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10 janvier 2018 - 13:43

Droits compensateurs sur le papier journal : F.F. Soucy épargnée

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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Papiers White Birch, dont sa division F.F. Soucy à Rivière-du-Loup, est grandement épargnée par le Département du commerce des États-Unis dans sa décision d’imposer des droits compensateurs sur les exportations canadiennes de papier non couché mécanique.

Le pourcentage imposé à Papiers White Birch, qui a des usines à Gatineau, Québec et Rivière-du-Loup, est de l’ordre de 0,65 %. Papiers White Birch possède également une usine en Virginie aux États-Unis. Patrick Blouin, directeur d’usine pour la division F.F. Soucy de Rivière-du-Loup, a laissé savoir qu’il n’émettra pas de commentaires à cet effet pour le moment, le temps de bien analyser l’impact de cette décision.

Les autres usines situées dans la province de Québec produisant les papiers visés par la plainte de l’entreprise américaine North Pacific Paper Company (NORPAC) sont Produits forestiers Résolu (Alma, Amos, Baie-Comeau, Clermont et Gatineau) qui s’est vue imposer un pourcentage de 4,42 de même que la compagnie Kruger (Bromptonville et Trois-Rivières) avec des droits compensateurs de 9,93 %. Les exportations québécoises de papier non couché mécanique à destination des États-Unis représentent annuellement plus de 1 milliard de dollars.

La Catalyst Paper Corporation de la Colombie-Britannique est également durement touchée avec des droits compensateurs de 6,09 %, un taux comparable aux autres producteurs et exportateurs canadiens qui est en moyenne de 6,53 %. Le Canada est le plus important exportateur de papier journal dans le monde.

Rappelons que le 10 aout 2017, l’entreprise américaine NORPAC a déposé une plainte visant l’industrie canadienne du papier auprès du Département du commerce des États-Unis. L’entreprise a fait valoir que les papetières canadiennes sont soutenues par les gouvernements et vendent leurs produits aux États-Unis à un prix inférieur à la valeur du marché.

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«Cette décision nous déçoit énormément. Nous sommes très actifs dans ce dossier et poursuivons nos efforts, de concert avec l’industrie et le gouvernement fédéral, pour défendre notre industrie, nos travailleurs et nos communautés devant le Département du commerce des États-Unis et, si nécessaire, les instances internationales comme celles prévues à l’Accord de libre-échange nord-américain et à l’Organisation mondiale du commerce. L’industrie des pâtes et papiers est un secteur majeur de notre économie et le Québec doit préserver sa compétitivité. Le Québec est responsable d’environ 50 % des exportations canadiennes de ces types de papier vers les États-Unis», a commenté Dominique Anglade, vice-première ministre, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

«Cette décision va nuire à l’ensemble de l’industrie québécoise et entrainera possiblement des pertes d’emplois dans différentes régions du Québec. En effet, non seulement les entreprises visées seront affectées, mais également leur chaine d’approvisionnement qui est composée de manufacturiers Québécois», a indiqué Véronique Proulx, présidente directrice-générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).

«Alors que l’industrie forestière subit déjà les impacts de la baisse de la demande américaine pour ce type de papier et d’une énième crise sur le bois d’œuvre résineux, cette nouvelle décision protectionniste de l’administration américaine tombe au pire moment possible pour les régions forestières. Ottawa doit rapidement agir pour réaffirmer son soutien envers cette filière économique névralgique pour l’ensemble du Québec», a déclaré le président de l’UMQ et maire de Drummondville, Alexandre Cusson.

Unifor-Québec représente des milliers de membres dans l’industrie de la forêt et du bois dont des centaines directement touchés dans les usines de papiers journal chez Produits forestiers Résolu, Kruger et Papiers White Birch. «Après le bois d’œuvre, le papier surcalandré, la CSeries, voilà qu’on s’attaque au papier journal, ça n’a pas de sens que le gouvernement américain se prête ainsi au jeu de guerres commerciales», a commenté René Gagné, directeur québécois du syndicat Unifor.

«Cette taxe est totalement injustifiée et affectera directement les communautés forestières du Québec qui sont déjà aux prises avec la crise sur le bois d’œuvre. Nous demandons à Ottawa et à Québec d’intervenir rapidement afin de soutenir les entreprises touchées qui assurent la vitalité économique de nombreuses municipalités québécoises», a déclaré le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Richard Lehoux.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Pour votre information , l'usine de White Birch en Virgine (USA) est maintenant fermée et n'est plus en opération......(de source sûre).

    Pierre M. Drayaf - 2018-01-11 11:21