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24 mars 2017 - 06:55 | Mis à jour : 08:32

Coupable ou non ?

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Coupable ou non coupable ? C’est ce que les élèves de la classe de 5e année de l’enseignant Frédéric Léveillé de l’école internationale Saint-François-Xavier ont dû se demander après une simulation de procès de près d’une heure au palais de justice de Rivière-du-Loup le 16 mars.

Tout était en place pour permettre aux enfants de vivre une expérience très près de la réalité, pour le point culminant de ces ateliers d’enrichissement juridique. L’agent Dave Ouellet, coordonnateur local des relations communautaires de la Sûreté du Québec s’est déplacé afin de surveiller l’accusé temporaire lors du procès. Les parents ont aussi joué le rôle du public dans la salle de cour, et deux constables spéciaux se sont occupés de superviser les opérations.

Sous la forme d’une pièce de théâtre, les jeunes ont présenté l’histoire d’un étudiant au secondaire accusé de port d’une arme dans un dessein dangereux et de port d’une arme dissimulée, avec en trame de fond, une dynamique d’intimidation à laquelle il souhaite mettre fin. L’accusé se défend en affirmant que c’est son cousin qui a inséré l’arme dans son sac à dos à son insu, alors que la Couronne affirme qu’il aurait dû la voir en l’ouvrant puisque ses livres d’école s’y trouvaient aussi. Les huit membres du jury et élèves de la classe ont donc du délibérer et rendre leur décision. «C’était vraiment difficile de décider», ont-il admis, après une vingtaine de minutes à délibérer. L’accusé a été déclaré coupable sur le premier chef, et non coupable sur le deuxième.

Le professeur de 5e année Frédéric Léveillé est tout simplement ravi de la réponse de ses élèves au projet. «C’est la conscientisation des conséquences de nos gestes, de faire des bons choix. Les élèves reconnaissent que le système de justice est là pour les protéger et pour leur permettre de les influencer positivement», explique-t-il, au terme du point culminant des ateliers. M. Léveillé s’est dit impressionné de leur attitude et de leur réceptivité tout au long du projet.«Je me disais que c’était peut-être un sujet aride, difficile à comprendre en raison des termes et de la complexité du système judiciaire. Étonnamment, j’ai trouvé que les jeunes étaient extrêmement allumés et comprenaient vite, j’ai été épaté de leur compréhension.» Il souhaite que cette initiative soit renouvelée pour l’an prochain et n’y voit que du positif.

Pendant 17 semaines, les procureures Annie Landreville, Geneviève Blouin et Pascale Gaudette ont rencontré les élèves de 5e année de l’école internationale Saint-François-Xavier dans le cadre du «projet LEAD», mis en place par le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Cette initiative est unique dans l’Est du Québec. Les professeurs Frédéric Léveillé et Josiane Bérubé en ont même fait un module de recherche, appelé «Coupable non-coupable». Un projet pilote avait été instauré dans une école de Boucherville, en 2014. Depuis, le programme continue son expansion au Québec.

 

 

 

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