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13 août 2017 - 06:57

L’importance de Louis Thomas et des Malécites reconnue par le Canada

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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L’évènement Deux nations une fête de Cacouna a une signification toute particulière cette année puisque non seulement le site a été déplacé en bordure du fleuve Saint-Laurent, et deux plaques commémoratives soulignant l’importance historique de Louis Thomas et de l’établissement des Malécites à Viger ont été dévoilées par le gouvernement du Canada.

Le grand chef de la Première Nation Malécite de Viger Jean Tremblay a par ailleurs souligné la grande collaboration avec la Municipalité de Cacouna pour l’organisation de cette fête. Les deux plaques ont été présentées par Parcs Canada pour l’occasion. La première souligne l’apport de Louis Thomas pour les Malécites. 

«Chef malécite, Louis Thomas fut à l’origine de la sédentarisation de son peuple dans le Bas-Saint-Laurent. En 1826, avec son frère Joseph et au nom de 96 personnes résidant à la rivière Saint-Jean, il présenta une requête aux autorités du Bas-Canada, demandant des terres à titre collectif dans le canton Viger, ce qui lui fut accordé par le gouverneur lord Dalhousie. Grand Chef à partir de 1841, Louis Thomas exprima, par de nombreuses pétitions, son attachement à Viger et sa détermination à faire valoir les droits des Malécites»

Nicole Aubin, sage de la Première Nation Malécite de Viger et descendante de Louis Thomas, a tenu à rappeler que les premières terres occupées par les Malécites à l’époque se trouvaient à L’Isle-Verte et Saint-Épiphane, vers 1826. Ce n’est que plus tard que la réserve de Cacouna (1891) et le territoire de Whitworth (1875) ont été créés.

Le texte présent sur la deuxième plaque soulève certains questionnements à Johanne Aubin, descendante de Louis Thomas et fille du premier Grand Chef élu en 1987, Jean-Marie Aubin. «Je suis mitigée, la première commémore sa vision, je la partage entièrement. La deuxième me frappe un peu. On parle de la rétrocession des terres, ce n’est pas tout à fait exact, mais c’est tout de même positif comme reconnaissance», exprime-t-elle.

«À la suite de l’établissement de nombreux Loyalistes, des Malécites de la rivière Saint-Jean présentèrent en 1826 une pétition aux autorités du Bas-Canada en vue d’obtenir des terres réservées à leur usage. Le gouvernement leur octroya alors, à titre collectif, une concession située aux confins de leur territoire de chasse, dans le canton de Viger. Première concession accordée au Bas-Canada en vertu de la politique naissance de sédentarisation des Autochtones elle fut un précurseur des réserves indiennes qui virent le jour dans cette province en 1853. Ces terres furent rétrocédées à la Couronne en 1869 et vendues en 1870».

Les colons avaient alors demandé la rétrocession des terres de Viger au gouvernement pour pouvoir les défricher et les utiliser à leur plein potentiel.

Près de 800 Malécites vivent sur le territoire québécois. Ils ont été reconnus comme la 11e nation autochtone du Québec en 1989. Deux nations une fête est une occasion de créer des liens entre autochtones et non autochtones dans une ambiance festive. Les visiteurs peuvent assister à des danses et chants traditionnels, visiter des kiosques d’artistes autochtones et d’artisans de la région. La fête se poursuivra le 13 aout de 12 h à 17 h au pied de la pente de la rue du Quai.

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  • Quelques paragraphes se dédoublent

    Gaston Pelletier - 2017-08-14 06:57