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16 mars 2017 - 06:58 | Mis à jour : 11:26

Quand le sexe 2.0 débarque dans nos écoles

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Pratique de plus en plus courante chez les adolescents, le sextage est aujourd’hui entré dans les murs des écoles et celles du KRTB ne font pas exception. Lorsque cette pratique est utilisée à des fins d’intimidation, les intervenants scolaires doivent agir rapidement, mais ils sont souvent dépourvus d’outils.

C’est afin d’amener des pistes de solution que le porte-parole francophone du Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE), René Morin, s’est présenté en tournée régionale, les 13 et 14 mars. Sur l’invitation du sergent Dave Ouellet, coordonnateur local en relation communautaire à la SQ, il est venu donner des formations aux intervenants scolaires, aux directions d’écoles, ainsi qu’aux professionnels œuvrant auprès des jeunes.

«Des problématiques reliées au sextage, cette action d’envoyer ou de recevoir des messages à caractère sexuel, peuvent se dévoiler du jour au lendemain dans les écoles et, bien qu’il faut agir rapidement, on ne sait rarement par quel bout commencer», a expliqué M. Morin lorsque rencontré dans les bureaux d’Info Dimanche.

Selon l’homme, le sextage est une pratique beaucoup plus courante qu’on pourrait le croire et les incidents ne sont pas à prendre à la légère. Dans les milieux scolaires, ils sont souvent liés à l’intimidation et à la cyberintimidation.

«Les jeunes ne réalisent pas toujours les dimensions émotives, sociales, mais surtout criminelles de leurs gestes (…) On oublie souvent qu’une ado qui se prend en photo et qui la transmet, produit aux yeux de la loi de la pornographie juvénile.»

FORMATIONS

Lundi, M. Morin a rencontré les collèges privés de Rivière-du-Loup et de La Pocatière, ainsi que la Commission scolaire du Fleuve-et-des-Lacs. Le lendemain, c’était au tour de la Commission scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup. Les rencontres ont été enrichissantes et ont répondu à un besoin bien présent.

«Nous avons fait des mises en situation et discuté des façons d’intervenir (…) À la base, la solution est de faire comprendre aux jeunes qu’envoyer une image de soi n’est jamais une bonne idée. C’est renoncer au contrôle de diffusion de l’image», a précisé M. Morin.

À l’adolescence, les jeunes ne sont plus portés à aller chercher de l’aide auprès de leurs parents ou d’une personne en autorité. Ils souhaitent «régler le problème par eux-mêmes». Ainsi, le CCPE a créé un portal, aidezmoisvp.ca, afin de leur offrir des outils et des conseils. Le Centre a aussi développé des guides afin d’aider les écoles et les familles.

CYBERAIDE.CA

Au-delà des milieux scolaires, les jeunes ne sont jamais réellement à l’abri des prédateurs sexuels. Afin de combattre ce fléau, le Centre canadien de la protection de l’enfance a démarré, il y a 14 ans déjà, une centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet, www.cyberaide.ca.

Ainsi, tous les citoyens au pays peuvent dénoncer un crime ou partager des doutes, anonymes ou non. Les signalements sont analysés par une équipe d’experts et sont acheminés, lorsque l’information est vérifiée, aux forces policières adéquates.

«Le service fonctionne très bien. Nous recevons pas moins de 3500 signalements par mois du grand public, dont 20% proviennent du Québec (…) À ce jour, le programme a permis 560 arrestations partout au pays, dont une soixantaine en province», a noté René Morin, soulignant que la majorité des cas touchent la pornographie juvénile.

Le CCPE conseille d’effectuer un signalement sans attendre, même en cas de doutes. Il cite l’exemple de Bertrand Charest, cet ex-entraineur de ski actuellement accusé de plusieurs agressions sexuelles. «Il ne faut pas se poser de questions. En âme et conscience, vous aurez le sentiment d’avoir fait quelque chose. Un signalement peut, au final, avoir un impact positif rapide sur plusieurs dizaines ou centaines de victimes.»

Comme mot de la fin, René Morin rappelle aux parents l’importance d’être intéressés et attentifs aux comportements de leurs enfants sur Internet, un lieu qui reste après tout «public» et qui confère un faux sentiment de sécurité. Discuter avec ses enfants en citant des exemples médiatisés concrets est toujours un bon point de départ.

Notons enfin que la visite de M. Morin a aussi été fait en collaboration avec les membres du programme d’intervention en milieu scolaire des quatre MRC du KRTB de la Sûreté du Québec, soit Alain Morin (Kamouraska), Pierre Bouchard (Les Basques), Mathieu Caron (Témiscouata) et Aglaé Ouellet (Rivière-du-Loup).

 

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