouvelle annonce est appréciée, mais il persiste et signe : la CRÉ du Bas-St-Laurent, qui avait un rôle d’interlocuteur privilégié du gouvernement en matière de développement régional, n’aurait pas dû être dissoute. 

«On comprend que certaines CRÉ ne fonctionnaient pas, mais dans des régions qualifiées de ressources comme le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, par exemple, elles performaient. Elles répondaient aux besoins de constatation, mais surtout de mise en action», estime-t-il. 

Selon M. Lagacé, la CRÉ avait acquis ses lettres de noblesse et avait la capacité d’interpeler les ministères et les directions régionales. «Est-ce que le gouvernement a identifié qu’il n’aurait pas dû faire du mur à mur en abolissant l’ensemble des CRÉ et en ne regardant pas la possibilité de faire de façon différente dans certaines régions administratives?», se questionne-t-il?

«Assurément, il ne viendra pas dire qu’il a fait une erreur, mais c’est clair que ce choix-là [la Stratégie], ça ramène à l’avant la nécessité d’avoir des moyens pour soutenir des projets supra territoriaux.»

En point de presse à Rimouski, le ministre Coiteux s’est toutefois bien défendu de vouloir redonner aux régions ce que son gouvernement leur a retiré au tout début du mandat, faisant évidemment référence à l’abolition des CRÉ et des CLD en 2015. 

 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Le MAMROT est devenue le MAMOT puisque le R pour région a été enlevé/lègue de Pierre Moreau . Le budget des CLD a été grandement amputé; autour de 50% sans parler de l'abolition des CRÉ. Disparition du FSTD et du Fonds Mono Industriel. Voilà.





    Hervé - 2018-01-29 18:04
  • L'autonomie régionale est idyllique... Quand les grands centres regardent leur taxation, souvent ils contestent tant de support nécessaire aux régions. L'autonomie est la solution à long terme, que je n’avoue pas facile, mais la meilleure de toutes les pistes. L'emploi est assurément le premier grand jalon. Et en période électorale tout se promet, mais là où se trouve la majorité de l'électorat fait toujours pencher la balance suite à celles-ci. Il faut donc à mon humble avis cesser d'user du mot innovation et en faire preuve constante, Mr. Lagacé. Eh oui, moi aussi je crois en nos régions. Je vous appuie sur un retour d'une CRÉ qui verra à réellement bâtir notre futur commun.

    André Loiselle - 2018-01-29 16:40