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17 avril 2017 - 06:15

ALENA : une demande pour exclure la gestion de l'offre et le secteur laitier

Lors de leur assemblée générale annuelle, les Producteurs de lait du Québec ont demandé au gouvernement fédéral d'exclure le secteur laitier et la gestion de l'offre de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain, comme le gouvernement de l'époque l'avait obtenu dans l'entente signée en 1994.

«Le gouvernement canadien doit se tenir debout devant les États-Unis pour préserver intégralement la gestion de l'offre et refuser toutes concessions d'accès supplémentaires à notre marché et toutes réductions tarifaires lors de la renégociation sur l'ALENA», a déclaré le président Bruno Letendre, en précisant du même souffle qu'il offrait comme toujours son entière collaboration aux politiciens canadiens pour atteindre cet objectif.

Avec les termes actuels de l'ALENA, les États-Unis bénéficient déjà d'une ouverture au marché laitier canadien, a rappelé M. Letendre. En effet, sur les 234 000 tonnes de produits laitiers importés au pays en 2016, les trois quarts provenaient des États-Unis, ce qui en fait le plus important exportateur de produits laitiers vers le Canada. «L'ALENA n'a pas empêché la croissance du commerce de produits laitiers entre les États-Unis et le Canada», a affirmé le président Bruno Letendre qui est aussi producteur de lait en Estrie.

Le Canada, qui importe plus de 8 % de sa consommation de produits laitiers, a un marché bien plus ouvert que celui des États-Unis qui en importent moins de 2 %. Il n'est donc pas question pour les Producteurs de lait du Québec de céder encore du terrain aux États-Unis, après les concessions faites aux Européens avec l'Accord économique et commercial global (AECG).

D'ailleurs, avec cette entente commerciale qui devrait entrer en vigueur au cours de l'année, les producteurs de lait ont demandé au gouvernement de dévoiler sans tarder les modalités du programme de 250 M$ sur cinq ans pour la modernisation des entreprises laitières canadiennes, annoncé il y a près de six mois. Aussi, le président des Producteurs de lait du Québec a réclamé à Ottawa «une seconde phase de soutien aux producteurs qui serait plus juste par rapport aux dommages permanents subis, c'est-à-dire un programme de compensation équitable pour indemniser les hommes et les femmes qui vont perdre du travail et des revenus à la suite de l'entrée en vigueur de l'AECG.»

Enfin, le président a réitéré l'importance de la gestion de l'offre, un modèle économique et légitime qui permet, selon lui, à l'ensemble de l'industrie laitière de contribuer à la croissance de l'économie et à la création d'emplois. «Avec la gestion de l'offre, les consommateurs obtiennent une source locale de lait et de produits laitiers de grande qualité à prix juste, les gouvernements fédéral et provincial reçoivent 1,3 milliard de dollars en taxes et impôts du secteur laitier québécois, les contribuables n'ont pas à verser de leurs poches pour soutenir les revenus des producteurs, les transformateurs profitent d'approvisionnements stables et prévisibles et les producteurs reçoivent un prix décent pour leur travail», a conclu M. Letendre.

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