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11 novembre 2016 - 10:36

Guy Caron, inquiet des enjeux régionaux en suspens

Le député fédéral de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques, Guy Caron, estime que la première année du gouvernement Trudeau a été loin d’être un succès pour la région et se dit inquiet des développements observés sur des enjeux d’importance, tels que l’agriculture, le bois d’œuvre et les infrastructures.

Selon le député néo-démocrate, le secteur agricole a raison d’être déçu du gouvernement Trudeau. D’abord parce que les producteurs laitiers et fromagers sont toujours dans l’incertitude quant aux compensations promises en lien avec l’accord commercial avec l’Europe. Les Libéraux ont suggéré la semaine dernière qu’il y aurait compensation, mais rien n’a été annoncé officiellement. Les Conservateurs avaient, quant à eux, promis 4,3 milliards pour le secteur.

Il y a ensuite la question du lait diafiltré qui traîne toujours en longueur. L’Agence des services frontaliers du Canada considère ce lait transformé comme une «protéine», lui permettant de contourner les quotas de la gestion de l’offre. L’Agence canadienne d’inspection des aliments considère quant à elle qu’il s’agit toujours de «lait» et qu’il peut donc être utilisé dans la production de fromage et de yogourt.

«En uniformisant la définition pour ces deux agences, nous réglerions le problème demain matin. Pourtant, les Libéraux refusent de le faire, une inaction qui coûtent plus de 3 000 $ par mois aux producteurs», affirme M. Caron.

BOIS D’ŒUVRE

L’une des raisons pouvant expliquer ce refus d’agir est le conflit du bois d’œuvre, puisqu’il semble bien que le lait diafiltré soit utilisé comme monnaie d’échange pour convaincre les Américains de signer une entente. En effet, dans une entrevue avec La Terre de Chez Nous en juin dernier, Jean-Claude Poissant, secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture, avait admis un lien entre les deux enjeux.

«On peut légitimement croire que le gouvernement Trudeau garde nos producteurs en otage en proposant à nos voisins du sud la permanence de l’accès au Canada du lait diafiltré américain en échange d’un renouvellement de l’accord», avance M. Caron.

Mais l’absence d’un plan B dans le dossier du bois d’œuvre inquiète le député bas-laurentien au plus haut point. «Les Américains sont à préparer les taxes qui seront bientôt appliquées au bois d’œuvre canadien, des mesures tarifaires injustes que nous devrons contester devant les tribunaux. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement n’a pas prévu un plan d’urgence pour protéger nos emplois, avec des garanties de prêt par exemple ?»

INFRASTRUCTURES

Pour Guy Caron, la Banque d’infrastructures du Canada proposée par le gouvernement Trudeau, n’est ni plus ni moins qu’une machine à privatiser les infrastructures publiques, et qui, de plus, laissera les régions en plan. Le ministre des Finances, Bill Morneau, souhaite attirer quatre dollars de capitaux privés pour chaque dollar public placé dans cette banque. «Entre un investissement dans une autoroute à Montréal et dans une autoroute dans le Bas-Saint-Laurent, il est clair que les grands centres seront favorisés» conclut le député.

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