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6 mars 2017 - 06:45 | Mis à jour : 19:43

Financement des cégeps : la FECQ demande un réinvestissement de 83,5 M$

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Après avoir décrié la désuétude du mode de financement des cégeps cet automne, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) propose maintenant une solution. Elle recommande au gouvernement d’adopter trois scénarios pour un réinvestissement de 83,5 M$. À lui seul, le Cégep de Rivière-du-Loup pourrait bénéficier directement de plus de 1,2 M$. 

Cet automne, la FECQ et la Fédération des cégeps avaient été de ceux qui avaient crié haut et fort qu’il existait des inégalités flagrantes entre le financement des cégeps de petites, moyennes et grandes tailles. Après avoir fait l’état de la situation, la FECQ a mandaté l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) d’explorer différents scénarios. L'objectif étant d'assurer une meilleure accessibilité à des formations et des environnements de qualité aux cégeps des raisons. 

La solution envisagée concerne les allocations fixes, des subventions de base allouées aux cégeps représentant 44 % des opérations régulières des petits cégeps, et les allocations liées aux activités pédagogiques. Ces dernières servent à financer les services à l’enseignant, les services à l’étudiant, la gestion des activités d’enseignement, la gestion des ressources humaines, notamment. 

Concrètement, l’IRÉQ recommande un réinvestissement important (68,5 M$) et une modulation de ces allocations. Il propose aussi l’ajout d’une enveloppe dédiée à l’atteinte de cibles précises pour accroître la fréquentation et la diplomation des étudiants dont les parents ne sont pas allés au cégep ni à l’université (15 M$). 

IMPACTS POSITIFS À RIVIÈRE-DU-LOUP

À Rivière-du-Loup, les impacts de ces mesures seraient loin d’être négligeables. La FECQ estime que le Cégep bénéficierait de réinvestissements majeurs de l’ordre de 489 000 $ pour ses frais fixes et de 780 112 $ pour ses activités pédagogiques. Dans ce cas, ce serait une hausse de 79,12 % par rapport à l’allocation actuelle. Avec cet argent, l’établissement pourrait également faire l’embauche d’un professionnel dédié au recrutement. 

«L’idée est que le gouvernement réinvestisse le montant perdu depuis 2011-2012, année où l’argent disponible correspondait aux besoins des cégeps (…) Il est toutefois important d’adopter tous les scénarios en bloc», précise Rose Crevier-Dagenais, présidente et porte-parole de la FECQ. 

PROBLÉMATIQUE

Au Québec, les institutions collégiales sont financées par une formule (FABES) qui repose en grande partie sur le nombre d’étudiants qui fréquentent les établissements collégiaux. 

«Cette façon de faire, compter les têtes de pipes, ne fonctionne plus et empêche les cégeps de petite taille comme ceux des régions d’offrir des services de base aux élèves», explique Mme Crevier-Dagenais. «Ce système, dans sa forme actuelle, fonctionnait quand il y avait une augmentation de l’effectif étudiant.»

Selon les chiffres de la FECQ, le Cégep de Rivière-du-Loup n’est pas étranger à ce phénomène, puisqu'il a perdu 74 élèves entre 2006 et 2014, passant de 1336 à 1262. Cet automne, près de 1100 étudiants ont franchi ses portes, dont une soixantaine provenant de l'étranger.

Cette réalité a fait en sorte que le Cégep a été durement touché par les compressions du gouvernement, notamment entre 2014-2016. Toujours selon les données de la FECQ, le Cégep de Rivière-du-Loup avait alors subi des compressions de 248 246 $ en allocations fixes, 355 163 $ en allocations liées aux activités pédagogiques et 154 749 $ en allocations liées aux bâtiments. 

Partout en province, près de 75 M$ avaient alors été coupés pour les institutions collégiales.

Pour compenser ce manque à gagner important, les institutions n’ont pas le choix, à leur tour, de couper. Ainsi, à Rivière-du-Loup, le magasin des arts a été fermé, un poste de technicienne en loisir a été éliminé, des départs à la retraite ne sont pas comblés et le poste de responsable de la bibliothèque est maintenu vacant. 

La Fédération étudiante collégiale du Québec espère maintenant rencontrer le ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, à la fin mars. Munie de nombreux appuis, elle est confiante que le gouvernement se présentera avec une oreille attentive. 

 

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