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15 juillet 2017 - 07:32

La tordeuse des bourgeons de l’épinette en migration dans la région

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Elle est déjà bien présente en Gaspésie, dans l’est du Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, la tordeuse des bourgeons de l’épinette migre maintenant activement vers nos territoires boisés. L’insecte est en progression du Kamouraska à Trois-Pistoles, et tranquillement, vers le Témiscouata.

C’est grâce à la migration que la tordeuse se déplace pour atteindre de nouveaux peuplements d’arbres et s’y installer. Le stade adulte de l’insecte, un papillon blanc, transporte avec lui des œufs qui écloront bientôt, si ce n’est pas déjà fait. Au printemps, les chenilles se nourriront des bourgeons et du feuillage. Ils feront des dommages.

«La migration est très importante pour la progression de l’épidémie. Pour nous, c’est évidemment une façon d’avoir une bonne idée de leurs déplacements, près d’un an à l’avance. D’année en année, leur nombre progresse, tout comme l’étendue du territoire infecté», explique Jacques Régnière, chercheur scientifique en dynamique des populations d’insectes au Centre de foresterie des Laurentides de RNCan.

L’an dernier, vers la fin juillet, Environnement Canada avait d’ailleurs réussi à capter, à l’aide de radars spécialisés, des nuages géants de papillons blancs. Le rapport qui en découlait n’avait rien de rassurant, puisqu’on y décrivait ces masses de papillons comme l’image des précipitations de neige.

«Nous pourrons assurément visualiser un phénomène semblable cette année. Afin de suivre la progression de l’épidémie, nous utilisons des radars et effectuons la modélisation de prévisions grâce à la météo, le vent, la température, etc. Il y a aussi du travail réalisé sur le terrain.»

ÉPIDÉMIE AU KRTB                    

Depuis le début de la crise actuelle, vers 2006, le KRTB a plutôt été épargné comparativement à l’est du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la Côte-Nord. Cela dit, les prochaines années semblent plus sombres, puisque la tordeuse gagne du terrain chez nous.

«La population est en croissance dans l’ouest de votre territoire. Selon les rapports que nous avons de l’an dernier, on note une défoliation légère due à la présence de la tordeuse des bourgeons de l’épinette de Trois-Pistoles jusqu’au Kamouraska sur une bande de 20 kilomètres à partir du fleuve. L’an dernier, nos relevés n’indiquaient rien pour le Témiscouata, mais cela va se développer», a décrit le chercheur.

Une fois bien installée en bordure du fleuve, la migration de la tordeuse sera portée par le vent dans le corridor entre le Kamouraska et le lac Témiscouata. «Tranquillement, mais sûrement, la tordeuse s’y rendra. Le risque est de plus en plus élevé, ce n’est qu’une question de temps», constate M. Régnière.

Notons que l’épidémie peut s’étendre de quelques dizaines de kilomètres par année.

L’INSECTE LE PLUS DESTRUCTEUR

La tordeuse des bourgeons de l’épinette est l'insecte le plus destructeur des peuplements de conifères de l'Amérique du Nord. Elle revient à tous les 30 à 40 ans. La dernière infection a lâché en 1990 autour de Rivière-du-Loup. On dit la tordeuse des bougeons de l’épinette, mais on devrait plutôt l’appeler tordeuse du sapin, qui va mourir plus facilement.

Dans une épidémie sévère, il y a 80% de mortalité des tiges du sapin et 50% de l’épinette blanche. On parle d’une défoliation complète en 4 ou 5 ans. Une fois l’épidémie commencée, rien ne peut l’arrêter. Selon les rapports de 2016, elle avait infecté plus de 7 millions d’hectares sur le territoire québécois.

 

 

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