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4 novembre 2017 - 06:59

Ils marchent 2 500 kilomètres à travers l’Europe

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Des bottes usées à la corde, des souvenirs plein la tête et surtout, leur projet de vie réalisé, Gilles Fraser et Maryse Dickner ont raconté leur périple d’environ 2 500 kilomètres à pied qui les a menés de Canterbury en Angleterre jusqu’à Rome en Italie, en passant par la France et la Suisse. Une marche de trois mois, du 2 juillet au 15 octobre, où l’adaptation constante et la conscience du moment présent ont prouvé toute leur importance.

Leurs préparatifs, qui ont duré environ un an, ont porté fruits. L’état physique et mental des deux pèlerins est demeuré fort tout au long des trois mois qu’a duré cette grande aventure.

«Il n’y avait pas beaucoup de pèlerins. La Via Francigena est plus populaire au printemps, au temps de l’année où nous l’avons fait, les gens trouvent que c’est trop chaud», explique Gilles Fraser.

Les deux amateurs de plein air ont vécu ni plus ni moins qu’en nomade pendant tout ce périple, étant hébergés dans des refuges pour pèlerins ou dans des hébergements de l’habitant dispersés tout le long de leur route. «Tu es loin de chez vous pendant trois mois. On changeait de lit, de nourriture et d’eau à tous les jours. C’était une adaptation constante. L’important est de vivre le moment présent», raconte Maryse Dickner. Elle ajoute : «À chaque pas, tout était nouveau, on ne savait jamais ce qu’il y avait devant nous. C’était d’une beauté incroyable. En France, nous avons traversé des champs de moutarde à perte de vue et le sentier passait en plein milieu.»

Les deux marcheurs retiennent surtout la générosité et la bonté des personnes qu’ils ont croisées sur leur chemin. «C’est gros pour eux ce qu’on fait. Parfois, le chemin passait dans la cour arrière des habitants. Ils nous interpelaient pour qu’on aille prendre un café avec eux. Il fallait prendre le temps de s’arrêter. Il y avait tellement de respect. Nous avons été accueillis par des vrais gens de cœur. Ça nous a permis de comprendre la bonté des gens et du peuple. Certaines personnes ne nous croyaient pas quand on leur disait qu’on arrivait de Canterbury et qu’on se rendait à Rome. On a rencontré des voyageurs de partout, des Australiens, des Allemands, des Russes, des gens de l’Équateur, parfois on s’exprimait en italien pour finalement se rendre compte qu’on avait affaire à un Français», constate Mme Dickner. Les barrières culturelles tombent vite lorsque chacun met des efforts pour arriver à communiquer.

Comme il s’agit d’un chemin de pèlerinage qui est encore jeune (il a été balisé au début des années 2000), il ne possède pas la même notoriété que le chemin de Compostelle. Les balises étaient parfois difficiles à voir à travers la végétation. «Les indications n’étaient pas uniformes, alors c’était plus ardu de retrouver notre chemin. Il a fallu parfois revenir sur nos pas, parfois après avoir parcouru quelques kilomètres à pied».

Les deux pèlerins sortaient parfois du sentier pour aller parler avec des travailleurs qui récoltaient les vignes, échanger sur l’agriculture et en apprendre plus sur la région. «Les enfants qu’on croisait voyaient nos sacs à dos et nous accompagnaient jusqu’au gite en nous posant des questions sur notre voyage. Ils étaient très curieux», se souvient Gilles Fraser.

«On marchait sur des routes, à des endroits qui ont plus de 2 000 ans d’histoire et ça se ressentait. On a vu plein de cimetières qui témoignent des horreurs de la guerre, dont un en Normandie qui comptait plus de 3 000 tombes. C’était à perte de vue. Ça a duré pendant quelques jours à pied, et c’est venu nous chercher.» Ces moments plus difficiles étaient aussi accompagnés d’instants inspirants et d’une grande beauté, lors de leurs visites de cathédrales, basiliques et lieux de culte plus grandioses les uns que les autres.

«Nous avons assisté aux vêpres chantées et demandé la bénédiction à Canterbury avant de commencer notre voyage. Le prêtre a vraiment pris son temps avec nous. Quand nous sommes partis nous étions tellement émus qu’on ne pouvait plus parler.»

Gilles Fraser et Maryse Dickner prouvent ainsi à tous qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves. Ils continueront encore à marcher en plein air, une réelle passion pour eux, mais prendront quelques moments aussi pour digérer et assimiler toute cette grande aventure. 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Félicitations à vous 2, J'aurais tellement aimer vivre votre expérience, à votre âge, maintenant c'est trop tard, 68 ans, on ne fait plus cela. Même, si j'aurais voulu faire la même chose, les ou mes parents, dans ce temps-là ne nous aurait pas permis, de faire ce périple, contente pour vous 2

    Victoire - 2017-11-04 22:38