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12 novembre 2016 - 07:48

Adoption du projet de loi 70: «Un recul majeur», assure le RASST

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

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Le Regroupement des assistées sociales et assistés sociaux du Témiscouata s’indigne de l’adoption du projet de loi 70. L’organisme ne mâche pas ses mots pour rappeler que certains assistés sociaux devront se débrouiller avec un budget mensuel de 399 $.

«Le gouvernement persiste et signe», lit-on d’entrée de jeu dans un communiqué de presse transmis jeudi aux médias de la région. Il faut savoir qu’avec cette nouvelle loi, le gouvernement provincial s’est donné les moyens de pénaliser de près du tiers, soit 224 $ de la prestation mensuelle de base de 623 $, de tous nouveaux demandeurs d’aide sociale étant jugé apte à travailler et qui refuserait d’entreprendre des démarches de recherche d’emploi.

Pour le RASST, il s’agit d’un recul majeur pour les droits des personnes assistées sociales. «Aujourd’hui, tout le Québec devrait avoir honte de ce gouvernement qui appauvrira des centaines, voire des milliers de personnes. 623 $ par mois, ça ne se coupe pas! En fait, ça ne suffit déjà pas à couvrir la moitié des besoins essentiels», a plaidé Sylvain Lacroix conseiller en défense de droit pour le Regroupement des Assistées sociales et assistés sociaux du Témiscouata (RASST).

Le projet de loi, fortement contesté, a été adopté malgré l’opposition de nombreux organismes sociaux, des trois députés de Québec solidaire et des grandes centrales syndicales du Québec. Le RASST rappelle aussi que le ministre François Blais a fait fi des «rappels à l’ordre» de la Protectrice du citoyen et de la Commission des droits de la personne.

«Le ministre François Blais a systématiquement opposé une fin de non-recevoir aux avis et recommandations de toutes ces personnes et organisations», affirme le RASST.

LUTTE

Malgré l’adoption du projet de loi 70, le RASST promet de continuer de lutter pour faire en sorte que le règlement visant la mise en application de la loi soit le moins cruel possible pour les personnes assistées sociales.

«C’est indécent de retenir le seul revenu disponible des personnes, c’est une atteinte grave aux droits humains», a conclu M. Lacroix.

PORTRAIT

Par année, selon les chiffres disponibles, environ 17 000 Québécois présentent une demande d’aide sociale. La majorité d’entre eux ont moins de 29 ans et proviennent de familles vivant déjà d’aide sociale.

La porte-parole parlementaire et député de Québec solidaire a accusé le gouvernement Couillard de pousser ces jeunes vivant «une grande détresse physique et psychologique» vers l’itinérance.

Avec cette loi, Québec compte épargner jusqu’à 50 M$ par année.

 

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7 réactionsCommentaire(s)
  • Mon cher Christian, je n'ai colporté aucun préjugé à l'endroit de qui ce soit. J'ai seulement félicité JPO car il a fait des études pour obtenir par la suite un emploi au lieu de se morfondre chez lui un point c'est tout! Tu devrais aussi trouver que son exemple est remarquable non? Encourager un climat malsain bla bla bla...

    Marc-Antoine Michaud - 2016-11-15 00:08
  • Enlevez vos oeillères !

    Le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale (solidarité mon oeil) reconnaît lui-même que la fraude à l'aide sociale ne touche pas plus de 4% des prestataires. 4% !

    Le projet de loi 70 risque bien plus de priver du minimum vital certains des plus misérables de notre société (et leurs proches, dont des enfants!) que d'aider un nombre appréciable de nouveaux prestataires aptes à travailler.

    JPO, Marc-Antoine Michaud, Jonny et Mamie, vous colportez des préjugés et la méfiance envers les plus démunis et vous encouragez un climat malsain dans notre société. Savez-vous que seulement 16% des quelque 11000 dénonciations de fraude s'avèrent fondées ? Savez-vous ce que ce taux sous-entend comme idées reçues ?

    Vous devriez plutôt tourner votre regard et votre frustration vers ceux qui détiennent le pouvoir financier. Un peu de recherche et quelques lectures vous permettraient de comprendre que ceux qui coutent le plus cher à notre société ne demeurent pas dans des maisons de chambre.

    Au plaisir,

    Christian Tremblay - 2016-11-13 10:17
  • Bravo JPO, toi tu as du cœur au ventre. Il était grand temps qu'un gouvernement mette ses culottes et coupe les PROFITEURS du système d'aide sociale. On connaît tous des jeunes entre 25 et 40 ans qui profitent du BS, étant trop paresseux pour aller travailler. Ils se bercent devant leur TV et ordinateur, lunettes et soins dentaires gratuits. Je connais un couple qui demeure dans une maison de chambre, occupant 2 chambres voisines pour avoir 2 adresses différentes et toucher 2 chèques de BS. Certains "BS au cube" me révoltent. Oui je sais que d'autres assistés sociaux ont réellement besoin de cette aide PASSAGÈRE. Mais quand c'est rendu à la 3e génération de BS ils ont appris bien des trucs pour fourvoyer le gouvernement, peu importe si il est péquiste, libéral ou conservateur. Que le ménage se fasse enfin !

    Mamie - 2016-11-12 16:54
  • Chaque personne apte au travail doit contribuer à la société et travailler pour subvenir à ses besoins. Ainsi on pourrait en donner plus à ceux qui en ont vraiment besoin.

    Jonny - 2016-11-12 16:52
  • Même si je ne vis pas de l'aide sociale car je suis retraité et je vis assez bien quoique je dois faire attention, je suis totalement contre cette loi stupide faite par un gouvernement corrompu.

    Retraité - 2016-11-12 13:15
  • 👍👍👍👍JPO!
    Tu es un merveilleux exemple!

    Marc-Antoine Michaud - 2016-11-12 10:54
  • A 21 ans j'ai du me résigner a demander de l'aide sociale en raison de problèmes de santé majeurs après un accident d'automobile et que la SAAQ eu décidé que j'étais apte au travail même si mon médecin signait des formulaires d'inaptitude mais le médecin de la SAAQ disait le contraire. Bref après 2 ans de bs et deux opérations, j'ai repris mes études et avec les prèts et bourses et un emploi â temps partiel, j'ai complété un bacc et trouvé un emploi et ce, en dépis de séquelles permanentes et des douleurs constantes. Aujourd'hui à 56 ans, il me reste 4 ans à travailler avant ma retraite et ce, je le répète, avec des séquelles physiques et de la douleur constante. Quand je voie des gens plus en forme que moi "incapable" de travailler, j'ai un malaise. À voir le nombre d'offres d'emploi dans Infodimanche qui ne demandent pas un bacc ou une maitrise et que ces gens là disent qu'il n'y a pas d'ouvrage, j'ai un malaise. Le bon vieux dicton " Quand on veut, on peut" devrait faire partie du formulaire de demande de bs. Que personne ne me dise que j'ai été chanceux, il faut d'aider et faire sa chance.
    A bon entendeur, salut!

    JPO - 2016-11-12 08:21