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2 novembre 2017 - 15:20 | Mis à jour : 16:21

Découverture au bloc opératoire de Notre-Dame-du-Lac dès décembre

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Dès le mois prochain, le bloc opératoire de l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac pourrait être fermé en raison d'un manque de chirurgiens, a confirmé ce jeudi 2 novembre, le CISSS du Bas-Saint-Laurent. La situation pourrait s’éterniser au moins six mois, estime-t-on. 

À l’instar de l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima (Kamouraska) et son manque d’anesthésistes, voilà que l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac est aussi aux prises avec une découverture médicale puisque les deux chirurgiennes présentement en poste doivent s’absenter. L’une quittera la région définitivement alors que l’autre prendra bientôt un congé de maternité. 

«C’est effectivement une coïncidence fâcheuse, mais nous n’avons pas de contrôle là-dessus. Maintenant, il y a une rupture de services à gérer et des actions ont été entreprises rapidement. Des discussions ont aussi été entamées avec d’autres hôpitaux du territoire», souligne le Dr Jean-Christophe Carvalho, directeur des services professionnels au CISSS. 

Le Centre intégré de santé et de service sociaux du Bas-Saint-Laurent est au courant depuis le début de l’été que le bloc opératoire du Témiscouata pourrait être à découvert dès le mois de décembre. Les démarches entreprises se poursuivent toujours, mais elles ont été sans succès jusqu’ici. Malheureusement, il est maintenant minuit moins une. 

«Les chirurgiennes nous ont avisés de leur départ dans un temps tout à fait raisonnable. Mais dans les circonstances actuelles et avec les difficultés qu'on a à trouver des médecins prêts pour le dépannage, est-ce que c’est suffisant? Je vous mentirais si je vous répondais que oui. Cette situation n’est cependant pas du tout de leur faute.»

Le congé de maternité accordé est d’une période de six mois, alors la découverture pourrait se prolonger jusqu’en juin 2018. L’objectif est néanmoins de trouver des chirurgiens disponibles pour combler certaines semaines. Il faudra aussi prévoir l’embauche d’un nouveau spécialiste pour remplacer le départ. «Encore aujourd’hui, des lettres ont été envoyées. On tente d’établir des partenariats», assure le Dr Carvalho.

La situation pourrait être problématique pour les patient(es) qui auraient besoin d'une chirurgie dans un délai très très court ou d'une césarienne d'urgence, par exemple, mais ces cas restent assez rares au Témiscouata, souligne le directeur. Les patients du Témiscouata devront donc être redirigés par des corridors d'urgence vers les hôpitaux de Rivière-du-Loup ou même Edmundston, tout comme c’était le cas par le passé lors de précédentes découvertures.

Reste que les chirurgiennes avaient de longues listes d’attente en poste et que leurs patients ne pourront pas bénéficier d’un suivi personnalisé advenant une complication. En entrevue à Radio-Canada, la chirurgienne Émilie Desrosiers a d’ailleurs émis quelques inquiétudes à ce sujet.

NOUVELLES RÈGLES 

Selon le Dr Jean-Christophe Carvalho, le recrutement de spécialistes pour les dépannages au niveau médical, c’est-à-dire qu’un médecin d’un milieu peut venir en supporter un autre de façon temporaire, est compliqué par les règles qui ont été resserrées sous le ministre de la Santé Gaétan Barrette. Cette situation fait en sorte qu’un médecin doit avoir un poste ailleurs pour pouvoir dépanner. L’option d’un médecin retraité n’est plus possible comme c’était le cas auparavant. 

Dans le passé, ces règles étaient plus souples, appliquées avec plus de latitude, dans les petits hôpitaux afin d'éviter les découvertures. 

 

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