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17 décembre 2017 - 07:32

Nourrir sa communauté, 12 mois par année

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Pour certains, le temps des Fêtes est une période de réjouissance, où les valeurs familiales et la générosité prônent. Guignolées, collectes de fonds et dons aux plus démunis se succèdent en décembre pour venir en aide à ceux qui n’arrivent plus à se serrer la ceinture.

Le dépannage d’urgence au Carrefour d’initiatives populaires de Rivière-du-Loup a plus que doublé la semaine dernière, un fort indicateur des grands besoins lors de la période hivernale. «Normalement, nous pouvons faire environ 15 dépannages d’urgence par semaine. Nous en avons fait 36 la semaine passée. Nous entrons dans le gros de la saison présentement, et ça durera jusqu’au mois de mars», explique Amélie Guérette du Carrefour d’initiatives populaires de Rivière-du-Loup. Le dépannage alimentaire est offert à des personnes en insécurité alimentaire temporaire. Il est possible seulement une fois par mois, jusqu’à quatre fois par année.

C’est toutefois grâce à l’implication régulière d’environ 25 bénévoles que des petits miracles sont accomplis quotidiennement sur la rue Lafontaine à Rivière-du-Loup, et changent la vie de ceux qui fréquentent le Carrefour. Info Dimanche a rencontré une dizaine de ces personnes impliquées qui font la différence.

BÉNÉVOLES

Marjolaine St-Pierre est bénévole depuis 20 ans pour cet organisme communautaire. «J’ai commencé à l’ancienne Bouffe pop. Je m’ennuyais seule chez nous, ça me fait une sortie, j’aide les gens et j’aime bien mon travail. Je voulais aider les gens et leur donner un coup de main», souligne-t-elle. Au fil du temps, elle s’y est fait des amis et y a trouvé sa vocation. Elle est passée par tous les postes, et maintenant elle prend plaisir à conduire le camion qui sert à transporter les aliments pour le comptoir de récupération alimentaire.

L’implication citoyenne de Guylaine Beaulieu a commencé il y a deux ans. Elle s’occupe de la caisse enregistreuse. «J’ai des contraintes sévères à l’emploi alors venir ici me garde active. Je vois un paquet de monde que je ne verrais pas si je restais chez moi. C’était la suite logique de mon cheminement. Il faut que ça balance !», raconte-t-elle.

De son côté, Flore D’Auteuil fait partie des cuisines collectives du Carrefour, une autre branche de services de l’organisme communautaire. «On ne le dit pas assez, mais c’est ouvert à tout le monde. On se fait du plaisir, on travaille fort. Il faut calculer les couts par portions, les quantités, c’est ma force», ajoute-t-elle. Elle est accompagnée par Louise Fournier, Normande Dumont et quelques autres bénévoles pour les corvées de nourriture et la production en grandes quantités. Elles peuvent faire 140 pâtés au poulet avec une même recette qu’elles se partageront à la fin de la journée. Elles mettent en commun à la fois leur temps, leur argent et leur expertise.

«Je m’implique parce que le Carrefour, il ne faut pas que ça tombe. Ça aide beaucoup parce que ça permet à certains de pouvoir recevoir leur famille sans trop de difficultés dans le temps des Fêtes (…) C’est un partage de temps, de connaissances. On apprend de tout le monde. Ça nous donne de l’autonomie et nous apporte le côté social également», explique Louise Fournier. Cette dernière a commencé son implication alors qu’elle était à l’emploi de la commission scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup et a décidé de la poursuivre plus activement à sa retraite.

«J’avais beaucoup de temps libre. Je suis mariée et après que mes enfants soient partis, j’avais un vide à combler, une amie m’a sollicitée pour m’impliquer au Carrefour. J’ai réalisé que ce n’était pas seulement pour les personnes démunies et j’ai trouvé ma place. On donne de notre temps, et on reçoit de l’amour des gens aussi. J’y ai trouvé des amis et une famille. C’est un bel enseignement et un partage», complète Normande Dumont.

BRISER L’ISOLEMENT

Certaines des personnes qui ont déjà eu recours aux services du Carrefour d’initiatives populaires de Rivière-du-Loup lors d’une période difficile dans leur vie s’impliquent maintenant en tant que bénévoles pour l’organisme, selon la directrice par intérim Karine Jean. «Ils ont besoin de redonner, ils ont beaucoup de gratitude. Briser l’isolement est aussi un facteur majeur de l’implication. Ça fait qu’ils ont le gout de se lever le matin pour faire la différence. On ne pourrait tout simplement pas exister sans les bénévoles. On a le pouvoir de changer les choses. Une fois que les gens ont mangé, ils voient plus clair.»

Amélie Guérette du Carrefour souligne que l’organisme vient en aide à des personnes de toutes les classes sociales comme des jeunes familles, des étudiants et qu’il est ouvert à tous, malgré les idées préconçues.

«J’ai pris ma retraite après une longue carrière dans le réseau de la santé aux ressources humaines. Je m’étais dit que plus tard, je voulais donner au suivant. J’ai travaillé sur un plan de développement stratégique pour le Carrefour. J’ai décidé de me servir de mes connaissances pour faire grandir l’organisme, sans que cela ne coute trop cher. On vient favoriser l’inclusion sociale des gens avec des activités favorisant les rencontres», souligne le président du conseil d’administration du Carrefour d’initiatives populaires, Daniel Lévesque.

Pour ceux qui donnent de leur temps aux organismes communautaires, la générosité ne s’exprime pas seulement lors du temps des Fêtes, mais bien toute l’année durant, pour certains depuis une vingtaine d’années. «Ça sauve la vie, carrément. Ça nous tient debout de voir la joie sur le visage des gens», conclut la bénévole Marie-Ève Beaulieu.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Félicitations pour votre beau travail

    Victoire - 2017-12-20 17:54