Publicité
11 janvier 2018 - 06:59

Grève des paramédics

Le CISSS débourse près de 200 000$ pour le transport de son personnel

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Toutes les réactions 3

Les moyens de pression des ambulanciers représentés par la centrale syndicale CSN et la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ) continuent de déranger. Le refus de transporter le personnel médical au retour des transferts inter-établissements a couté 199 140 $ au CISSS du Bas-Saint-Laurent depuis le début de la grève générale, le 16 février 2017 au 9 janvier 2018.  

La CSN confirme que le moyen de pression visant à ne plus assurer le transport du personnel médical s’il n’accompagne pas un patient lors des transferts est exercé à l’intérieur des directives de la Loi sur les services essentiels dans le secteur de la santé. Il a été négocié avec l’employeur devant le Tribunal administratif du travail. Les paramédics ne remplissent plus les formulaires permettant aux entreprises de facturer les transports et ils ne ramènent plus le personnel médical accompagnant un patient sauf dans quelques circonstances exceptionnelles. Cette responsabilité incombe donc aux CISSS et engendre des frais supplémentaires.

«Nous avons le droit d’exercer ce moyen de pression puisqu’il ne représente pas un danger ou une menace pour la santé de la population», a complété le conseiller syndical Yannick Joyal de la CSN. 

Un poste budgétaire à part a donc été mis sur pied par le CISSS du Bas-Saint-Laurent afin de calculer toutes les sommes additionnelles provoquées par ce moyen de pression en particulier. Voici les couts des transports de retour du personnel médical par région pour le CISSS du Bas-Saint-Laurent, du 16 février 2017 au 9 janvier 2018 :

 

Kamouraska

166 $
Rivière-du-Loup 60 004 $
Témiscouata 21 282 $
Les Basques  7 832
Rimouski-Neigette 39 889$
La Mitis 2 314 $
La Matanie 27 387 $
La Matapédia  40 266 $
Source : CISSS du Bas-Saint-Laurent

La porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Lise Chabot, confirme que «pour le moment, c’est le CISSS qui assume le transport de son personnel vers ses établissements, même chose pour le matériel médical.»

Selon cette dernière, le remboursement des factures pourrait faire l’objet de discussions entre le ministère de la Santé et les compagnies ambulancières, dans le cas où le conflit se règlerait incessamment. Il est toutefois impossible de savoir qui paiera le montant final pour le moment.

De plus, Info Dimanche a appris que des infirmières à l’emploi du CISSS du Bas-Saint-Laurent ont dû faire des trajets de taxi de Québec à Rivière-du-Loup, défrayés par leur employeur, pour revenir à leur lieu de travail à la suite de transferts de patients. Les couts d’une telle course peuvent s’élever à environ 350 $.  

À noter que la CSN représente la Coopérative des paramédics du Témiscouata. Les techniciens ambulanciers de la Coopérative des paramédics du Grand-Portage, leurs collègues de Dessercom de Saint-Alexandre ainsi que Cambi de Trois-Pistoles sont représentés par la FPHQ.

Les conventions collectives de tous ces techniciens ambulanciers sont échues depuis le 31 mars 2015. Parmi les autres moyens de pressions appliqués par les différents syndicats sur le territoire, on note que les paramédics ne font plus le lavage extérieur des ambulances, sauf si requis pour assurer la sécurité du transport. Lorsqu’il n’y a pas de patient à l’intérieur du véhicule, les ambulanciers refusent de transporter les escortes médicales et les équipements, sauf à certaines exceptions. De plus, pendant la grève, les paramédics n’accueillent plus de stagiaires.

Les cinq priorités des 3 600 paramédics, répartiteurs, répartitrices et employés de soutien du préhospitalier représentés par la CSN concernent les salaires, la progression dans les échelles salariales, le régime de retraite, la santé-sécurité ainsi que le problème épineux de la surcharge de travail et l’abolition des horaires de travail de faction (disponibilité continue durant sept jours sur une période de 14 jours). Les demandes sont sensiblement les mêmes pour la FPHQ.

La Corporation des services d’ambulance du Québec (CSAQ), dont font partie les coopératives des paramédics du Grand-Portage et du Témiscouata, Dessercom Inc, les Services ambulanciers du Transcontinental et les Services ambulanciers Porlier entre autres, n’a toujours pas entériné officiellement d’entente de principe. Une rencontre est prévue à ce sujet le 13 janvier. Le 22 décembre 2017, une entente de principe avait été conclue avec une coalition d’entreprises ambulancières couvrant les régions de Longueuil, de la Montérégie, de l’Estrie et de la Capitale nationale. 

Publicité

Commentez cet article

Toutes vos réactions

3 réactionsCommentaire(s)
  • C'est facile de gaspiller quand ça sort pas de votre poche.
    Quand est-ce que les syndicats vont trouver des moyens de pression qui n'occasionnent pas des dépenses inutiles pour les payeurs de taxes ?

    VM - 2018-01-11 12:35
  • Il est tout autant scandaleux de voir des heures de travail qui mettent en danger les citoyens ayant besoin des services ambulanciers. Des délais déraisonnables qui jouent contre la vie de certaines personnes, des coupures dans le nombre de véhicules ambulanciers disponibles......Ça c'est scandaleux!!!

    Merci - 2018-01-11 11:48
  • Quel gaspillage de fonds publics. Vraiment scandaleux.

    aL - 2018-01-11 08:23