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29 juin 2017 - 06:53 | Mis à jour : 4 juillet 2017 - 10:40

Un Louperivois aux trousses des cellules cancéreuses

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

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Le nom du Louperivois Frédéric Leblond ne vous est peut-être pas familier, mais dans le domaine de la recherche médicale, il est sur toutes les lèvres. C’est que le chercheur, professeur en génie physique à Polytechnique Montréal, a conçu une sonde optique permettant de littéralement traquer les cellules cancéreuses, rien de moins.

La sonde, développée avec son partenaire, le Dr Kevin Petrecca (neurochirurgien), repère les cellules cancéreuses lors des chirurgies avec une sensibilité de 100 %. C’est une avancée majeure dans la lutte au cancer et surtout dans la résurgence des cancers déjà traités comme ceux du cerveau ou de la prostate.

La publication de l’étude par Cancer Research, dont le Louperivois est l’un des auteurs, souligne que dans le cas de cancers du cerveau, des poumons, du côlon et de la peau, l‘instrument permet de déceler pendant une chirurgie avec une précision de 97%, une sensibilité de 100 % et une spécificité de 93%, les cellules cancéreuses. Un score exceptionnel.

SONDE

L’instrument, couplé à une intelligence artificielle, qui est à peine plus gros qu’un stylo est doté d’une caméra sensible. La sonde optique utilise la technologie laser pour mesurer la lumière dispersée par les molécules permettant aux chirurgiens de détecter, via un savant algorithme, les cellules cancéreuses intensives à leur façon de réagir à cette lumière, et ce, pratiquement en temps réel.

«Les techniques actuelles existantes comme l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) ne sont pas suffisamment rapides, spécifiques et sensibles pour pouvoir détecter de très faibles densités. Notre technologie oui. En identifiant toutes les cellules cancéreuses, on s’assure de ne rien laisser derrière», résume Frédéric Leblond.

Trop souvent, il est impossible de distinguer visuellement les mauvaises cellules des cellules normales, notamment dans le cerveau, d’où la persistance fréquente de cellules cancéreuses invasives après l’opération. L’identification de ces cellules pourrait donc contribuer à grandement réduire le risque de récidive et de récurrence de certains cancers. Le travail de Frédéric Leblond et de Kevin Petrecca soulève donc un vif intérêt au sein de la communauté médicale.

ENGOUEMENT ET COMMERCIALISATION

La publication de l’étude et sa médiatisation mercredi matin via le reportage du journaliste Mathieu Perreault de La Presse + n’a pas été sans incidence sur le quotidien du chercheur originaire du KRTB. «C’est complètement fou. On m’appelle de partout. C’est une grosse journée, c’est assez hallucinant cette masse médiatique.»

Frédéric Leblond et Kevin Petrecca ont fondé l’entreprise ODS Medical en 2015 alors que leurs travaux de recherches ont débuté dès 2012. Ils sont convaincus du potentiel commercial de leur travail. À terme, l’entreprise souhaite vendre sa sonde dans les hôpitaux.

À court terme, d’ici l'approbation par la Food and Drug Administration (FDA) américaine, des essais cliniques, des brevets en vue de la commercialisation, l’équipe d’ODS Medical travaillera à l’intégration de la sonde à un robot médical.

À la base prévue pour le domaine de l’oncologie, Frédéric Leblond voit maintenant le fruit de son travail s’étendre à d’autres traitements du cancer. Qui sait le nombre de patients qui pourront augmenter leur espérance de vie ou même être sauvés grâce à cette sonde.

RIVIÈRE-DU-LOUP

Originaire de Rivière-du-Loup, Frédéric Leblond est aujourd’hui âgé de 43 ans. S’il garde d’excellents souvenirs de sa région natale, il s’excuse presque de ne pas y être plus présent. «Avec les responsabilités et le travail, c’est beaucoup plus eux (la famille) qui viennent me voir ici à Montréal.»

Professeur associé au département de génie physique à Polytechnique Montréal, chef au Laboratoire de Radiologie Optique (LRO), chercheur régulier au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal et professeur adjoint au Dartmouth College, le chercheur est titulaire d’un baccalauréat en génie de Polytechnique, d’un doctorat en physique de l’université McGill et d’un postdoctorat de l’université de Chicago. «C’est beaucoup l’optique qui m’intéresse et qui a guidé mes travaux.»

Malgré ces hauts faits d’armes et nombreux diplômes, il n’a pas oublié ses années d’études au Collège Notre-Dame. «Le Collège représente une étape déterminante. C’est une construction très importante dans mon cheminement. J’y retiens oui la rigueur, mais aussi le sport dont le badminton qui était très présent et les enseignants en science qui ont su éveiller et transmettre leur passion.»

Si l’ancien élève n’a pas oublié son ancienne maison d’éducation, le sentiment de fierté est réciproque. Le 22 mai 2016, le Collège Notre-Dame a rendu hommage à ses anciens à l’occasion de ses traditionnelles retrouvailles quinquennales. Frédéric Leblond figurait parmi les cinq diplômés émérites... avec raison.

 

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4 réactionsCommentaire(s)
  • Avec un(e) Nord Américain sur deux qui va être touché par le
    cancer, c'est rassurant...

    Sauf que ce seront encore et toujours les mieux nantis et avec
    les bons contacts qui vont en profiter.

    La grande faucheuse - 2017-07-02 19:25
  • bravo, reste à savoir si la RAMQ vont authoriser le tout et sur quels patients... Ils viennent de me refuser un médicament, probablement trop dispendieux pour un simple citoyen!

    roch rioux - 2017-06-29 15:31
  • Merci pour l'information François. Content de le savoir surtout que Daniel est un confrère de travail.

    René Lapointe - 2017-06-29 12:21
  • C'est toujours plaisant de voir un p'tit gars d'ici réussir aussi bien et nous en sommes très fiers.
    Permettez moi de mentionner que Frédéric est le fils de Maryse Rioux et de
    Daniel Leblond (facteur) de Rivière-du-Loup.

    François D'Amours Centre HI-FI - 2017-06-29 09:24